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ANONYME ITALIEN, ECOLE BOLONAISE, VERS 1600 | Christ holding the reed
Estimate
8,000 - 12,000 EUR
Bidding Closed
Description
- Christ holding the reed
- Fusain huilée et rehauts de gouache blanche sur papier chamoix
- 398 x 240 mm
Provenance
Stefan von Licht (1880-1932), Vienne (L. 789b) ;
Vente anonyme, Londres, Sotheby's, 6 mars 1973, n°318 (comme Cavedone) ;
Acquis à cette vente par Mathias Polakovits (1921-1987), Paris (L. 3561) ;
Sa vente, Paris, Hôtel Drouot, Me Couturier Nicolay, 4 mars 1988, n°144 (comme Faccini) ;
Acquis à cette vente.
Vente anonyme, Londres, Sotheby's, 6 mars 1973, n°318 (comme Cavedone) ;
Acquis à cette vente par Mathias Polakovits (1921-1987), Paris (L. 3561) ;
Sa vente, Paris, Hôtel Drouot, Me Couturier Nicolay, 4 mars 1988, n°144 (comme Faccini) ;
Acquis à cette vente.
Exhibited
Rennes, 2012, n°14 (notice par Nicolas Schwed)
Catalogue Note
La ville de Bologne a toujours été un important centre de production artistique. La renommée de son université attire dans la cité de nombreuses activités intellectuelles et lui permet d’être un carrefour incontournable pour les études humanistes et scientifiques. La façon dont l’énergie culturelle de la ville s’est exprimée artistiquement subit un changement radical avec l’avènement des Carracci vers 1580. Certes, des dessins aboutis réalisés par les maniéristes bolonais de la génération précédent celle des Carraci commencent à plaire aux collectionneurs, mais vers la fin du siècle, l’on observe une augmentation significative de la production de feuillets, aboutis et souvent, semble-t-il, produits pour satisfaire la demande de ces collectionneurs. L’arrivée des Carracci et de la tradition qu’ils ont instaurée provoquent une intensification significative de la production de dessins, considérés comme des œuvres d’art à part entière, même s’ils ont aussi souvent pu servir d’études préparatoires aux compositions peintes.
L’étude de la collection Adrien en est un exemple. Il s’agit d’un large dessin au fusain dans lequel un seul personnage domine l’espace. Emprunt d’une gravité indiscutable, il occupe toute la longueur de la feuille. Le fusain appuyé que l’artiste a choisi d’employer accentue l’impression de profondeur et les traits blancs audacieux et lumineux renforcent l’effet dramatique par un jeu de lumière et d’ombre. Le médium est habilement appliqué à la manière d’un peintre et les formes géométriques de la silhouette confèrent à ce dessin un aspect intemporel et intense.
Le dessin a auparavant été attribué à Giacomo Cavedone (1577-1660) et à Pietro Faccini (vers 1562-1602), sans qu’aucune de ces deux attributions ne soit surprenante. Nicolas Schwed, dans sa notice du catalogue de l’exposition de Rennes a observé la frontalité de la figure du Christ sur cette feuille, qui évoque la représentation en pied du Christ en douleur de la fresque de Lodovico Carracci vers 1592, qui se trouve dans l’ancien Oratorio dei Filippini, à Bologne. Schwed a également souligné que l’association caractéristique des médiums observée ici, fusain rehaussé de blanc, se retrouve dans d’autres dessins de Lodovico et de ses disciples, citant à juste titre pour comparaison deux impressionnants dessins précoces de Lodovico qui partagent à la fois la technique et la monumentalité qui caractérisent le dessin de la collection Adrien. Intitulé Etude pour une figure décorative, le premier, qui se trouve désormais dans les collections royales du château de Windsor, rappelle la décoration du Palazzo Fava,1 alors que le second renvoie à l’Etude pour Jael et Sisera sur le recto d’une double feuille à l’Ambrosiana de Milan.2
1. B. Bohn, Ludovico Carracci and the Art of Drawing, Turnhout 2004, p. 136, no. 30 reproduit
L’étude de la collection Adrien en est un exemple. Il s’agit d’un large dessin au fusain dans lequel un seul personnage domine l’espace. Emprunt d’une gravité indiscutable, il occupe toute la longueur de la feuille. Le fusain appuyé que l’artiste a choisi d’employer accentue l’impression de profondeur et les traits blancs audacieux et lumineux renforcent l’effet dramatique par un jeu de lumière et d’ombre. Le médium est habilement appliqué à la manière d’un peintre et les formes géométriques de la silhouette confèrent à ce dessin un aspect intemporel et intense.
Le dessin a auparavant été attribué à Giacomo Cavedone (1577-1660) et à Pietro Faccini (vers 1562-1602), sans qu’aucune de ces deux attributions ne soit surprenante. Nicolas Schwed, dans sa notice du catalogue de l’exposition de Rennes a observé la frontalité de la figure du Christ sur cette feuille, qui évoque la représentation en pied du Christ en douleur de la fresque de Lodovico Carracci vers 1592, qui se trouve dans l’ancien Oratorio dei Filippini, à Bologne. Schwed a également souligné que l’association caractéristique des médiums observée ici, fusain rehaussé de blanc, se retrouve dans d’autres dessins de Lodovico et de ses disciples, citant à juste titre pour comparaison deux impressionnants dessins précoces de Lodovico qui partagent à la fois la technique et la monumentalité qui caractérisent le dessin de la collection Adrien. Intitulé Etude pour une figure décorative, le premier, qui se trouve désormais dans les collections royales du château de Windsor, rappelle la décoration du Palazzo Fava,1 alors que le second renvoie à l’Etude pour Jael et Sisera sur le recto d’une double feuille à l’Ambrosiana de Milan.2
1. B. Bohn, Ludovico Carracci and the Art of Drawing, Turnhout 2004, p. 136, no. 30 reproduit
2. Ibid., p. 152, no. 44, reproduit (recto)