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馬索·里維埃收藏

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巴黎

Figure de reliquaire, Kota Mahongwe, Gabon
KOTA MAHONGWE RELIQUARY FIGURE, GABON

來源

Merton D. Simpson (1928-2013), New York
Collection Marceau Rivière, Paris, acquis en 1990 

展覽

Paris, Ecole Supérieure Internationale d'Art et de Gestion, Art Africain, 23 avril - 3 mai 1991

出版

Rivière et Lehuard, Art Africain, 1991, n° 41
Arts d'Afrique Noire, Automne 1991, n° 79, p. 12
Arts d'Afrique Noire, Hiver 1991, n° 80, p. 27

相關資料

Boho-na-bwete, « Figure de reliquaire » des Kota Mahongwe

Par Louis Perrois

Cette figure de reliquaire, appelée « boho-na-bwete » chez les Kota-Mahongwé du Gabon oriental, est l’une des plus belles connues au sein d’un corpus de quelques dizaines d’œuvres dont certaines sont déjà des chefs-d’œuvre unanimement appréciés de l’art africain. Il est sûr que le sculpteur-forgeron qui a façonné cette effigie rituelle, dans la seconde moitié du XIXème siècle, était, non seulement un artisan en pleine possession de ses techniques de préparation du métal et de fixation des plaques et lamelles de laiton sur l’âme de bois, mais aussi un artiste plasticien particulièrement habile et soucieux du résultat esthétique de son travail. Ce devait être aussi un homme inspiré, d’une riche imagination, certainement un grand initié du « ngoy » (ensemble de croyances et de rites liés au culte des défunts dans l’aire des Kota du Nord).

On remarquera surtout l’harmonie géométrique du visage qui s’inscrit dans une ogive parfaitement équilibrée et la finesse d’exécution des surfaces, avec au recto comme au verso, des lamelles très étroitement ajustées, au point que la courbure en cupule semble lisse (ce qui se vérifie en passant le doigt sur cette surface étonnamment dépourvue d’aspérité et veloutée de patine d’usage). En outre, l’artiste a poussé l’habileté à ajuster les fines lamelles de laiton (les ayant lui-même aplaties et étirées à partir de fil de métal) selon un motif de parallèles incurvées et même légèrement sinusoïdales sur la partie haute du front.

Autre détail exceptionnel, le haut de la coiffe en appendice conique, prolongé sur le revers de l’effigie par une longue natte stylisée en relief, monoxyle. Le tortillon sommital en chignon et la crête en relief représentent la coiffe d’apparat des chefs mahongwe de jadis (les notables bakani), à savoir une grosse tresse (ibenga) partant du front et retombant bas sur la nuque, toujours agrémentée d’une plume rouge de perroquet (emblème du sacré).

Les yeux en cabochons cloutés sont placés dans la partie basse du visage (sur les «grandes » figures, les yeux sont placés nettement plus haut, à mi-hauteur), ce qui détermine de part et d’autre de la lame aiguë du nez, assez discrète, de très longues « moustaches » symétriques, accrochées sous la base rectiligne de l’objet. Le cou cylindrique est gainé d’un fil métallique, de section aplatie en « ruban », disposé en spirale ; il s’évase ensuite dans un volume longitudinal, juste à la cassure du piètement.

Au total, voilà un spécimen ancien et d’une grande rareté, parfaitement conforme aux canons de ce style kota à la stylisation étonnante du volume de la tête ramenée à deux dimensions minimalistes et des éléments du visage, quasiment résumés à la prégnance insistante du regard des yeux en cabochons, et caractérisé par une très remarquable qualité de réalisation sculpturale et décorative. Un chef-d’œuvre des arts du Gabon.         

Boho-na-bwete, Kota Mahongwe « Reliquary figure »

By Louis Perrois

This reliquary figure, referred to as “boho-na-bwete” by the Kota-Mahongwe of Eastern Gabon, is one of the most beautiful known figures within a corpus of a few dozen pieces, some of which are already unanimously admired masterpieces of African art. It is certain that the sculptor-blacksmith who created this ritual effigy in the second half of the nineteenth century was not only a craftsman in full possession of his techniques for preparing metal and fixing brass plates and strips on a wooden core, but also a particularly skilled visual artist concerned with the aesthetic result of his work. He was also most likely an inspired man, with a rich imagination, certainly a great initiate of the "ngoy" (set of beliefs and rituals related to the cult of the dead in the Northern Kota area).

The geometric harmony of the face stands out above all – framed in a perfectly balanced pointed arch – as well as the smoothness of the surfaces, with, both at the front and back, very closely adjusted strips, so that the curvature of the cupule seems smooth (which is borne out by running a finger on this surface, surprisingly devoid of asperity and glazed by the patina of use). Moreover, the artist has used his skills to the fullest by adjusting the thin strips of brass (having flattened and stretched them from metal wire first) in a pattern of curved parallels, slightly sinusoidal on the upper part of the forehead.

The artist has placed another exceptional detail: the coiffure’s topmost part, a conical appendage, extended on the rear of the effigy in a long stylized braided carved in relief, all from a single piece of wood. The top twist in a chignon and the high relief crest represent the ceremonial coiffure of the Mahongwe chiefs of old (bakani notables), that is to say: a large braid (ibenga) stemming from the forehead and falling low on the nape of the neck, always embellished with a red parrot feather (the emblem of all things sacred).

The studded cabochon eyes are placed in the lower part of the face (on "large" figures, the eyes are placed much higher, at mid-height), which delineates, on either side of the sharp yet quite discreet blade of the nose, very long symmetrical "moustaches", hung under the rectilinear base of the object. The cylindrical neck is sheathed in metallic wire, its sections flattened into "ribbons" and arranged in a spiral; it then fans out in a longitudinal volume, just at the break of the base.

All in all, this is an ancient and very rare specimen, perfectly in line with the canons of this Kota style, with the astonishing stylization of the volume of the head reduced to two minimalist dimensions and the features of the face, almost entirely summed up in the insistent force of the gaze emanating from the cabochon eyes, and characterized by a very remarkable quality of sculptural and decorative realization. A masterpiece of the arts of Gabon.      

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