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Vitrine en bois noirci et doré, métal doré et peint, incrustations d'ivoire et de bois teinté, de style néo égyptien, 1884-1907, par Giuseppe Parvis
Lot. Vendu 42,500 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Vitrine en bois noirci et doré, métal doré et peint, incrustations d'ivoire et de bois teinté, de style néo égyptien, 1884-1907, par Giuseppe Parvis
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Details & Cataloguing

Excellence Française

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Paris

Vitrine en bois noirci et doré, métal doré et peint, incrustations d'ivoire et de bois teinté, de style néo égyptien, 1884-1907, par Giuseppe Parvis
la partie supérieure à décor de frises de cobras et de faucons centrée d'une dépouille de vautour, ouvrant par deux portes vitrées accostées de piliers hatoriques, les côtés ornés de têtes de pharaons, de sphinx et de hiéroglyphes sur une base supportée par des têtes d'ibis aux ailes déployées ; (électrification ancienne)
Haut. 275 cm., largeur 175 cm., prof. 67 cm. ; Height 108 1/4 in., width 69 in., depth 26 1/3 in.
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Provenance

Achetée par Rama V Chulalongkorn, roi de Siam (1853-1910) vers 1907

Exposition

Pièce égyptienne de Giuseppe Parvis, Exposition générale italienne, 1884, Turin

Bibliographie

Bibliographie :
E. Warmenbol, L. Delvaux et J.-M. Humbert, "De l'Egypte à l'Orient : dans les meubles de pharaon. L'égyptomanie d'un roi de Siam", in Art&Fact, 2014, p. 76, fig. 4

Références bibliographiques :
Cat. exp. Egyptomania. L'Egypte dans l'art occidental 1730, Paris/Ottawa, 1994

Description

Le vocabulaire ornemental égyptien émerge en France dans les arts décoratifs à la fin du XVIIIe siècle sous le règne de Louis XVI mais il faut attendre les campagnes de Bonaparte en Egypte à partir de 1798 pour voir la publication d’ouvrages de référence dans lesquels les artistes vont pouvoir trouver l’inspiration. Citons pour exemple Voyage dans la Basse et la Haute Egypte de Dominique Vivant-Denon, présent lors de la Campagne et nommé Directeur du Museum central des Arts, futur musée du Louvre, ou encore le Recueil d’observations et de mémoires sur l’Egypte ancienne et moderne d’Edme-François Jomard.

La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle connaissent un renouveau de l’intérêt pour l’Egypte suite aux fouilles archéologiques en grande partie financées par les gouvernements français, britannique et allemand. Plusieurs découvertes déterminantes sont d’ailleurs faites durant ces années jusqu’en 1922, date de la découverte du trésor de Toutankhamon par l’anglais Howard Carter.

Tout dans cette vitrine rappelle l’Egypte et de très nombreux éléments iconographiques sont représentés, du socle à longrines rappelant les traîneaux utilisés par les pharaons au couronnement centré de la dépouille de vautour aux ailes déployées en passant par les chapiteaux lotiformes et ornés de têtes de la déesse Hator sistrophore, les sphinx, les faucons. La forme même de la vitrine reprend les dessins dressés par Emile Prisse d’Avennes de la niche du Mammisi (« Maison des Naissances ») de Denderah sur la 53e planche de son Atlas de l’Art égyptien publié de 1858 à 1878. Les profils latéraux gauche et droit représentent le pharaon Amenhotep III et la reine Tiyi (fig. 5) et le roi Taharqa en Amon (Ibid., pl. 38).

La vitrine combine plusieurs éléments intéressants, outre son esthétique. Les hiéroglyphes sont tous lisibles et comportent le nom de l’ébéniste, la date probable de fabrication et le nom du commanditaire.

Il s’agit d’une réalisation de Giuseppe Parvis (1831-1909). Né à Breme en Lombardie et après des études à l’Accademia Albertina de Turin, il partit au Caire en 1859 et s’y installa pour faire fabriquer et vendre des meubles de styles oriental-arabisant et égyptisant (fig. 3). Il acquit une renommée internationale suite aux Expositions universelles de Paris en 1867, Philadelphie en 1876, Milan en 1881 et Turin en 1884 où il expose sa chambre égyptienne et où une vitrine très proche à la nôtre était présentée (fig. 4). Notons qu’une bibliothèque probablement du même ensemble que la vitrine ainsi qu’un bureau sont passés sur les marchés de l'art parisien et newyorkais ces vingt dernières années.

Le nom du commanditaire de la vitrine est également précisé : il s’agit du roi Chulalongkorn dit Rama V (1853-1910), roi de Siam actuelle Thaïlande, qui régna de 1868 à 1910 (fig. 1). Il voyagea en Europe et notamment à Paris en 1897 et en 1907, et emprunta donc le canal de Suez. Il s’arrêta ainsi en Egypte et du probablement y acquérir la vitrine lors d’un de ses passages.

Excellence Française

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