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Proust, Marcel

[Lettre autographe signée, à Mme de Clermont-Tonnerre].
Non datée (début juillet 1907).

A SUPERB TESTIMONY ABOUT PROUST'S MUNDANE WORRIES. A VERY BEAUTIFUL AND SPIRITED LETTER IN WHICH HE DESCRIBES THE HARDSHIPS OF ACTING AS A GO-BETWEEN.
Estimation
8 00012 000
Lot. Vendu 13,200 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Proust, Marcel

[Lettre autographe signée, à Mme de Clermont-Tonnerre].
Non datée (début juillet 1907).

A SUPERB TESTIMONY ABOUT PROUST'S MUNDANE WORRIES. A VERY BEAUTIFUL AND SPIRITED LETTER IN WHICH HE DESCRIBES THE HARDSHIPS OF ACTING AS A GO-BETWEEN.
Estimation
8 00012 000
Lot. Vendu 13,200 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

100 Books, Manuscripts, Documents and Objects from the Pierre Leroy Collection

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Paris

Proust, Marcel

[Lettre autographe signée, à Mme de Clermont-Tonnerre].
Non datée (début juillet 1907).

A SUPERB TESTIMONY ABOUT PROUST'S MUNDANE WORRIES. A VERY BEAUTIFUL AND SPIRITED LETTER IN WHICH HE DESCRIBES THE HARDSHIPS OF ACTING AS A GO-BETWEEN.

14 pages et demi in-12, à l’encre noire sur quatre double-feuillets de papier fort de couleur crème filigrané Impérial Diadem.

Chargé de présenter le prince Radziwill, dit Loche, à la belle Gladys Deacon, Marcel Proust échoua : il rend compte de sa mission à Mme de Clermont-Tonnerre avec infiniment de tact et une foule de détails. Il “proustifie” à plaisir, jaugeant les sentiments des uns et des autres, mettant en garde sa correspondante contre tout interventionnisme et réclamant sa discrétion.

« Loche m’a dit qu’il ne voulait pas se marier. Je crois qu’il a une très haute idée de Mlle D. (...) dans le cas particulier, mes scrupules n’ont pas eu de raison d’être car je crois qu’il y a très peu de femmes, capables de comprendre, de goûter, de s’entendre avec Loche, et Mademoiselle D. par sa grande et puissante intelligence me paraît plus que de celles-ci, mais celle-là, peut-être la seule, je le lui ai dit. Je lui ai dit que je la connaissais très peu (lui aussi la connaît à peine) mais qu’elle m’avait paru en même temps que la Beauté elle-même, une intelligence supérieure, et une nature très bonne et délicieuse. (...) Je lui ai rappelé que quand il est venu m’annoncer son premier mariage en me disant qu’il se mariait “pour faire plaisir à sa mère”, je lui ai répondu qu’il n’y avait pas de plus sûre manière de lui faire un jour beaucoup de peine et que je pensais que sa mère l’aimait assez pour mettre son plaisir à ce qu’il soit heureux, et non à ce qu’il vive sacrifié ! (je n’ai pas ajouté pour ne pas avoir l’air de rappeler mes présents que je lui avais donné comme cadeau de noces un Christ d’Albâtre du Xlle siècle au-dessus duquel j’avais mis la phrase de Ruskin :“Vous serez heureux mais à une condition”, que je lui spécifiais et qu’il n’a point remplie) (...) il ne pouvait se mettre dans le cas d’avoir à faire au bout de quelques années des rentes à toutes les jeunes filles à Paris qu’il avait abandonnées; que lui seul pouvait voir s’il voulait ou non se marier (...) Bref la conclusion a été qu’il ne voulait pas se marier, et mon impression qu’on ne pourrait actuellement se remarier, sans faire sur la partie faible de son caractère (sans volonté, et rachetant ensuite ses défaillances par des impulsions soudaines) une sorte de pression, que moralement je ne me sens pas capable d’exercer, d’autant plus que l’avenir de Miss D. m’intéresse aussi beaucoup. (...) ».


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Exposition

Cette lettre fut présentée lors de l’exposition « Marcel Proust au Ritz » en novembre 2002.

Bibliographie

Correspondance de Marcel Proust, éd. Kolb, tome VII, p. 190-194.

Description

Gladys Deacon (1881-1977), fille de l’américain Edward Parker Deacon et de Florence Baldwin, devait épouser le duc de Malbourough en 1921. Ses parents avaient divorcé après que Deacon eût tué l’amant de sa mère. Le prince Léon Radziwill, dont la maîtresse en titre était alors Christiane Lorin, avait épousé en 1905 Antonie de Gramont pour en divorcer l’année suivante. Son frère, Antoine-Albert (1885-1935) épousera Dorothy Parker Deacon, la sœur cadette de Gladys, le 5 juillet 1910. Quant à la duchesse Elisabeth de Clermont-Tonnerre, née Gramont, elle était devenue une intime de Proust dès leur rencontre en 1903. Elle participa notamment au grand dîner que Proust donna au Ritz le 1er juillet 1907, date extrêmement proche de cette lettre.

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