43
43
Pompeo Batoni
PORTRAIT D'UN GENTILHOMME
Estimation
150 000250 000
Lot. Vendu 175,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
ACCÉDER AU LOT
43
Pompeo Batoni
PORTRAIT D'UN GENTILHOMME
Estimation
150 000250 000
Lot. Vendu 175,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
ACCÉDER AU LOT

Details & Cataloguing

Paris-Rome : une Alliance Artistique

|
Paris

Pompeo Batoni
LUCQUES 1708 - 1787 ROME
PORTRAIT D'UN GENTILHOMME
Signé, situé et daté en bas à gauche POMPEO. BATONI. PINSE / ROME 1779
Huile sur toile


98,5 x 73,5 cm ; 38 3/4 by 29 in
Lire le rapport d'état Lire le rapport d'état

Provenance

Collection du Comte Andrea di Robilant, Venise ;
Vente Galerie Bellini, Florence, 24 mai 1933, n°181 ;
Vente Christie's Londres, 29 juin 1979, n°97 ;
Vente Christie's Londres, 8 juillet 1988, n°84 ;
Collection W. Apolloni, Rome, 1989

Bibliographie

G. Mondalori, Catalogo Bolaffi dell Pitura Italiana del'60 et del'700 ; n°3, Turin, 1980, p. 12, ill. ;
A. M. Clark, Pompeo Batoni, Oxford, 1985, p. 350, n°420, fig. 377

Description

Contemporain du peintre, le grand collectionneur français Pierre-Jean Mariette (1694-1774) disait de Batoni qu’il avait : « un pinceau séduisant et qu’il donne dans le grand fini, il plaît et ne peut suffire aux commissions dont on le charge. Il est surtout fort occupé à faire des portraits, qu’il se fait payer fort chèrement.[1] ». Par cette description — certes un peu lapidaire— de la personnalité de Batoni, Mariette résumait bien l’immense notoriété de l’artiste, parti d’une modeste ville de Toscane, pour devenir le portraitiste le plus couru d’Italie. Fils d’un orfèvre de la ville de Lucques, il avait gagné Rome à l’âge de quinze ans pour porter un calice réalisé par son père Paolino Batoni, au pape Benoit XIII. Etait-ce ce premier apprentissage de ciseleur qui avait donné à ses œuvres un tel degré de précision, de « grand fini » comme l’écrivait Mariette ? En tout cas, son art soyeux de la représentation trouva une belle réception dans ce XVIIIe siècle avide, jusqu’à l’excès, de portraits raffinés.

Batoni avait été repéré à vingt-quatre ans par le comte Gabrielli qui l’avait trouvé occupé à recopier un bas-relief sur une place romaine. Le comte séduit par la finesse de son trait, lui commanda un tableau d’autel pour sa chapelle familiale de l’église San Gregorio al Celio. Le grand genre des peintures religieuses formèrent ainsi un pan important de sa carrière, mais ce furent ses portraits qui lui amenèrent cette immense reconnaissance dans toute l’Europe. Batoni se tourna presqu’exclusivement vers ce genre dans les années 1750, s’inspirant très littéralement des poses de Van Dyck, comme en témoigne le spectaculaire portrait de Thomas Williams Coke, à l’Holkham Hall de Norfolk reprenant la pose du portrait Robert, deuxième comte de Warwick par Van Dyck, aujourd’hui conservé au MET. Sa manière de placer les intellectuels, connoisseurs et amateurs éclairés devant des monuments romains dans postures flatteuses lui valut un franc succès. Sans surprise, par leur saveur assez anglaise, les portraits de Batoni furent extrêmement prisés par la clientèle anglo-saxonne, écossaise, irlandaise. « If Lord Cholmondeley goes to Rome, pray tell him I wish he would bring me a head of himself by Pompeo Battoni (sic) » écrivait ainsi Horace Walpole en 1771[2]. Batoni s’était lié en ces temps au cardinal Alessandro Albani (1692-1779), très intégré à cette noblesse du Nord et qui envoyait en masse ces étrangers se faire portraiturer par l’artiste. Notre portrait daté de 1779 s’inscrit entièrement dans cette période de fortes demandes anglaises. D’ailleurs le modèle avec son élégance subtile, son chapeau à bords plats retournés appelé quaker, et sa veste du dessus tenant plus du frac anglais que de l’habit de cour pourrait tout à fait faire partie de cette jeunesse privilégiée s’offrant les services de Batoni. N’ayant aucun attribut sinon ces élégants vêtements de la mode du temps, il est aujourd’hui malheureusement impossible d’identifier ce jeune homme distingué. Il se rapproche bien d’autres jeunes anglais peints Batoni et l’on retrouve un frac fort semblable porté par l’architecte John Corbet of Sundorne Castle dans le portrait conservé au Wortcester Art museum, mais aucun autre portrait connu de Batoni semble représenter exactement le même jeune homme.

Cependant, et malgré cet anonymat fâcheux, ce portrait témoigne bien de l’attrait qu’exerça le peintre des îles britanniques à l’Autriche où il avait réalisé le double portrait de Joseph II et Léopold II.

[1] A. de Montaiglon, Abecedario de P. J. Mariette (…), t. I, Paris, 1853, p. 80

[2] E. Peters Bowron & P. Björn Kerber, Pompeo Batoni Prince of Painters in Eighteenth-Century Rome, cat. Exp. Londres, 2008, p. 37

Paris-Rome : une Alliance Artistique

|
Paris