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Arts d’Afrique, d’Amérique et d’Indonésie

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Tête, Fang, Gabon
FANG HEAD, GABON 

來源

Collection Georges de Miré (1890-1965), Paris
Collection privée européenne

出版

Schmalenbach, Afrikanische Kunst aus Kölner Privatsammlungen, 2004, p. 60

相關資料

Jusqu’au début du XXe siècle, le byeri, culte rendu par les Fang aux ancêtres familiaux, était accompagné d’images sculptées, représentations symboliques des défunts sous la forme de statues en pied (eyema byeri : « l’image de l’ancêtre familial »), mais aussi de têtes seules, appelées añgokh-nlô-byeri (« la tête entière de l’ancêtre byeri »). Uniquement connues chez les Fang du Sud (Fang Betsi) des régions de l'Estuaire du Gabon et des vallées principales de Ogooué, entre Libreville et Lambaréné, ces têtes sculptées arrivèrent en Europe parmi les premiers témoins de l’art Fang. Représentations symboliques des ancêtres, ces têtes - proportionnellement rares - occupent une place particulière dans le corpus de la statuaire Fang. Résumées à l’interprétation sculpturale de la seule tête ancestrale, elles ont fasciné, dès les années 1910-1920, les plus éminents précurseurs de l’art Africain, tels que Joseph Brummer, Paul Guillaume, Carl Einstein, André Lefèvre, Jacob Epstein ou encore Georges de Miré a qui appartenu cette élégante œuvre.

Si les recherches menées par Louis Perrois démontrent que les têtes cohabitaient depuis bien avant le XIXe siècle avec les statues en pied, leur corpus comparativement très restreint témoigne d’un statut privilégié. « Les têtes Betsi sculptées par les Fang du sud sont souvent d’une très grande qualité esthétique, ce qui tend à prouver qu’elles sont l’aboutissement d’une longue tradition plastique » (Perrois, Byeri Fang. Sculptures d’ancêtres en Afrique, 1992, p. 151). Dans la pensée Fang, la tête est le signe de la vitalité et de la puissance sociale. Le rôle essentiel des crânes (ekokwe nlo) dans les rites du byeri autorise l’hypothèse d’une représentation originelle évoquant la tête du défunt – iconographie qui se serait ensuite diversifiée avec des images en pied. Contrairement à ces dernières, qui étaient dévoilées lors des rites d’initiation, les têtes añgokh-nlô-byeri demeuraient individuellement cachées dans la chambre du chef de lignage, où elles étaient précieusement conservées.

Ici, la fluidité des formes épurées, jouant sur la sensibilité des modelés et la tension des courbes, s’anime dans les nuances de la patine autrefois noire et épaisse et aujourd’hui partiellement disparue, née des onctions d’huile de palme et de poudre de ba participant aux rites honorifiques qui lui ont été rendus. S’y ajoutent les parties érodées – sur la bouche, le nez et les yeux – résultant de prélèvements aux fins de médecines magico-religieuses qui permettaient d’entrer en correspondance étroite avec les ancêtres. Ces contrastes entre la sérénité de l’effigie et la force protectrice qui lui était conférée placent la tête Fang de l’ancienne Collection Georges de Miré parmi les éloquents manifestes de ce rare corpus, à l’esthétique aussi sensible que singulière.

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