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Flaubert, Gustave
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À EDMOND PAGNERRE, DATÉE 1ER JANVIER [1857]
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Flaubert, Gustave
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À EDMOND PAGNERRE, DATÉE 1ER JANVIER [1857]
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R. & B. L. 藏書閣珍藏第七部分 十九世紀下半葉(1840–1898年)善本——初版-評論-親筆簽名信及手稿

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巴黎

Flaubert, Gustave
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À EDMOND PAGNERRE, DATÉE 1ER JANVIER [1857]
3 pages in-8 (204 x 134 mm) l’encre brune sur un bifeuillet de papier vergé ivoire, sous chemise demi-maroquin noir moderne.

Très belle lettre sur le procès de Madame Bovary.

Edmond Pagnerre (1816-1892), journaliste et poète normand, avait connu Flaubert enfant au collège de Rouen et était resté très lié avec lui. C’est à cet ami de jeunesse, qui avait peu auparavant publié dans son Journal du Loiret un article favorable sur Madame Bovary, que Flaubert fait part de son désarroi. La publication du roman dans La Revue de Paris lui ayant valu un procès, Flaubert tente d’obtenir ici l’aide du bonapartiste qu’était Pagnerre.

Il lui expose d’abord l’affaire : on m’accuse pour ce même livre “d’avoir attenté aux Bonnes Mœurs et à la Religion”. J’ai passé devant le juge d’instruction et il est fort probable que je vais figurer en police correctionnelle. Je serai condamné, quand même, et voici pourquoi. Ce n’est pas lui, en effet, qu’on vise vraiment : Je suis un prétexte. On veut démolir la Revue de Paris et on me prend pour cogner dessus. Toute la question est celle-ci : je vais sauver la Revue de Paris (si on étouffe l’affaire), elle va me perdre si on ne l’arrête pas.

Il lui demande d’intervenir auprès du garde des Sceaux Abbatucci et se justifie : Je crois avoir fait un livre moral par son effet, par son ensemble [...] Le personnage ridicule de mon roman est un voltairien philosophe matérialiste [Homais]. Je ne pousse nullement à l’adultère ni à l’irréligion, puisque je montre, comme tout bon auteur doit faire, la punition de l’inconduite.

Il est cependant très inquiet : Si je suis condamné, il m’est impossible désormais d’écrire une ligne. On aura l’œil sur moi, et la récidive me mènerait à cinq ans de prison. Il le conjure d’écrire au ministre afin de le tirer d’un pareil guêpier, et demande seulement qu’on me laisse exercer tranquillement ma petite littérature.

Cette lettre constitue un important document sur le célèbre procès de Madame Bovary, et également une belle profession de foi de Flaubert romancier.

Correspondance, éd. J. Bruneau, Pléiade, 1980, t. II, p. 656-657, avec la mention « Autographe non retrouvé ». La lettre y est erronément datée du « 31 décembre 1856 », et on relève de nombreuses petites erreurs de lecture.

Petite déchirure sans manque au bas de la pliure centrale, petit manque au coin inférieur, trace de pliures.


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