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Pablo Picasso
COMPOTIER SUR UN MEUBLE, 18 FÉVRIER 1920
Estimation
200 000300 000
Lot. Vendu 285,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Pablo Picasso
COMPOTIER SUR UN MEUBLE, 18 FÉVRIER 1920
Estimation
200 000300 000
Lot. Vendu 285,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

Jacques Grange | Collectionneur

|
Paris

Pablo Picasso
1881 - 1973
COMPOTIER SUR UN MEUBLE, 18 FÉVRIER 1920
gouache sur papier
Signé Picasso, daté 18-2-20, dédicacé Pour Eugénia et numéroté 2 au dos
15,8 x 10,9 cm ; 6 1/4 x 4 1/4 in.
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Provenance

Eugenia Errasuriz, Paris et Biarritz (don de l'artiste)
Collection particulière, France (dès 1925 environ)
Vente Sotheby's, Londres, 4 février 2004, lot 464
Collection Jacques Grange, Paris

Description

L'authenticité de cette œuvre a été confirmée par Claude Picasso.


Datant de 1917-1918, Compotier sur un meuble est une œuvre qui signe la maturité – voire l’aboutissement - du cubisme synthétique de Picasso et sert par ailleurs et sur un autre plan, de prélude à une période de bonheur personnel qui coïncide avec l’éclosion de nouvelles voies artistiques.

Quelques mois après que Cocteau le présente à Diaghilev et que s’ouvre la période des Ballets Russes, Picasso exécute Compotier sur un meuble. Cette juxtaposition qui va jusqu’à l’enchevêtrement des styles sans le moindre anachronisme ou sans la moins faute de goût, est peut-être l’un des traits les plus stupéfiants de Picasso. L’ordre et la stabilité silencieuse de Compotier sur un meuble ne sont pas – le génie de Picasso et l’infini de sa pensée plastique nous semblent ancrés dans cette négation – incompatibles avec les rideaux en grand mouvement, la bigarrure des étoffes et jusqu’aux plus classiques de ses portraits au trait réalisés au même moment. A partir du genre qui sera le genre fétiche des Cubistes, autrement dit le genre de la nature-morte, Picasso ne cesse, avec une ardeur et une rigueur qu’exige la perpétuelle remise en question de son art, d’interroger la forme. Dans cette œuvre condensée, d’un synthétisme consommé, Picasso fait une fois de plus et à partir de rien, la démonstration de la possibilité d’un nouvel ordonnancement des formes auquel le monde visible ne suffit pas. La recherche est sévère. Mais quel équilibre. L’harmonie des formes reconstruites est appuyée par la cohérence des tons. La cohérence des gris, des bruns, des noirs plus denses, des blancs crus et des ocres, est d’autant plus évidente, que d’une gamme chromatique sourde mais quelque peu heurtée, l’on perçoit les accords d’une inavouée douceur.

En 1916, dans le cadre naissant des Ballets Russes, Picasso rencontre Olga Khokholova, jeune et belle danseuse brune née dans l’Empire russe. Picasso l’épouse à Paris en 1918 en la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky. Cocteau, Apollinaire et Max Jacob sont les témoins de l’union. Paulo nait en 1921. Les portraits de l’être aimée dont Olga à la mantille et Olga au fauteuil sont parmi les plus beaux. A Biarritz, les jeunes mariés passent leur voyage de noce dans la maison d’Eugenia Errasuriz. Plusieurs fois photographiée par Man Ray, figure élégante incontournable de la mode et du goût dès avant la fin du XIXème siècle, Eugenia fut la propriétaire initiale de l’œuvre. Picasso lui en avait fait cadeau. En 1915, c’est Cocteau qui les avait présentés l’un à l’autre. Elle lui présentera le roi d’Espagne. Picasso règnera sur le siècle.

Jacques Grange | Collectionneur

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Paris