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Mallarmé, Stéphane
估價
1,500 - 2,000 EUR
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描述
- Mallarmé, Stéphane
- Lettre autographe signée à Robert de Montesquiou. Paris, 87 rue de Rome / Dimanche 28 décembre [1879].
- ink on paper
3 p. in-8 (200 x 130 mm), papier de deuil. Timbre humide rouge de la collection Robert de Montesquiou.
Trace d'onglet.
Émouvante lettre après la mort de son fils Anatole.
"Vous êtes celui que je serai toujours heureux de voir ; car, si nos esprits s’accordent, je ne sais pas pourquoi aussi vous avez d’autre part établi entre vous et moi maints liens d’une sympathie intime. Ou plutôt si ! je me rends compte qu’avec votre pénétration vraie vous avez lu beaucoup du charme de l’être délicieux qui fut notre trésor et la joie d’ici ; et maintenant vous ne l’oubliez pas. Je vous remercierai".
Il part pour Valvins et invite Montesquiou à venir le voir avant son départ.
Dans ses mémoires, Les Pas effacés (1923), Montesquiou -- dont l’amitié fut alors d’un grand réconfort pour le poète et son épouse -- décrit ainsi Anatole, mort le 8 octobre 1879 : "La plus émouvante de mes rencontres avec Mallarmé eut lieu autour de son fils, bambin attachant […] qui s’était pris, pour moi, d’une affection touchante. Il avait un singulier et attrayant visage de petit faune, curieusement complété par des oreilles pointues, ce qui, dans l’existence de l’auteur d’Hérodiade, représente un de ces parallélismes mystérieux dont la vie abonde, pour ceux qui savent les entrevoir… je m’étais attaché à cet agonisant inconscient, souriant et doux, que ma visite égayait ; je lui portais un oiseau des îles, dans une jolie cage japonaise ; sa joie fut immense."
Profondément affecté par la mort de son fils, Mallarmé entra dans une période de silence, le "petit fantôme" ne cessant de hanter l’œuvre de son père.
Provenance : Robert de Montesquiou (cachet). -- Pierre Guerquin (1959, 4e lettre du n° 409). -- Colonel Daniel Sickles (XI, 1992, n° 4414).
Trace d'onglet.
Émouvante lettre après la mort de son fils Anatole.
"Vous êtes celui que je serai toujours heureux de voir ; car, si nos esprits s’accordent, je ne sais pas pourquoi aussi vous avez d’autre part établi entre vous et moi maints liens d’une sympathie intime. Ou plutôt si ! je me rends compte qu’avec votre pénétration vraie vous avez lu beaucoup du charme de l’être délicieux qui fut notre trésor et la joie d’ici ; et maintenant vous ne l’oubliez pas. Je vous remercierai".
Il part pour Valvins et invite Montesquiou à venir le voir avant son départ.
Dans ses mémoires, Les Pas effacés (1923), Montesquiou -- dont l’amitié fut alors d’un grand réconfort pour le poète et son épouse -- décrit ainsi Anatole, mort le 8 octobre 1879 : "La plus émouvante de mes rencontres avec Mallarmé eut lieu autour de son fils, bambin attachant […] qui s’était pris, pour moi, d’une affection touchante. Il avait un singulier et attrayant visage de petit faune, curieusement complété par des oreilles pointues, ce qui, dans l’existence de l’auteur d’Hérodiade, représente un de ces parallélismes mystérieux dont la vie abonde, pour ceux qui savent les entrevoir… je m’étais attaché à cet agonisant inconscient, souriant et doux, que ma visite égayait ; je lui portais un oiseau des îles, dans une jolie cage japonaise ; sa joie fut immense."
Profondément affecté par la mort de son fils, Mallarmé entra dans une période de silence, le "petit fantôme" ne cessant de hanter l’œuvre de son père.
Provenance : Robert de Montesquiou (cachet). -- Pierre Guerquin (1959, 4e lettre du n° 409). -- Colonel Daniel Sickles (XI, 1992, n° 4414).