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Renard, Jules
LETTRES À MAURICE POTTECHER. 16 MAI 1893-28 FÉVRIER 1910.
Estimation
6 0008 000
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LETTRES À MAURICE POTTECHER. 16 MAI 1893-28 FÉVRIER 1910.
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Livres et Manuscrits

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Paris

Renard, Jules
LETTRES À MAURICE POTTECHER. 16 MAI 1893-28 FÉVRIER 1910.
92 lettres, cartes et billets autographes à l’encre sur divers papiers (certaines sur papier à en-tête "Paris, 44 rue du Rocher", "La Gloriette", du nom de la maison près de Chaumot qu’il louait dans la Nièvre à partir de 1896, ou illustrées du renard dessiné par Toulouse-Lautrec, futur ex-libris de l’auteur de Poil de carotte).

Beau témoignage des échanges amicaux et littéraires, s’inquiétant de la santé de leur famille, de la situation politique et de l’adaptation de Poil de Carotte au théâtre.

Issu d’une famille d’industriels, Maurice Pottecher (1867-1960), après des études à Paris, commence sa carrière comme rédacteur à L'Écho et critique théâtral et musical à La République française. Poussé par son idéal humaniste, il fonde en 1895 le Théâtre du Peuple à Bussang, son village natal dans les Vosges, pour lequel il écrit de nombreuses pièces satisfaisant son ambition de dramaturge. Il choisit comme comédiens les ouvriers de la manufacture de son frère, devenant ainsi le pionnier du théâtre populaire dans l’esprit de la devise inscrite sur le fronton de la scène : "Par l’art pour l’humanité". En 1890, Léon Daudet présente Maurice Pottecher à Jules Renard qui, fervent républicain, ne peut qu’être séduit par lui.

Riche correspondance, dont nous ne pouvons citer ici que quelques extraits. 9 janvier 1894 : "À la bonne heure vous aimez mon petit Poil de Carotte, et c’est ce qui me touche le plus. Toute dissertation, très forte, à propos du petit bonhomme me laisse froid. Mais les lecteurs de votre article, s’ils aiment les bêtes vivantes, et les plantes vraies, achèteront Poil de Carotte. Imaginez-vous qu’on en a fait même un socialiste ! Vous l’avez bien lu comme je souhaite qu’on le lise, et si je pouvais m’en détacher, je n’en parlerais pas autrement que vous." -- 1er juin 1895 : "Pour moi, je suis désorienté. Je ne sais que faire. Tous mes projets littéraires ratent l’un après l’autre. Ce livre dont je vous parlais, le voilà impossible. J’aurais pourtant besoin d’un travail qui me prendrait tout entier." -- 10 novembre 1895 : "Vous êtes toujours d’une précieuse délicatesse. Vous savez quand on a besoin de vous, ce qui est tout l’art de l’amitié. Hier je n’étais pas mécontent. La Demande avait produit sur le public du dimanche soir un effet que je n’espérais plus. Tout portait. Les acteurs rayonnaient et le concierge lui-même crut devoir me féliciter." -- 11 avril 1901 : "Je causais hier avec Renée Maupin et nous avons […] parlé de la représentation possible de P de C au théâtre du peuple. Elle a dit : si on me payait seulement mon voyage, je serais enchantée d’y aller. J’ai dit que je vous en parlerais, quoique cela m’ennuie, car je serais désolé de vous pousser aux frais. P de C finirait par être un désastre pour nous, et je ne m’en consolerais pas." -- 10 mai 1909 : "Oui, la France est agitée. Mais franchement n’est-ce pas mérité ? quels gens stupides que nos ministres ? Le syndicalisme est la grande force d’aujourd’hui. Ne valait-il pas mieux lui donner la raison, que de dire bêtement : nous ne cèderons pas ! Les députés ont peur !".

Provenance : Drouot, 12 juin 1984. -- S.M.A.F, Société des manuscrits des assureurs français (voir La collection de manuscrits des assureurs français, 2001, p. 275-278).

 

 


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