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Émile Bernard
LES FANEUSES DANS UN PRÉ, 1887
Estimation
150 000200 000
Lot. Vendu 289,500 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Émile Bernard
LES FANEUSES DANS UN PRÉ, 1887
Estimation
150 000200 000
Lot. Vendu 289,500 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

Ginette et Alain Lesieutre, Collection Privée

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Paris

Émile Bernard
LES FANEUSES DANS UN PRÉ, 1887
huile sur toile


Signé Emile Bernard et daté 1887 en bas à gauche
35,5 x 43,5 cm ; 14 x 17 1/8 in.
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Provenance

Maître Georges Blache, Versailles, 7 juin 1978, lot 15

Exposition

Japon, Gifu, Gifu Museum of Art, Tournant de la peinture entre la seconde moitié des années 1880 et les années 1890, théories artistiques et peinture française, 1993, no. 47
Paris, Galerie Malingue, Emile Bernard, époque de Pont-Aven, 21 mai - 17 juillet 2010

Bibliographie

Tournant de la peinture entre la seconde moitié des années 1880 et les années 1890, théories artistiques et peinture française, catalogue d'exposition, Japon, Gifu, Gifu Museum of Art, 1993, reproduit p. 38
Emile Bernard, époque de Pont-Aven
, catalogue d'exposition, Galerie Malingue, Paris, 21 mai - 17 juillet, 2010, reproduit
Jean-Jacques Luthi et Armand Israël, Emile Bernard Instigateur de l'Ecole de Pont-Aven Précurseur de l'art moderne, Sa vie, Son Œuvre, Catalogue raisonné, Paris, 2014, no. 137, reproduit p. 160

Description

L'authenticité de cette œuvre a été confirmée par Béatrice Recchi Altarriba.

Peinte en 1887, Les Faneuses dans un pré est une œuvre clef qui atteste l’acuité et l’audace de la vision d’Emile Bernard.

En 1886, renvoyé de l’atelier de Ferdinand Cormon où Anquetin et Toulouse-Lautrec sont ses camarades, il découvre la Bretagne, couchant dans les granges et partageant le pain des cultivateurs. En cette année qui est également celle de la huitième et dernière Exposition Impressionniste, il peut voir en octobre à Paris les travaux de Seurat et Signac. Mais l’examen des tableaux divisionnistes le laisse insatisfait : si le procédé est pertinent pour la production vibrante de la couleur, il a pour effet de la dépouiller. Bernard se met en quête du procédé contraire.

En mars 1887, Bernard décide d’abandonner le néo-impressionnisme pour un nouveau style où, faisant le choix d’une simplification chromatique conjointe à une intensification de la couleur, les idées dominent la forme. Le cloisonnisme comme procédé et le symbolisme comme thème se profilent. Au printemps de la même année, Bernard revient en Bretagne ; en juillet, il est à Pont-Aven. A ce moment-là, il est encore distant de Gauguin qui est en Martinique et murit le Synthétisme qui éclot en 1888, l’année où Bernard et Gauguin vivent à la pension Gloanec une période collaboration intense et fructueuse. Le Talisman de Sérusier dont les Nabis feront une icône n’est pas loin non plus.
En 1887, à l’époque où il peint Les Faneuses dans un pré, c’est Van Gogh que Bernard fréquente. Les deux peintres s’étaient rencontrés à la boutique du Père Tanguy où Bernard prend l’habitude de déposer des œuvres dès 1886.

Parcourue de touches brèves en oblique qui ne sont pas sans évoquer la manière symptomatique de Van Gogh, Les Faneuses dans un pré fait la part belle à des hardiesses chromatiques d’une remarquable maturité. A un moment de grande ébullition, dans le champ du paysage archaïque d’une Bretagne millénaire, c’est dans la conjonction inédite de la touche et de la couleur que s’opère la symbiose entre l’homme et la terre.

Ginette et Alain Lesieutre, Collection Privée

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Paris