拍品 103
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MASQUE EN IVOIRE, LEGA, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO |

估價
60,000 - 90,000 EUR
招標截止

描述

  • African elephant (loxodonta africana)
Masque en ivoire, Lega, République Démocratique du Congo

來源

Jean-Willy Mestach (1926-2014), Bruxelles
Aaron Furman, New York, acquis en 1962
Collection Howard et Saretta Barnet, acquis en 1973

拍品資料及來源

L’insigne importance de cette œuvre tient à la fois de la rareté du type et de sa remarquable facture. Sa dimension et son matériau – l’ivoire - l’identifient à une masquette lukungu, prérogative des initiés du Bwami ayant atteint le plus haut échelon du grade suprême, les lutumbo lwa kindi. A cette appartenance restrictive s’ajoute, comme facteur de rareté, le fait que cet emblème n'était pas utilisé par tous les clans Lega.  

Leur nom, lukungu, désigne le crâne. Possédées à titre conditionnel par chaque initié, ces masquettes en ivoire sont considérées comme « des doubles, des souvenirs, des preuves d’identité, des liens symboliques » unissant l’initié kindi au défunt qu’il a remplacé dans la communauté de grade. Elles symbolisent ainsi “la continuité d’une lignée d’initiés kindi “ (Biebuyck, Lega Culture Art. Initiation and Moral Philosophy among a Central African People, 1973, p. 211).

Au sein d’un corpus généralement caractérisé par le minimalisme de la sculpture, cette œuvre se distingue par la superbe intensité du visage, et par son ampleur. Les lignes en chevrons dessinant les contours de la face « en cœur » concentrent l’impact des traits finement modelés. Sa dimension et le soin porté à son élaboration évoquent les très rares masquettes en ivoire, « un peu plus grandes, appartenant à un précepteur (ou chef des rituels) » (idem).  Selon les enquêtes de terrain menées par Kellim Brown en pays Lega, « lukungu est rituellement interprété en fonction de ses qualités formelles […] ; les motifs linéaires en zigzag tatoués sur le front […] identifient les masquettes les plus importantes […] ; les prélèvements médicinaux sur le nez témoignent de son rôle rituel » (« Crossing the Lega Ivory Spectrum » in Felix, White Gold, Black Hands, Ivory Sculpture in Congo, vol. 6, p. 64-66). Enfin, la beauté de sa patine profonde, jouant sur les teintes brunes et orangées, atteste la fréquence et la longévité de son usage, invariablement précédé du rite secret ibonga masengo au cours duquel, par onction d’huile pigmentée, la force de cet objet d’initiation sacré était ravivée.

The great significance of this work lies both in the rarity of its type and in the remarkable craftsmanship of the artist who created it. The scale and material - ivory - identify it as a lukungu mask, the prerogative of Bwami initiates positioned within the highest level of the supreme rank, the lutumbo lwa kindi. This eminent ownership is compounded, as a factor of rarity, by the irregular possession of this emblem within the Lega clans. 

Their name, lukungu, refers to the skull. Owned on a conditional basis by each initiate, these ivory masks are considered "duplicates, souvenirs, proofs of identity, symbolic ties" uniting the kindi initiate to the deceased he replaced in the rank community. They symbolize "the continuity of a lineage of kindi initiates” (Biebuyck, Lega Culture Art. Initiation and Moral Philosophy among a Central African People, 1973, p. 211).

Within a corpus generally marked by the minimalism of its sculpture, this work is distinctive for its superb intensity of the face, and its magnitude. Chevron lines delineate the contours of the "heart-shaped" face and emphasise the impact of the finely modelled features. Its scale and the care taken in its elaborate carving evoke very rare ivory masks that were "a little larger, and belonged to a preceptor (or leaders of rituals)" (ibid).  According to field surveys conducted by Kellim Brown in Lega country, a "lukungu is ritually interpreted according to its formal qualities [...]; the tapered zigzag linear patterns on the forehead [...] identify the most important masks [...]; the medicinal sampling on the nose attesting to its ritual role " (« Crossing the Lega Ivory Spectrum » in Felix, White Gold, Black Hands, Ivory Sculpture in Congo, vol. 6, p. 64-66). Finally, the beauty of its deep patina, varying in brown and orange hues, attests to the frequency and longevity of its use, invariably preceded by the secret ibonga masengo ritual during which, by anointing it with pigmented oil, the strength of this sacred initiation object was revived.

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