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馬索·里維埃收藏

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巴黎

Masque, Fang, Gabon
FANG MASK, GABON

來源

Congrégation des Sœurs Bleues de l'Immaculée Conception, Castres
Collection M. Jutge, Bordeaux
Loed et Mia van Bussel, Amsterdam, ca. 1980
Daniel Hourdé, Paris
Collection Marceau Rivière, Paris, acquis ca. 1987

展覽

Le Mans, Carré Plantagenêt, musée d'archéologie et d'histoire, Masques d'Afrique, 12 mai - 29 août 2010

出版

Arts d'Afrique Noire, Automne 1987, n° 63, p. 21
Joubert et Rivière, Masques d'Afrique, 2010, p. 67 et 92, n° 61 

相關資料

Le corpus des masques Fang est un ensemble rare mais très diversifié. Tout en respectant les normes expressionnistes de la sculpture des Fang, ce grand masque compte parmi les plus sidérants des masques connus de la région du bassin de l’Ivindo. Le visage, très allongé, s'impose par les puissantes arcades sourcilières, mettant en valeur des yeux tubulaires projetés en avant. L'axe du visage, ponctué par un long nez serpentiforme rapporté et une petite bouche aux lèvres étirées en avant, s'épanouit dans la coiffe sommitale trilobée. A la modernité du geste sculptural s'ajoute celle du décor pictural, en larges aplats alternés de pigments blanc, rouge et noir.

C’est au cours de l’initiation que les jeunes Fang avaient la révélation des masques. Ils découvraient alors que les créatures de bois peint, au costume de fibres et de pagnes n’étaient que l’évocation visuelle des esprits de la forêt, fabriqués par les spécialistes rituels pour impressionner le public profane des villages et surtout les femmes. Fruit de l’imagination des initiés et souvent nées de leurs rêves, ces entités aux formes étranges et colorées, aux traits stylisés, sont aussi au cœur des récits mythiques de la tradition orale. Prenant l'aspect d’un humain aux traits amplifiés tels que sont imaginés les ancêtres de l’au-delà, ce masque, acquis au début du siècle, s’affirme par ses proportions exacerbées et sa facture particulièrement expressionniste, comme un témoin unique de ce corpus.

The corpus of Fang masks is rare but diverse. This great mask, despite abiding by the expressionist norms of Fang sculpture, is amongst the most astonishing known masks from the region of the Ivindo basin. On the elongated face the powerful eyebrows highlight tubular eyes projecting forward. The axis of the face is punctuated by a long extraneous snake-like nose and a small mouth with puckered lips and widens out into the trilobed coiffure. The modernity of the sculptural gestures is compounded by that of the pictorial decor structured in broad swathes alternating between white, red and black pigments.

It was during initiation that these masks were revealed to young Fang people. This was when they discovered that the painted wood beings in the fibre and wax fabric costumes were visual evocations of the spirits of the forest, created by ritual specialists to impress the profane village people, especially women. Fruit of the initiates’ imagination and often drawn from their dreams, these entities with their strange and colourful shapes and stylised features are also at the heart of the mythical stories of the oral tradition. The appearance is that of a human being with amplified features, as ancestors are thought to appear in the afterlife. This mask was acquired at the beginning of the century and distinguished by its exaggerated proportions and its particularly expressionistic style, as a unique testament of this corpus.

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