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Vase tripode à couvercle
Culture Maya
Début de la période Classique, 250-450 AP. J.-C.
MAYA TRIPOD LIDDED VESSEL
Estimation
50 00070 000
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Vase tripode à couvercle
Culture Maya
Début de la période Classique, 250-450 AP. J.-C.
MAYA TRIPOD LIDDED VESSEL
Estimation
50 00070 000
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Details & Cataloguing

Le Soleil de Nuit : Trésors Précolombiens d'une Grande Collection Française

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Paris

Vase tripode à couvercle
Culture Maya
Début de la période Classique, 250-450 AP. J.-C.
MAYA TRIPOD LIDDED VESSEL

Provenance

Collection privée américaine, acquis ca. 1960
Christie's, Paris, 7 juin 2005, n° 423
Importante Collection privée française

Bibliographie

Hellmuth (N. M.), Maya Cylindrical Tripods and Related Early Classic Art: Iconography and Form, 1985, pp. 106-107
Hellmuth (N. M.), The Surface of the Underwaterworld, Ph.D dissertation, 1986, dessin du couvercle, p. 25 et fig. 92
Hellmuth (N. M.), Monsters and Men in Maya Art, 1987, vol. II, p. 182, n° 368

Description

A la délicatesse de l’élaboration et à la finesse des parois de ce vase tripode répond la puissance et le dynamisme de la tête surnaturelle qui lui sert de poignée. Cette dernière est l’un des témoins les plus prodigieux de l’iconographie traditionnelle du « Monstre Serpent Nénuphar », identifié par Hellmuth dans son ouvrage de référence sur l’art maya (1986). Également nommé Serpent nénuphar, il fait partie des créatures surnaturelles les plus présentes dans l’iconographie maya, pour sa symbolique invoquant la légitimité et le prestige. Le Serpent nénuphar réside selon sa légende à la surface de l’eau stagnante, espace multidimensionnel où le ciel et l’eau se rencontrent. Dans la mythologie mésoaméricaine, la terre repose sur le dos d’une tortue flottant à la surface de l’eau et c’est par cet endroit que l’on accédait au monde souterrain : « Le traitement des eaux et des animaux marins chez les Mayas témoigne de leur émerveillement face à des phénomènes naturels qu’ils ont souvent imaginés et associés à des pouvoir surnaturels » (Houston in Fiery Pool, 2010, p. 78).

La tête du Serpent nénuphar est ici saisissante d’expressionisme. La gueule grande ouverte laissant apparaître une rangée de crocs est soulignée par une barbe agrémentée de perles de jade. Le museau est projeté vers l’avant et répond aux oreilles ornées d’imposants bijoux. Le visage est couronné d’une coiffure complexe comportant un médaillon central décoré d’une feuille de nénuphar au centre de laquelle pousse une autre fleur, émergeant d’un haut panache de tiges. Les perforations des yeux et de la bouche laissent supposer que ce beau récipient noir lustré fut utilisé comme encensoir, empli de copal ou d’encens ; la fumée s’échappant de la bouche féroce et des yeux grand ouverts de cette créature issue des eaux primordiales renforçait l’impression d’un univers surnaturel, en suspens. Enfin, la forme tripode de ce vase témoigne de l’influence directe du puissant centre urbain de Teotihuacan, dans les hauts plateaux mexicains, ainsi que de celles des cités mayas de la période classique.

The powerful and dynamic head of a supernatural forms the handle of this delicate and thin-walled tripod vase. The handle is one of the most finely constructed and detailed renditions of the 'Sea Anenome Headdress Monster' as initially labeled by Hellmuth in his study of Maya iconography (1986).  Also known as the Water Lily Serpent, it represents one of the ultimate supernatural creatures invoked for legitimacy and status. The Water Lily Monster resides on the surface of the water which is the multidimensional space where sky and water meet. In Mesoamerican mythology, water supported the upper world by the four points of the backs of splayed turtles or crocodiles, and water was the entry to the Underworld where creatures drove and submerged beneath. "The Maya treatment of waters and beasts demonstrates the sense of wonder they experienced with natural phenomena that could be close at hand but were more often imagined and redirected to cosmic purpose" (Houston in Fiery Pool, 2010, p. 78).

The head is composed of the gaping bearded jaw with a flattened upper jaw and curled snout, scrolled pupils, large earspools, and a headdress with a wide central medallion surmounted by a row of arching tendrils and a finial of a sprouting flower or possibly maize ear. The perforations in the eyes and mouth would have enabled smoking incense within the vessel to create a dramatic vaporous effect. The form of a slab-leg tripod lidded vessel was a direct influence from the powerful urban center of Teotihuacan in the Mexican Highlands, on the lowland Maya city-states during the Early Classic era. 

Le Soleil de Nuit : Trésors Précolombiens d'une Grande Collection Française

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Paris