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Corbière, Tristan
LETTRE AUTOGRAPHE À SON PÈRE ÉDOUARD CORBIÈRE, SIGNÉE D’UN PARAPHE, DATÉE MARDI APRÈS-MIDI LE 7 FÉVRIER 1860
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Corbière, Tristan
LETTRE AUTOGRAPHE À SON PÈRE ÉDOUARD CORBIÈRE, SIGNÉE D’UN PARAPHE, DATÉE MARDI APRÈS-MIDI LE 7 FÉVRIER 1860
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R. & B. L. 藏書閣珍藏第七部分 十九世紀下半葉(1840–1898年)善本——初版-評論-親筆簽名信及手稿

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巴黎

Corbière, Tristan
LETTRE AUTOGRAPHE À SON PÈRE ÉDOUARD CORBIÈRE, SIGNÉE D’UN PARAPHE, DATÉE MARDI APRÈS-MIDI LE 7 FÉVRIER 1860
3 pages in-12 (210 x 135 mm) à l’encre brune, sous chemise demi-maroquin noir moderne.

Lettre inédite de jeunesse à son père.

Aujourd’hui je n’ai pas le temps de t’écrire une longue lettre car il ne me reste plus que 3 quarts d’heures [sic] d’ici la fin de l’étude. Il donne cependant longuement de ses nouvelles (sur trois pleines pages très denses). Ce soir, il doit faire une narration et c’est là qu’est ma chance, mais je suis sûr de ne pas en faire une fameuse et de n’avoir qu’une place très ordinaire car en voulant trop bien faire je m’en vais m’enfoncer. Il a réussi à abréger des trois quarts le terrible pensum donné par son professeur d’histoire. Il évoque les Bazin, amis de la famille, chez lesquels il passe ses jours de sortie. Amusante description d’un concert populaire auquel il a assisté : il y en avait deux qui étaient de vrais géants. Ils auraient bien mangé des crêpes sur la tête de Mr. Kermoasan et avalé bon papa [...] Les deux grands ont des voix de bœuf et je n’en ai jamais entendu de si grosses.

Il parle ensuite de sa santé, puis : Aujourd’hui je suis affamé car j’étais le dernier servi et il ne restait que des morceaux de viande que je n’ai pas pu manger. Mais dis à maman de ne pas avoir peur car demain je vais prendre ma revanche et après-demain donc ! Il demande des nouvelles des siens, et s’enquiert : Et mon cheval commence-t-il a être moins fringant. Au moins pour Pâques il sera bon ou s’il est aussi méchant je monterai tout de même dessus. Car, pense quelle bonne affaire si je pouvais me casser une jambe ou un bras peut-être que je ne retournerais plus au lycée d’ici les vacances. C’est ça qui serait chouette. Il est ennuyé, car il vient d’apprendre que l’année prochaine en seconde, on aura toujours le même professeur d’histoire. Ça m’a presque aussi foudroyé que les pensums qu’il distribue assez volontiers à ses élèves et connaissances. Je ne sais pas comment je serais assez fort pour le porter sur le dos deux années de suite. Heureusement, le carnaval approche, et il y a sortie le mardi-gras et le jeudi suivant. Il a été obligé de mettre ma tunique d’uniforme, car mes manches de chemise étaient beaucoup trop longues et trop larges et elles me tombaient sur les mains ce qui était très gênant. Mais il doit terminer, car l’étude va finir, et il embrasse tout le monde et signe Ton fils qui t’aime bien.

C’est à l’époque de cette lettre, en février 1860, que Tristan Corbière rédigea son premier poème connu, « Ode au chapeau », sorte de satire ayant pour sujet le chapeau de son fameux professeur d’histoire si craint et peu aimé. En août de cette année-là, il obtiendra trois prix : le 2e prix de version latine, le 1er accessit de thème latin, et le 1er accessit de vers latins. Sa santé se détériorant, il ira au cours de ce même mois rejoindre son oncle médecin à Nantes et entrera en seconde au lycée de Nantes, futur lycée Georges Clemenceau.


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