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Chateaubriand, François-Auguste-René

[83 lettres autographes à Cordélia Greffulhe, comtesse de Castellane].
Du 7 juin 1824 au 21 juillet 1826.

PRECIOUS AND VERY INTERESTING CORRESPONDENCE BETWEEN CHATEAUBRIAND AND CORDELIA GREFFULHE, THE GREAT LOVE OF HIS LIFE DURING THE PERIOD WHEN HE HAD REACHED THE PEAK OF HIS BRILLIANT DIPLOMATIC CAREER.
Estimation
100 000150 000
Lot. Vendu 168,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Chateaubriand, François-Auguste-René

[83 lettres autographes à Cordélia Greffulhe, comtesse de Castellane].
Du 7 juin 1824 au 21 juillet 1826.

PRECIOUS AND VERY INTERESTING CORRESPONDENCE BETWEEN CHATEAUBRIAND AND CORDELIA GREFFULHE, THE GREAT LOVE OF HIS LIFE DURING THE PERIOD WHEN HE HAD REACHED THE PEAK OF HIS BRILLIANT DIPLOMATIC CAREER.
Estimation
100 000150 000
Lot. Vendu 168,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

100 Books, Manuscripts, Documents and Objects from the Pierre Leroy Collection

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Paris

Chateaubriand, François-Auguste-René

[83 lettres autographes à Cordélia Greffulhe, comtesse de Castellane].
Du 7 juin 1824 au 21 juillet 1826.

PRECIOUS AND VERY INTERESTING CORRESPONDENCE BETWEEN CHATEAUBRIAND AND CORDELIA GREFFULHE, THE GREAT LOVE OF HIS LIFE DURING THE PERIOD WHEN HE HAD REACHED THE PEAK OF HIS BRILLIANT DIPLOMATIC CAREER.

179 pages in-4 (230 x 180 mm ou 250 x 200 mm) et 57 pages in-8 (198 x 124 mm ou 205 x 130 mm), à l’encre noire sur divers papiers vélin. Certaines signées d’un simple « C » barré, d’une croix ou, d’un « Ch » et d’une croix.
Une lettre est de la main du secrétaire de Chateaubriand, Hyacinthe Pilorge.
Un poème manuscrit a été calligraphié sur les 2 pages petit in-4 d’un double feuillet, joint à la lettre du 3 janvier 1826. Quelques demi-pages.

Les lettres comportent en tête, à l’encre, les lieux et dates de réception de la main de la destinataire. Plusieurs lignes et certains mots ont été biffés postérieurement au crayon. La plupart des noms indiqués par une initiale ont été complétés au crayon.

L’ensemble est en excellent état de conservation (la dernière lettre un peu déchirée a été renforcée), avec quelques rousseurs et salissures sans gravité. Chaque lettre est montée sur onglet et l’ensemble relié à l’époque en un volume.

Cartonnage de l’époque. Bradel pleine toile verte à grain long, dos lisse orné de filets à froid, nom de l’auteur en lettres dorées.
Légers frottements.


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Provenance

Louis Barthou (ex-libris,  I, 1935, n° 386).

Bibliographie

Cette correspondance fut publiée dans son intégralité sauf quelques petits retranchements (le poème calligraphié n’a pas été transcrit dans la publication), par la descendance de Cordelia de Castellane la première fois dans la Revue de Paris (numéros des 1er et 15 août 1925) puis en volume par les Éditions Plon en 1927.

Description

Ces lettres se situent entre le passage de Chateaubriand au Ministère des Affaires étrangères et sa nomination comme ambassadeur à Rome, alors qu’il s’adonne à la polémique dans le camp de l’opposition libérale et prépare la première édition de ses œuvres complètes. La première des lettres, datée du 7 juin 1824 est un billet qui annonce : « Je ne suis plus ministre. Je vous verrai toujours à deux heures. » La dernière lettre est datée du 21 juillet 1826.

Louise-Cordélia-Eucharis Greffulhe (1796-1847), fille d’un banquier anobli par la Restauration, avait épousé en 1813 le futur maréchal de France Boniface de Castellane. La comtesse de Castellane devint la maîtresse de Chateaubriand en 1823. Pour elle, il délaissa Juliette Récamier qui, blessée, partit alors pour Rome oublier son amant volage. C’est à elle que Chateaubriand emprunta les traits de la maîtresse du duc de Guise, Marcelle de Castellane, dans sa Vie de Rancé.

Cette correspondance manuscrite complète témoigne de l’extraordinaire passion qui illumina la vie de l’écrivain durant plusieurs années. Cette passion fut une des plus vives de toute sa vie sentimentale, passion dans laquelle il ne se « reconnaît » plus lui-même, comme il l’écrit en décembre 1825 : « Je ne me reconnais plus en voyant ces longues lettres que je vous écris ; moi, qui n’ai jamais écrit plus d’une douzaine de lignes dans ma vie à mes amis ». Certaines de ces lettres montrent l’emballement de la passion et les subterfuges auxquels l’écrivain doit se plier pour entretenir le feu de sa correspondance : « Savez-vous que je ne reconnais plus votre bonne tête. Vous me dites d’écrire à Cauterets, et j’écris. Vous me dites d’écrire ensuite poste restante à Pau, et j’écris. Maintenant c’est à Bayonne qu’il faut écrire (…) Mais vous oubliez toujours ainsi qu’il faut que vos lettres aient le temps d’arriver et les miennes de vous parvenir. (…) je prendrai mes précautions et j’écrirai double. (…) » (31 août 1825).

Dans ces lettres d’une grande vivacité, où sont évoqués de nombreux personnages proches de l’écrivain tels Custine, Joubert, la duchesse de Duras ou Juliette Récamier, sont également mentionnés certains de ses livres, comme Le Génie du Christianisme ou Les Martyrs, recommandant à sa correspondante les descriptions des paysages italiens qu’ils contiennent, et, naturellement, ses Mémoires en cours : « N’êtes-vous pas libre aussi, précisément comme moi, par vos malheurs ? De l’ambition, je n’en ai point, je n’en ai jamais eu. J’ai l’habitude de l’exil et de la terre étrangère. J’ai beaucoup d’ouvrages à achever et peu d’années à vivre. Mes mémoires surtout et mon histoire de la Restauration me tiennent au cœur. C’est là où l’avenir trouvera mes ennemis tels qu’ils sont. » Il n’oublie pas, alors que Cordélia est sur le point de visiter Rome, de lui indiquer les lieux d’un pèlerinage tout personnel : « (…) peut-être êtes-vous maintenant sur la route de Rome. (…) Vous allez voir de grandes ruines. C’est une grande distraction. Ici, nous en voyons de bien petites, et cela n’occupe guère. Dites-moi bien comment vous avez trouvé cette Rome qui me plaisait tant. Me ferait-elle le même effet aujourd’hui. Quand on devient vieux, on craint peut-être les vieilles choses ; elles nous appellent où quelquefois on a la faiblesse de ne vouloir pas aller. (…) Visitez enfin le tombeau de cette pauvre Mme de Beaumont que j’ai vu mourir si délaissée, n’ayant que moi pour recueillir son dernier soupir, ayant perdu tous ses parents massacrés, et pour laquelle j’ai été trois ans un garde-malade avec le pauvre Joubert, qui lui lui-même a disparu. » (17-20 décembre 1825). Les dernières lettres témoignent d’une impatience douloureuse : « Je vous écrirai toutes les lettres que vous voudrez. Je suis toujours un pauvre boiteux. Venez, venez, for ever. » (3 juillet 1826). « J’aurai peut-être une lettre de vous ce soir, c’est jour de courrier, mais je n’y compte pas. Voilà le courrier, et, comme je le prévoyais, il n’y a pas de lettre de vous. » (21 juillet 1826).

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