拍品 84
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Console en chêne naturel sculpté du début de l'époque Louis XV

估價
80,000 - 120,000 EUR
招標截止

描述

  • Haut. 85,5 cm, larg. 164 cm, prof. 66,5 cm
  • Height 33 2/3 in; width 64 1/2 in; depth 26 in
la ceinture trilobée centrée d'une coquille et richement sculptée de volutes feuillagées et de palmettes stylisées sur fond mosaïqué ajouré, reposant sur deux pieds en double volute reliés par une entretoise ornée d'un cartouche ajouré ; dessus de marbre vert de mer

拍品資料及來源

A partir de la fin du XVIIe siècle, la sculpture sur bois tint une place de plus en plus importante dans les intérieurs parisiens, pour aboutir dans les années 1720-1730 à une très grande plasticité sculpturale. Dans ce contexte novateur, les tables en console appelées également consoles, placées au-dessous d’un miroir ou d’un trumeau, connurent rapidement un succès éclatant. Parfaitement intégrées au décor mural, elles devinrent les éléments indispensables d’un intérieur à la mode.

Ces tables en console étaient considérées au XVIIIe siècle comme biens immeubles, et obéissaient donc étroitement aux mêmes règles que celles qui prévalaient pour les boiseries ; ainsi, elles n’apparaissaient pas dans les inventaires dressés à l’époque qui ne concernaient que les biens meubles. En outre, ce sont souvent les sculpteurs en charge des lambris à qui revenait le soin de les réaliser, d’après les dessins que leurs fournissaient les architectes ou les ornemanistes. Au cours de la réalisation cependant, les sculpteurs se réservaient une certaine liberté d’interprétation.

Juste-Aurèle Meissonnier (1695-1750), orfèvre et dessinateur, et Nicolas Pineau (1684-1754), sculpteur sur bois et également dessinateur, furent considérés par leurs contemporains comme les promoteurs, dans les années 1725-1730, d’un nouveau style de décoration intérieure qualifié à l’époque de « pittoresque » ou de « goût nouveau » et que nous appelons communément aujourd’hui le style rocaille.  Pineau publia chez Mariette, à Paris, de nombreux recueils gravés de ses dessins dont une « suite de consoles rocailles, 1720 », et Meissonnier livra également plusieurs modèles de « Pieds de Table de Trumeau » dans son Œuvre qui fut éditée vers 1730 chez Gabriel Huquier, rue Saint-Jacques à Paris.

Le dessin d’un modèle de console attribué à Meissonnier fut publié par Alfred de Champeaux dans son Portefeuille des Arts décoratifs consacré aux Meubles en bois sculpté (Paris, cinquième année, 1892-1893, pl. 651) : il correspond parfaitement, à l’exception de quelques variantes d’interprétation du sculpteur, à notre meuble.

Cette console constitue donc un brillant témoignage de la capacité des meilleurs sculpteurs sur bois de la première moitié du XVIIIe siècle à parfaitement transcrire dans leur matériau les modèles fournis sous forme de dessins ou de gravures par les plus grands ornemanistes « rocaille » du temps.