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巴黎

Oracle, Baulé, Côte d'Ivoire
BAULE ORACLE, CÔTE D'IVOIRE

來源

Collection Hans Himmelheber (1908-2003), Heidelberg, acquis ca. 1933
Charles Ratton (1895-1986), Paris
Alain de Monbrison, Paris
Daniel Hourdé, Paris
Collection Marceau Rivière, Paris, acquis ca. 1985

展覽

Paris, Ecole Supérieure Internationale d'Art et de Gestion, Art Africain, 23 avril - 3 mai 1991
La Flèche, Château de Carmes, Arts premiers de Côte d'Ivoire, 11 janvier - 3 mars 1997 / Nogent-le-Rotrou, Musée municipal du Château
Saint-Jean, 8 mars - 28 avril 1997
New Haven, Yale University Art Gallery, Baule: African Art, Western Eye, 30 août 1997 - 4 janvier 1998 / Chicago, The Art Institute of Chicago, 14 février - 10 mai 1998 / New York, Museum for African Art, 11 septembre 1998 - 3 janvier 1999
Paris, Musée Dapper, Réceptacles, 23 octobre 1997 - 30 mars 1998
Zurich, Museum Rietberg Zurich, Orakel. Der Blick in die Zukunft, 14 novembre 1999 - 20 février 2000
New York, The Metropolitan Museum of Art, Art and Oracle. African Art and Rituals of Divination, 25 avril - 30 juillet 2000
Paris, Galerie Ratton-Hourdé, Baoulé. Collection de Marceau Rivière, 14 juin - 27 juillet 2002
Taïwan, Musée national d’Histoire, Visions d’Afrique, 6 décembre 2003 - 22 février 2004
Paris, Musée Dapper, Animal, 11 octobre 2007 - 20 juillet 2008
Milan, Museo delle Culture, Africa. La Terra degli Spiriti, 27 mars - 30 août 2015

出版

Kjersmeier, Centres de Style de la Sculpture Nègre Africaine, vol. 1, 1935, n° 54
Hanin, Occident noir, 1946, n. p.
Bastin, Introduction aux Arts d'Afrique Noire, 1984, p. 170, n° 148
Place, Bulletin du musée d’ethnographie du Trocadéro, 1988, p. 257, n° 2
Arts et valeurs, 1989, n° 6, p. 25
Rivière et Lehuard, Art Africain, 1991, n° 15
Boyer, Girard et Rivière, Arts premiers de Côte d'Ivoire, 1997, p. 106-107 et 133, n° 108
Vogel, Baule: African Art, Western Eyes / L'Art baoulé, du visible et de l'invisible, 1997, p. 271
Falgayrettes-Leveau, Réceptacles, 1997, p. 228-229
Homberger, Orakel. Der Blick in die Zukunft, 1999, p. 259, n° 71
LaGamma, Art and Oracle. African Art and Rituals of Divination, 2000, p. 40-41, n° 17
Ratton, Hourdé et Vogel, Baoulé. Collection de Marceau Rivière, 2002, p. 68-69
Joubert, Visions d’Afrique, 2003, p. 188, n° 137
Falgayrettes-Leveau, Animal, 2007, p. 98-99
Boyer, Baule, 2008, p. 128 et 153, n° 45
Goy, Côte d'Ivoire. Premiers regards sur la sculpture : 1850-1935, 2012, p. 206, n° 102
Neyt, Trésors de Côte d’Ivoire, 2014, p. 224, n° 156
Bassani, Homberger, Pezzoli et Zevi, Africa. La Terra degli Spiriti, 2015, p. 179

相關資料

Gbekre sɛ, « Oracle » des Baulé

Par Alain-Michel Boyer

Depuis longtemps célèbre, cette œuvre, souvent reproduite et exposée, est unique. Un mot galvaudé ? C’est le seul approprié en raison du surgissement, au bord de cet instrument de divination, d’une figure anthropomorphe – totalement absente des objets utilisés dans les villages. Elle n’a qu’un équivalent digne de rivaliser avec elle : l’oracle exposé au Louvre, exacte contrepartie de celui-ci. Il présente à l’inverse un homme assis, le dos tourné au réceptacle. Nulle surprise : ils furent tous deux rapportés en 1933-1934 par l’ethnologue Hans Himmelheber. Pour remercier l’Etat français d’avoir permis son voyage il offrit au musée du Trocadéro l’exemplaire aujourd’hui au Louvre - qui impressionna à tel point le marchand d’art Charles Ratton qu’il convia Himmelheber à en acquérir d’autres. Trois furent obtenus[1], dont celui de la collection Marceau Rivière qui offre de frappantes analogies de style avec celui du Louvre. Formant une paire, ils sont probablement l’œuvre du même artiste qui vivait à Toumodi, chez les Baule-Aïtu, où existe encore un atelier actif : même choix de personnages sculptés en plein relief ; mêmes traits raffinés ; identique décoration inférieure qui reprend la forme des sièges circulaires (avec leurs pieds en forme de chevrons brisés) – si bien que l’on a l’impression que le récipient repose sur un tabouret, celui-là même sur lequel s’assiérait en fait le devin réel.

Les Baule ne sont pas à l’origine de ce type de divination, qui n’existe pas partout chez eux (elle est ainsi ignorée au nord, chez les Baule-Kodé) ; ils reconnaissent l’avoir empruntée à leurs voisins les Yaure, où elle reste très répandue. Mais c’est l’occupation favorite des soirées: des souris, messagères d’Asiɛ (la terre), dissimulées dans le compartiment inférieur du récipient, grimpent à l’étage supérieur pour manger la paille de riz et ainsi modifient l’agencement de bâtonnets dont la nouvelle configuration est analysée[2]. Dans les villages, cette divination est aussi un spectacle passionnant : bien que le devin reste toujours assis devant son oracle, des clients ou des curieux se dressent autour de lui. Le personnage sculpté comme une statuette de conjoint mystique (blolo bian) est l’allégorie de l’attente transcendée dans cette œuvre par la qualité et le raffinement exceptionnels de la sculpture: pieds en fragile équilibre, genoux légèrement fléchis, bras parallèles le long du corps, visage tourné vers l’intérieur, il semble, interrogateur, examiner anxieusement le résultat du processus divinatoire.

[1] L’un fut aussitôt acheté par le musée d’Ethnographie de Neuchâtel (de facture nettement différente : la figure debout est plutôt raide) ; un autre appartient au musée Barbier-Mueller de Genève (avec, sculptés cette fois en bas-relief, deux hommes et deux femmes).

[2] Pour un développement sur les techniques de cette divination, avec des photographies de terrain, et sur les autres oracles rapportés par Himmelheber, voir : Alain-Michel Boyer : Les Yohouré de Côte d’Ivoire. Faire danser les dieux, Lausanne, Éditions Ides et Calendes, 2016 pp. 223-241. Trad. de Jane Todd : The Yaure of Côte d’Ivoire, Make the Gods Dance, Genève, Barbier-Mueller Cultural Foundation, 2016, pp. 223-241.

Gbekre sɛ, Baule "oracle"

By Alain-Michel Boyer

Long renowned in the history of African art, this exceptional figurative oracle, though often reproduced and exhibited, is truly unique. An overused word? Yet it is the only appropriate one because of the emergence, on the edge of this divination instrument, of an anthropomorphic figure which is totally absent from other objects used in villages. This masterpiece has only one worthy rival: the oracle on display in the Louvre, its exact counterpart. By contrast, it represents a male figure sitting with his back to the receptacle. They were both brought back in 1933-1934 by ethnologist Hans Himmelheber. To thank the French Government for making his trip possible, he offered the Trocadero Museum the one that is in the Louvre today, that oracle so impressed art dealer Charles Ratton that he encouraged Himmelheber to acquire more. Three more were later purchased, including the one in the Marceau Rivière collection, which displays striking analogies of style so similar to the example in the Louvre. As a pair, they were probably produced by the same artist who lived in Toumodi, in Baule-Aitu country, where an active workshop still exists to this day: the same choice of figures carved in full relief, the same refined features, an identical decoration on the lower part in the shape of the circular seats (with feet shaped as broken chevrons) - so that the container seems to be resting on a stool, similar to the very one the diviner would in fact sit on. 


This type of divination using a mask oracle did not originate with the Baule, and doesn’t exist in all Baule groups (for instance it is ignored in the north, among the Baule-Kode); they admit to having borrowed it from their neighbours the Yaure, where it remains widespread. But this is a favourite occupation in the evening: Asiɛ (the earth) messenger mice, hidden in the lower compartment of the container, climb to the upper part to eat the rice straw and thus modify the arrangement of the sticks, the new configuration of which is then analysed. In villages, this divination is also an enthralling spectacle: although the diviner always sits in front of his oracle, clients or bystanders congregate around him. The figure sculpted on the Rivière oracle as the statuette of a mystical spouse (blolo bian) is the allegory of expectation transcended in this work by the exceptional quality and refinement of the sculpture: feet positioned in a fragile balance, knees slightly bent, arms parallel along the sides of the body, face turned inwards, it seems, in its inquisitive stance, to anxiously examine the result of the divination process.

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