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Bouchon de flûte, Biwat, Rivière Yuat, Province de l'East Sepik, Papouasie-Nouvelle-Guinée
FLUTE STOPPER, BIWAT, YUAT RIVER, EAST SEPIK PROVINCE, PAPUA NEW GUINEA
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Bouchon de flûte, Biwat, Rivière Yuat, Province de l'East Sepik, Papouasie-Nouvelle-Guinée
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Bouchon de flûte, Biwat, Rivière Yuat, Province de l'East Sepik, Papouasie-Nouvelle-Guinée
FLUTE STOPPER, BIWAT, YUAT RIVER, EAST SEPIK PROVINCE, PAPUA NEW GUINEA

來源

Collection Sir William Dobell (1899-1970), Sydney, acquis in situ en 1950
Sotheby's, Sydney, 28 octobre 1996, n° 510d
Collection Elizabeth Pryce, Sydney

展覽

Canberra, National Gallery of Australia, Myth and Magic Art of the Sepik River, 7 août - 1 novembre 2015
Sydney, The SH Erving Gallery, Painter in Paradise : William Dobell in New Guinea, 29 mai - 12 juillet 2015

出版

Howarth, Myth and Magic Art of the Sepik River, 2015, p. 116
Painter in Paradise : William Dobell in New Guinea, 2015, p. 90

相關資料

Les bouchons de flûte sculptés du Fleuve Yuat, un affluent du Bas Sepik, ont exercé une fascination particulière sur les voyageurs et collectioneurs européens dés les premiers contacts. Mais ce n'est que grâce à Margaret Mead et à sa description très imagée d'une courte visite chez les "Mundugumor" en 1932 que les premières informations sur le contexte dont émergèrent ces pièces extraordinaires de l'art du Sepik commencèrent à être connues. Il est certain que ce n’est pas uniquement les formes de figures humaines sculptées à la tête large et au front allongé qui ont fait l’admiration de tous. Les yeux incrustés de nacre brillante, les défenses de cochon, les diadèmes de plumes de casoar, les épaisses barbes de cheveux humains attachés aux contours perforés du visage faisaient partie des ornements au même titre que les peintures et autres bijoux en coquillages et brassards. Les représentations de la progéniture mâle d'une mythique mère crocodile étaient revêtues d'un pagne finement tissé. Dans nombre de cultures du Sepik, ces figures jouaient un rôle dans la révélation initiatique. Les figures étaient intégrées à des objets de grandes tailles - de longues flûtes en bambou qui pouvaient également être recouvertes de bijoux en coquillage. Cette ornementation exubérante rendait impossible l'utilisation de ces flûtes en tant qu’instrument. Ces objets complexes devinrent ainsi un héritage de valeur, transmis aux filles et à leurs fils et faisant parfois même l’objet d’échanges. Ils constituaient une partie particulière des ordonnancements matrimoniaux, la flûte héritée accompagnant la fille dans sa nouvelle maison pour être ensuite transmise à son fils. Mais ces flûtes étaient également nécessaires à l'établissement d'une relation cérémonielle particulière entre deux hommes, et faisaient alors également l’objet d’un héritage par la suite. Les bouchons de flûte ornés d’une figure masculine ont, pour la plupart, perdu leur riche décoration. Cependant ils possèdent chacun leur propre histoire et leur propre nom, qui nous restent malheureusement inconnus lorsque nous nous tenons devant eux, éblouis par leur extraordinaire beauté.

Par Markus Schindlbeck
Retired Curator Oceanic Art Department,
Ethnologischen Museum, Berlin

Au sein de ce corpus sculptural considéré comme l’un des plus mystérieux de la sculpture de Papouasie-Nouvelle-Guinée, le bouchon de flûte de la collection Elizabeth Pryce s’impose par sa présence saisissante traduisant la puissance de l’esprit de la rivière ou de la forêt représenté. L’ample front domine une face aux traits resserrés, concentrant l’expression volontairement farouche : les yeux à l'oblique incrustés de nacre, le nez busqué et percé, la bouche aux lèvres saillantes dévoilant des dents rehaussées d’ocre. A cette disproportion de la tête répond le corps musculeux dont les jambes arquées et les bras écartés confèrent à la figure une pose tout en tension, amplifiée par le dos et la nuque incurvés qui projettent la tête en avant. Au dos, les omoplates et les fesses marquées reproduisent l’image stylisée, très rare, d’une tortue dont la tête se détache sur la nuque du personnage. S’ajoutent enfin les traces de pigments vert et orange ainsi que la barbe en cheveux humains qui complètent « la symbolique liée aux esprits représentés qui, selon Margaret  Mead, pouvaient prendre une forme humaine ou animale, sans pour autant être eux-mêmes un être humain » (Robert L. Welsch).

Acquis in situ à la fin des années 40 par le peintre Australien William Dobell, cette œuvre présente des caractéristiques stylistiques très proches des deux bouchons de flûte ramenés en 1933 par Margaret Mead, aujourd’hui dans les collections de l’American Museum of Natural History de New York (inv. n° 80.0/8243 et 80.0/8247). Le motif stylisé de tortue l’apparente étroitement au bouchon de flûte de l’ancienne collection d’Eddy Hof (Sotheby’s, Paris, 11 juin 2008, n° 58).

The carved flute stoppers from the Yuat River, a tributary of the Lower Sepik, have held a particular interest for European visitors and collectors since the early days of contact. But it was only Margaret Mead, through her vivid description of a short visit among the so called "Mundugumor" in 1932, who gave the first information about the context of these most extraordinary pieces of Sepik art. Certainly it wasn’t only the form of the carved human figure with a large head and elongated forehead that attracted admiration. The eyes with inlaid gleaming mother-of-pearl, slithers of pig tusks, diadems of cassowary feathers, beards of thick human hair attached to the pierced ridge of the face were part of the decoration, together with paint and other elements such as shell jewellery and armbands. The figures representing male offspring of a mythical crocodile mother were clad with fine woven loincloth. As in often the case among Sepik cultures these figures were part of the initiation revelation. The figures were part of larger objects, long flutes made of bamboo, which could also be wrapped in shell jewellery. This exorbitant ornamentation made it impossible to use the flutes as instruments. These complex objects thus became an heirloom of worth passed on to daughters and their sons, and even occasionally exchanged. They were part of special marriage arrangements when the inherited flute accompanied the daughter to her new home, the flute being later passed on to her son. But these flutes were also necessary for the establishment of a special ceremonial relation between two men, which was later also inherited. In most cases the flute stoppers with carved male figures lost their rich decoration. Yet they have their own individual history and name, which unfortunately remains unknown to us when we stand in front of them, dazzled by their extraordinary beauty.

By Markus Schindlbeck
Retired Curator Oceanic Art Department,
Ethnologischen Museum, Berlin

Within this corpus, considered as one of the most mysterious within Papua New Guinea's sculpture, the flute stopper from the Elizabeth Pryce Collection stands out for its striking presence, reflecting the power of the spirit of the river or of the forest.  The broad forehead dominates a face with condensed features, concentrating the deliberately fierce expression: the eyes are inlaid with mother-of-pearl shells arranged obliquely, the nose is carved and pierced, the mouth, with protruding lips, reveals teeth that are enhanced with ochre. This disproportionately large head is echoed in the muscular body with its arched legs and outspread arms that give the figure a tense pose, amplified by the curved back and a neck that projects the head forward. On the rear, the marked shoulder blades and buttocks reproduce a stylized, very rare, image of a turtle, whose head is marked out on the neck of the figure. Finally, there are traces of green and orange pigments as well as a beard made of human hair that complement "the symbolism associated with the spirits represented which, according to Margaret Mead, could take a human or animal form, without being a human being themselves." (Robert L. Welsch).

Acquired in situ in the late 1940s by Australian painter William Dobell, this piece has stylistic characteristics that are very similar to that of the two flute stoppers brought back in 1933 by Margaret Mead and now in the collections of the American Museum of Natural History in New York (inv. No. 80.0/8243 and 80.0/8247).  The stylized turtle design is closely related to that of the flute stopper from the former Eddy Hof collection (Sotheby’s, Paris, 11 June 2008, No.58).

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