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VOLTAIRE. L.A.S. AU COMTE DE TRESSAN, GOUVERNEUR DE TOUL. MONRIOND, 11 JANVIER 1756. 4 PAGES PETIT IN-8.
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- Voltaire
- Lettre autographe signée au comte de Tressan. Monriond près de Lausanne, 11 janvier 1756.
4 pages petit in-8 (120 x 180 mm), sur un bifeuillet. Signée "du Suisse V…". Lettre amicale et flatteuse à son ami Louis-Elisabeth de la Vergne, comte de Tressan, alors gouverneur de Toul. "Il me parait Monsieur que S.M.P. [Sa Majesté Polonaise] n'est pas le seul homme bienfaisant en Lorraine, et que vous savez bien faire comme bien dire. Mon cœur est aussi pénétré de votre lettre que mon esprit a été charmé de votre discours. Je prends la liberté d’écrire au roy de Pologne comme vous me le conseillez et je me sers de votre nom pour autoriser cette liberté. Jay l’honneur de vous adresser la lettre. Mon cœur l’a dictée. Je me souviendrai toute ma vie que ce bon prince vint me consoler un quart d'heure dans ma chambre, à la Malgrange, à la mort de madame du Châtelet. Ses bontés me sont toujours présentes". Voltaire décrit sa vie en Suisse, en compagnie de Mme Denis : "j’avais toujours imaginé que les environs du lac de Genève étaient un lieu très agréable pour un philosophe et très sain pour un malade. Je tiens le lac par les deux bouts. Jay un hermitage fort joli aux portes de Genève, un autre aux portes de Lausanne. Je passe de l’un à l’autre, je vis dans la tranquillité, l’indépendance et l’aisance avec une nièce qui a de l’esprit et des talents et qui a consacré sa vie aux restes de la mienne". Puis il se défend d’avoir écrit La Guerre de 1741 et soutient les ambitions militaires de son correspondant : "Devenez maréchal de France, passez du gouvernement de Toul à celui de Metz, soyez aussi heureux que vous méritez de l’être, faites la guerre, et écrivez-la. L’histoire que vous en ferez vaudra certainement mieux que la rhapsodie de La Guerre de 1741 qu’on met impudemment sous mon nom. C’est un ramas informe et tout défiguré de mes manuscrits que j’ay laissés entre les mains de M. le comte d’Argenson. Je vous préviens sur cela parce que j’ambitionne votre estime". Référence : Correspondance, Pléiade, IV, p. 669-670. -- Éd. Kehl, LV, 288-290.