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Statue d'homme lézard Tangata Moko, Île de Pâques
LIZARDMAN FIGURE TANGANA MOKO, EASTER ISLANDS 
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Statue d'homme lézard Tangata Moko, Île de Pâques
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Statue d'homme lézard Tangata Moko, Île de Pâques
LIZARDMAN FIGURE TANGANA MOKO, EASTER ISLANDS 

來源

Collection Morris Pinto, Londres
Collection Daniel Cordier, Paris, vers 1970 (Selon une note de Daniel Cordier, Morris Pinto l'aurait acquise auprès d'un couvent belge)
Johann Levy, Paris
Wayne Heathcote, Londres
Sotheby's, Paris, 14 décembre 2011, n° 93
Collection privée européenne

相關資料

Parmi les énigmatiques représentations sculptées de l'île de Pâques, les statues Moai tangata moko dites d' « hommes-lézards » relèvent des expressions les plus singulières. Au-delà d'une entité anthropo-zoomorphe désignée par la juxtaposition des traits s'y impose clairement, dans la fluidité du mouvement, de la gestuelle et de la composition, la notion de métamorphose.

Selon les caractéristiques conventionnelles, le personnage mi-homme, mi-reptile s'étire dans un mouvement sinueux évoquant à la fois la fluidité de l'animal et le processus de métamorphose, les bras repliés sur le thorax suivant l'axe du corps, les mains se rejoignant sous le menton, la tête de « lézard » dotée d'un nez et de sourcils fournis, la commissure des mâchoires enroulée en spirale évoquant des oreilles, les côtes apparentes, la colonne vertébrale saillante et détaillée, se terminant en éventail à la naissance des fesses, le nombril et le sexe figurés. Sa dimension, la qualité de sa sculpture et la profondeur de la patine le placent parmi la cinquantaine de statues "d'hommes-lézards" publiées et antérieures à 1870. 

La mythologie pascuane accorde une importance particulière au lézard, allant et venant entre la surface du sol et les entrailles de la terre. D'après Orliac (2008 : 142-143), « ce sont les hôtes des sépultures et du monde des morts ; à ce titre, ils colportent les actions des vivants et à leur retour, transmettent au grand jour les messages des ancêtres ». Ils n'apparaissent jamais en tant que tels dans la statuaire, mais leurs traits sont évoqués dans ces célèbres statuettes d'hommes-lézards, Moai tangata moko. Comme l'ensemble de la statuaire de l'île de Pâques, leur signification demeure en grande partie inconnue. Selon Orliac (idem : 144), la mauvaise réputation dont souffrent les lézards à Rapa Nui suggère que ces sculptures sont probablement destinées à « protéger les humains contre les maux provoqués par certains reptiles mal intentionnés, ou manipulés par des sorciers ».

Le trou percé au centre de l'épine dorsale permettait de la suspendre en position horizontale, et vraisemblablement de la porter lors de danses rituelles et festives. Selon Kaeppler (in Hooper, 2008 : 143), elles matérialisaient alors les prières et les textes psalmodiés, « donnant ainsi une forme permanente à des activités rituelles éphémères ».

Comme chacune des œuvres de ce corpus étudiées par Catherine et Michel Orliac, elle a été sculptée dans une branche courbe de Sophora toromiro. Cette exclusivité souligne selon eux (idem), le lien symbolique, plus fort encore qu'avec les autres habitants de l'au-delà, que cet arbre sacré entretient avec l'entité reptilienne.

cf. Hooper (2008 : 146, n° 93) pour la statue d'homme-lézard très apparentée du National Museum of Ireland, à Dublin (inv. n° 1880.1603, provenant de la Royal Dublin Society) ; et Oldman (1943 : pl. 87, n° 358) pour une autre, dans la collection W.O. Oldman.

Pendant près de quarante ans, cette statue a été considérée par l'écrivain et galeriste d'avant-garde Daniel Cordier - qui participa en 1964 à la célèbre exposition Le Surréalisme à la galerie Charpentier - comme l'une des œuvres les plus significatives de sa collection. 

Among the enigmatic carved figures from Easter Island, the Moai Tangata Moko figures, also known as "lizard-men", reveal some of the most distinctive traits. More than an anthropo-zoomorphic entity whose identity is marked in the combination of its human and lizard features, the fluidity of these figures' movement, motion and composition clearly bring to mind the notion of metamorphosis.

According to conventional characteristics, the half-man, half-reptile figure stretches out in a sinuous movement, bringing to mind both the fluidity of an animal and the process of metamorphosis; the arms are folded on the chest in the axis of the body, the hands are joined together under the chin, the "lizard" head is complete with a nose and bushy eyebrows, the corners of the jaw, curled in a spiral, resemble ears, the ribs are visible, the protruding and detailed spine fans out on the upper part of the buttocks, the navel and genitalia are depicted. Its size, the use of toromiro wood, the quality of the sculpture and the depth of the patina place the offered lot amongst the fifty known "lizard men" figures which were sculpted before 1870.

In Easter Island mythology, the lizard takes pride of place, as it comes and goes between the surface and the depths of the earth. According to Orliac (2008 : 142-143) "they are the hosts of graves and of the world of the dead; thus they carry the tale of the actions of the living and bring back to the light messages from the ancestors". They never appear as such in sculpture, but their features are visible in these famous lizard men figures, Moai Tangata Moko. As with the rest of the Easter Island statuary, their importance remains mostly mysterious. According to Orliac (idem: 144), the poor reputation of lizards in Rapa Nui suggests that they are probably used to "protect humans against the ailments caused by certain reptiles that are evil or manipulated by sorcerers".

The hole pierced in the centre of the spine made it possible to hang the figure horizontally and most likely to wear it during ritual and festive dances. According to Kaeppler (in Hooper, 2008: 143), they then embodied prayers and chants "thereby giving a permanent form to ephemeral ritual activities".

As with each of the pieces in this corpus studied by Catherine and Michel Orliac, it was sculpted from an arched branch of a Sophora toromiro tree. This exclusivity highlights, according to them (idem), the symbolic connection, stronger even than the bond with the other otherworldly dwellers, that this tree has with the reptilian entity.  

cf. Hooper (2008: 146, n° 93) for a very similar statue of a lizard man  in the National Museum of Ireland, Dublin (inv. n° 1880.1603, from the Royal Dublin Society); and Oldman (1943: pl. 87, n° 358) for another, in the W.O Oldman collection.

For almost forty years this statue was considered by writer and avant-garde gallery owner Daniel Cordier - who took part in the famous 1964 Le Surréalisme exhibition at the Galerie Charpentier - as one of the most prominent pieces of his collection.

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