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Simon Hantaï
M.C.7 (MARIALE)
Estimation
2 000 0003 000 000
Lot. Vendu 2,409,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Simon Hantaï
M.C.7 (MARIALE)
Estimation
2 000 0003 000 000
Lot. Vendu 2,409,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

Art Contemporain Evening Sale

|
Paris

Simon Hantaï
1922 - 2008
M.C.7 (MARIALE)
signé, titré et daté 1962; signé, titré, daté 1962 au dos
huile sur toile
220 x 210,5 cm; 86 5/8 x 82 7/8 in.
Exécuté en 1962.
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Provenance

Collection particulière, France (acquis directement auprès de l'artiste en 1962)
Acquis auprès de cette dernière par le propriétaire actuel

Exposition

New York, Mnuchin Gallery, Simon Hantaï, Pliage: The First Decade, 28 avril - 26 juin, 2015; catalogue, p. 35, illustré en couleurs sur la couverture (recto et verso)

Bibliographie

Geneviève Bonnefoi, Hantaï, Ginals, 1973, np., illustré
Kalman Maklary, Simon Hantaï, Volume II, 1960-2001, Budapest, 2013, p. 97, illustré en couleurs

Description

m.c. 7 est sans nul doute l’une des œuvres les plus fortes et mystérieuses que Simon Hantaï ait jamais réalisées.

Empruntant de nombreux chemins artistiques de son arrivée à Paris au début des années cinquante à la découverte du pliage à l’aube de la décennie suivante, Hantaï s’inspire dans un premier temps des primitifs italiens avant de se rapprocher des surréalistes, de s’intéresser à l’abstraction énergique de Georges Mathieu et plus encore à celle de Jackson Pollock qu’il découvre dès 1951 à l’Etoile scellée. A partir de 1958-1959, années où il exécute Peinture (Écriture rose) et A Galla Placidia, Hantaï prend définitivement ses distances avec ses contemporains et entame sa propre révolution. A travers ces deux toiles majeures peintes simultanément, l’une le matin, l’autre l’après-midi, et parsemées de lettres et de signes faisant référence aux textes religieux et philosophiques qui constituent son univers spirituel de l’époque, Hantaï s’émancipe et se radicalise. Dès lors, il n’est plus qu’à une encablure de la révélation du « pliage comme méthode », qui prendra forme de façon tout à fait fulgurante l’année suivante avec les Mariales et ne cessera de s’enrichir jusqu’en 1982 à travers huit séries successives correspondant à huit processus distincts qui ont chacun apporté leur pierre à l’édifice de la grande histoire de l’art.

La série des Mariales comprend 27 toiles réparties en quatre groupes : 8 m.a., 6 m.b., 9 m.c. et 4 m.d, 7 d'entre elles étant déjà conservées dans des collections publiques. La série a correspond aux toiles régulièrement pliées, la b aux monochromes, la d aux œuvres préalablement éclaboussées de peinture et la c, celle qui nous intéresse plus particulièrement ici, aux toiles elles aussi préalablement éclaboussées de peinture noire mais se différenciant de la précédente par le fait que chaque œuvre soit pliée à deux reprises, laissant apparaître de plus larges aplats de couleur faisant écho aux parties en réserve d’une façon saisissante.

Dans cette constellation, m.c. 7 occupe une place à part, comme le suggère Dominique Fourcade à la page 97 du catalogue de la rétrospective Simon Hantaï au Centre Pompidou, « la surface de la peinture apparaissant comme déchirée, déchiquetée même – travaillée par (…) le plus raffiné des vandales. » Le procédé de pliage en grands segments de toiles qui se recoupent les uns les autres atteint là sa perfection, les positifs et les négatifs s’affrontant sauvagement. Au cœur de cette composition à la fois particulièrement lumineuse et particulièrement brute, faisant par certains côtés penser aux combustions de Burri ou de Klein,

le réseau formel qui se déploie révèle non seulement les passions antagonistes qui animent l’artiste mais aussi l’immense liberté qui anime son œuvre. Il faut dire que, pour la mettre à jour, Hantaï a accepté de travailler en partie « à l’aveugle », laissant le hasard intervenir dans le processus créatif et échappant par-là aux conventions qui définissent le travail traditionnel du peintre.

Avec ses accents bleus cobalt et saphir conférant à la toile en réserve une densité rare, m.c.7 nous rappelle aussi mieux que nulle autre Mariale à quel point le titre de la série est à propos. Car quelle autre palette pourrait mieux nous ramener au traitement du manteau protecteur de la Vierge des Primitifs italiens qu'Hantaï découvre à Ravenne mais aussi aux bouleversants drapés bleus électriques du Greco, étirés entre ciel et terre dans une suspension tourbillonnante. De tout temps, les drapés ont été des motifs iconographiques essentiels, transcription d’étoffes parfois soyeuses, parfois brillantes, parfois tourmentées. Mais dans m.c.7, ils prennent un nouveau tour permettant d’aborder l’Art dans sa nudité paradigmatique. Sauvagement déployé par l’artiste de façon quasi-mécanique, le drapé revêt ici une dimension métaphysique quasi-mystique.

Art Contemporain Evening Sale

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Paris