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Tapisserie "la Collation" de la tenture de l’Histoire de l’Empereur de Chine, Manufacture de Beauvais, époque Louis XV, 1722-1724, d’après des cartons de Jean-Baptiste Blain de Fontenay, Jean-Baptiste Monnoyer et Guy-Louis Vernansal, sous la direction de Noël-Antoine de Mérou
Estimation
80 000120 000
Lot. Vendu 100,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Tapisserie "la Collation" de la tenture de l’Histoire de l’Empereur de Chine, Manufacture de Beauvais, époque Louis XV, 1722-1724, d’après des cartons de Jean-Baptiste Blain de Fontenay, Jean-Baptiste Monnoyer et Guy-Louis Vernansal, sous la direction de Noël-Antoine de Mérou
Estimation
80 000120 000
Lot. Vendu 100,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

Une Dynastie Américaine en Europe - Collections Eleanor Post Close & Antal Post de Bekessy

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Paris

Tapisserie "la Collation" de la tenture de l’Histoire de l’Empereur de Chine, Manufacture de Beauvais, époque Louis XV, 1722-1724, d’après des cartons de Jean-Baptiste Blain de Fontenay, Jean-Baptiste Monnoyer et Guy-Louis Vernansal, sous la direction de Noël-Antoine de Mérou
en laine et soie, représentant l'empereur de Chine à sa table sous un dais accompagné de serviteurs, la bordure d'azur semé de fleurs de lys, les écoinçons et les cartouches centraux ornés du chiffre et des armes du Garde des Sceaux Joseph de Fleuriau d'Armenonville ; (quelques usures et légères déchirures)
358 x 255 cm. ; 141 x 100 1/3 in.
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Provenance

- Offerte par la Compagnie des Secrétaires de Louis XV à Joseph Fleuriau d’Armenonville (1661-1728) en 1724
- Son fils, Charles-Jean-Baptiste Fleuriau d’Armenonville, comte de Morville (1686-1732), hôtel d’Epernon, rue Platière, Paris
- Sa fille la marquise de la Rochefoucauld-Surgères née Jeanne-Thérèse Fleuriau de Morville (1712-1768), hôtel de Surgères, rue Saint-Dominique, Paris
- Son fils Jean-François de la Rochefoucauld, marquis de Surgères (1735-1789)
- Provenant du château de Lumigny, vente Galerie Charpentier, Paris, le 12 mars 1937, lot D
- Collection Jansen

Bibliographie

Bibliographie :
-F. J. B. Watson, "The Paris collections of Madame B.", in The Connoisseur. An illustrated magazine for Collectors, Londres, vol. 155, janvier-avril 1964, p. 72

Références bibliographiques :
- J. Badin, La Manufacture des Tapisseries de Beauvais, Paris, 1909, p. 56
- E. Standen, European Post-Medieval Tapestries and Related Hangings in the Metropolitan Museum of Art, New York, 1985, vol. II, pp. 461-468
- C. Bremer-David, French Tapestries & Textiles in The J. Paul Getty Museum, Los Angeles, 1997, cat. 9, pp. 80-97
- C. Bremer-Davis, French Tapestries and Textiles in the J.P. Getty Museum, Los Angeles, 1997, pp. 90-97
- J. Coural et C. Gastinel Coural, Beauvais, Manufacture Nationale de tapisserie, Paris, 1992, p. 162
- M.-H. de Ribou, Kangxi, Empereur de Chine (1622-1722), La Cité interdite à Versailles, Paris, 2003, pp. 221-225 et p. 271

Description

Cette importante pièce, cadeau prestigieux à l’un des plus importants membres de l’Administration de Louis XV, témoigne du goût pour les chinoiseries durant la première moitié du XVIIIe siècle.


Joseph Fleuriau d’Armenonville, Garde des Sceaux du roi Louis XV

Issu de la noblesse de robe, Joseph Fleuriau d’Armenonville (1661-1728) succède à Colbert en tant que contrôleur des Finances en 1683. Il ne cessa par la suite d’obtenir des postes importants. Intendant des Finances puis membre du Conseil des Finances, il est disgracié sous Louis XIV, et regagne la confiance du Régent et de Louis XV pour qui il exercera les fonctions de secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères puis de la Marine jusqu’en 1722, date à laquelle il est nommé Garde des Sceaux. C’est pour cette occasion que les Secrétaires du Roi décident de faire tisser pour lui une tenture de six pièces déjà portée sur le métier à plusieurs reprises : la tenture de l’Histoire de l’Empereur de Chine. Le destinataire est ici identifiable par les écoinçons indiquant son chiffre ainsi que les cartouches avec les masses de Garde des Sceaux et la cassette renfermant les sceaux surmontant les armoiries d'azur à l'épervier d'argent, membré, longé et grilleté du même, perché sur un bâton de gueules, au chef d'or, chargé de trois glands, feuillés et tigés de sinople. Les armes sont entourées des colliers de l'ordre de Saint-Michel et de l'ordre du Saint-Esprit.


La tenture de l’Histoire de l’Empereur de Chine

La tenture de l’Histoire de l’Empereur de Chine dite première suite chinoise, la seconde étant réalisée d’après des cartons de François Boucher à partir de 1730, est un exemple précoce à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle de l’interprétation dans les arts décoratifs d’un exotisme fantasmé, la chinoiserie. La tenture joue également un rôle politique en mettant en avant les relations de la France avec l’Extrême-Orient et plus particulièrement la Chine de Kangxi. Il faut par ailleurs rappeler qu’en 1684 puis en 1686 Louis XIV reçut à Versailles l’ambassade de Siam. Le goût pour la Chine et ses contrées limitrophes va ainsi connaître un intérêt particulier par la circulation de récits, de gravures, d’objets et de denrées importés.

C’est au duc du Maine, fils légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan que l’on doit l’initiative du premier tissage de cette tenture en neuf pièces faite de laine, soie, fils d’argent et d’or. Entre 1684 et 1690 la manufacture de Beauvais alors dirigée par Philippe Béhagle (1641-1705) la tisse d’après des cartons de Jean-Baptiste Blain de Fontenay, Jean-Baptiste Monnoyer et Guy-Louis Vernansal. Réalisées pendant quarante années ces tentures comporteront de nombreuses variantes mais nous pouvons citer parmi les plus importantes l’Embarquement de l’Impératrice, l’Empereur en voyage, les Astronomes, l’Audience de l’Empereur (ou du prince), le Thé de l’Impératrice, la Récolte des Ananas, le Retour de la chasse, et notre pièce, la Collation. Le second tissage est réalisé pour le comte de Toulouse, frère du duc du Maine, pour son château de Rambouillet racheté à Fleuriau d’Armenonville (en partie présenté au château de Compiègne et au Getty Museum de Los Angeles). Ces différentes versions sont aujourd’hui en grande partie conservées dans de grandes institutions tels que le musée du Petit Palais, le musée du Louvre, le château de Compiègne, le musée de Tessé du Mans ou encore à l’étranger au Metropolitan Museum of Art de New York, à l’Art Insitute de Chicago, au Getty Museum, à la Residenz de Munich, etc.

La tenture offerte à Fleuriau d’Armenonville est aujourd’hui dispersée. Dans l’inventaire dressé après son décès le 27 novembre 1728, la tenture est mentionnée et comprenait « six pièces de tapisserie de Beauvais, représentant des chinois contenant 17 aunes sur 3 aunes de haut, doublée en plein toutes aux armes dudit Garde des Sceaux et fleurdelisée dans les bordures (…) 4000 livres » avec l’annotation « à l’égard des tapisseries du Sceau (…) de six pièces de la Manufacture de Beauvais représentant des chinois 7a de cours par 3 aunes de haut et de quatre portières de pareille tapisserie chacune de une aune de large par trois a ½ de haut donné à Mon dit Seigneur par la Compagnie des Secrétaires du Roy non prisé comme de droit à M de Morville ». Elle passe ensuite dans la descendance du Garde des Sceaux et on la retrouve chez sa petite-fille la marquise de La Rochefoucauld-Surgères, rue Saint-Dominique en 1760 et 1769.
Cinq pièces des six pièces sont connues et ont toutes les cinq fait partie de la même vente Me E. Ader, Paris, le 12 mars 1937, lots A-E. L’Astronome tout d’abord est conservée au musée du Louvre (Galerie Charpentier, le 12 mars 1937, lot C ; puis vente Pierre Bergé et associés à Paris, le 17 juin 2015, lot 277). La Récolte des ananas a, après la vente de 1937 (lot E), fait partie des ventes Christie’s Monaco, Collection Akram Ojjeh, le 11 décembre 1999, lot 61 ; puis Sotheby’s New York, 23 mai 2003, lot 91; et Christie’s New York, 21 juin 2012, lot 1150. L’Empereur en voyage et l’Audience de l’Empereur sont toujours en collections privées depuis la vente du 12 mars 1937 (lots A et B).

Une Dynastie Américaine en Europe - Collections Eleanor Post Close & Antal Post de Bekessy

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