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PROVENANT D'UNE PRESTIGIEUSE COLLECTION PARTICULIÈRE FRANÇAISE

Francis Picabia
MÉDÉA
Lot. Vendu 2,652,500 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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PROVENANT D'UNE PRESTIGIEUSE COLLECTION PARTICULIÈRE FRANÇAISE

Francis Picabia
MÉDÉA
Lot. Vendu 2,652,500 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

Modernités

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Paris

Francis Picabia
1879 - 1953
MÉDÉA
signé Francis Picabia (en bas au centre) et titré MEDEA (en haut à droite)
encre, crayon, aquarelle et gouache sur carton
105,9 x 76 cm; 41 3/4 x 29 7/8 in.
Exécuté vers 1929.
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Provenance

(probablement) Georges Hugnet, Paris (avant 1962)
Vente: Palais Galliera, Paris, 14 mars 1975, lot 20
Maurice Weinberg, Paris (acquis lors de cette vente)
Puis par descendance au propriétaire actuel

Exposition

Paris, Galerie Théophile Briant, Francis Picabia, 1929, no. 30
Turin, Galleria Civica d'Arte Moderna, Francis Picabia, Mezzo secolo di avanguardia, 1974-75, no. 211, reproduit dans le catalogue np.
Rome, Agenzia d'Arte Moderna et Toninelli Arte Moderna, Surrealismo, "La création d'un mythe collectif" Omaggio a André Breton, 1976, reproduit dans le catalogue p. 116 (probablement exposé)
Paris, Galeries nationales du Grand Palais, Francis Picabia, 1976, no. 182, reproduit dans le catalogue p. 153
Paris, Palais des Congrès, Picabia, Dandy et Héraut de l'art du XXe siècle, 1980-81, no. 15 (incorrectement décrit comme aquarelle sur carton)
Bruxelles, Musée d'Ixelles, Picabia 1879-1953, 1983, no. 39, reproduit dans le catalogue np.
Nîmes, Musée des Beaux-Arts, Francis Picabia, 1986, no. 77, reproduit dans le catalogue p. 83 (incorrectement décrit comme huile sur carton)
Paris, Musée d'art moderne de la Ville de Paris, Passions privées, collections particulières d'art moderne et contemporain en France, 1995-96, no. A 24-2, reproduit dans le catalogue p. 256 (incorrectement décrit comme aquarelle sur carton)

Bibliographie

Michel Sanouillet, Picabia, Paris, 1964, mentionné p. 50 et reproduit p. 122 (incorrectement décrit comme huile)
Willam A. Camfield, Francis Picabia, His Art, Life and Times, Princeton, 1979, no. 334, mentionné p. 237-238 et reproduit np. (incorrectement décrit comme aquarelle sur papier)
Marie Lluïsa Borràs, Picabia, Paris, 1985, cat no. 526, fig. 682, mentionné p. 338 et reproduit p. 354 (incorrectement décrit comme aquarelle sur carton)
William A. Camfield, Beverley Calté, Candace Clements & Arnauld Pierre, Francis Picabia, Catalogue raisonné 1927-1939, Bruxelles, 2019, vol. III, no. 1120, reproduit p. 223

Description

"Ces transparences avec leur coin d’oubliettes me permettent de m’exprimer à la ressemblance de mes volontés intérieures. […] Je veux un tableau où tous mes instincts puissent se donner libre cours."
Francis Picabia, préface de l’exposition Francis Picabia à la Galerie Léonce Rosenberg, Paris, décembre 1930

"Picabia se consacra à l’étude de la transparence en peinture. Par une juxtaposition de formes transparentes et de couleurs, la toile, pour ainsi dire, exprimait la sensation d’une troisième dimension sans l’aide de la perspective. Prolifique, Picabia appartient à ce type d’artistes qui possède l’outil parfait : une infatigable imagination…". C’est en ces termes élogieux que Marcel Duchamp décrivait la mythique série des Transparences de Picabia, dont Médea s’impose comme l’un des exemples les plus aboutis et les plus sophistiqués.

Les premières œuvres de ce cycle furent peintes en 1927 et exposées à la Galerie Théophile Briant en 1929, exposition célèbre dans laquelle figura précisément Médea. Ces compositions complexes et poétiques, puisant leurs sources dans les canons esthétiques de la Renaissance italienne et de l’Antiquité gréco-romaine, séduisirent immédiatement un vaste public.

1929, année d’exécution de Médea, inaugure la seconde période des transparences, avec des œuvres à la complexité et au raffinement accrus. Ainsi que l’analyse Michel Sanouillet, "ainsi faut-il aborder les transparences : elles se présentent d’abord comme un entrelacs inextricable et plus ou moins gracieux de lignes et de volumes, qu’il faut renoncer à appréhender dans son ensemble autrement que sous la forme d’une vague impression ou d’une sensation confuse. Peu à peu cependant, les groupes s’organisent, se scindent et l’on peut commencer à pénétrer dans le tableau, à s’y enfoncer avec la lenteur que commande l’accommodation".

Œuvre à la virtuosité époustouflante, composée de visages, figures animales et végétales entremêlés, Médea met en scène un des mythes antiques les plus célèbres, celui de Médée et Jason. Ainsi que le souligne William Camfield, Médea est l’une des rares transparences pour lesquelles la relation entre le titre et l’image apparaît évidente. La tête de bélier, le dragon, le masque antique et les multiples serpents, que Médée avait le pouvoir de charmer, sont ainsi autant d’allusions à cet épisode de la mythologie grecque, dans lequel Médée, fille du roi de Colchide, aide de ses pouvoirs magiques Jason et les Argonautes dans leur quête de la Toison d’or.

Comme dans la plupart des transparences, l’œuvre est jalonnée de multiples références picturales. Pour Médea, Picabia a ainsi multiplié les emprunts à Sandro Botticelli, son artiste de prédiction. Deux des visages de la composition sont ainsi inspirés par la Vierge à la grenade de Botticelli (1497, Florence, Musée des Offices) tandis que les traits du troisième visage reprennent exactement ceux de la Vénus de Vénus et Mars (1483, Londres, National Gallery). Les roses parsemant la composition et la représentation du souffle du vent sont quant à elles à n’en pas douter un emprunt à la célèbre Naissance de Vénus (1483, Florence, Musée des Offices) tandis que la tête de bouc visible au centre de l’œuvre fait écho aux cervidés représentés par Botticelli dans sa fresque des Epreuves de Moïse (1481-82, Rome, Chapelle Sixtine). Composition à la complexité exceptionnelle, Medea s’impose non seulement comme un magnifique hommage rendu à l’un des plus grands maîtres de la Renaissance italienne mais également comme une véritable plongée au cœur de l’univers onirique de Francis Picabia.

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