412
412

PROVENANT DE LA COLLECTION TONY HERBERT

Gustave de Smet
LES AMANTS
Estimation
300 000400 000
Lot. Vendu 588,500 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
ACCÉDER AU LOT
412

PROVENANT DE LA COLLECTION TONY HERBERT

Gustave de Smet
LES AMANTS
Estimation
300 000400 000
Lot. Vendu 588,500 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
ACCÉDER AU LOT

Details & Cataloguing

Art Impressionniste et Moderne

|
Paris

Gustave de Smet
1877 - 1943
LES AMANTS
signé Gust. De Smet (en bas à droite)
huile sur toile
133 x 115 cm; 52 3/8 x 45 1/4 in.
Peint en 1931.
Lire le rapport d'état Lire le rapport d'état

Provenance

Paul-Gustave & Norine Van Hecke, Bruxelles
Robert Giron, Bruxelles
Galerie Louis Manteau, Bruxelles
Fernand Graindorge, Liège
Tony Herbert, Courtrai
Puis par descendance au propriétaire actuel

Exposition

Bruxelles, Galerie Georges Giroux, Collection Jean Pirard, 1936, no. 129
Venise, XXIIe Esposizione Internazionale Biennale di Venezia, 1940, no. 37
Lyon, Musée des Beaux-Arts, La Peinture Belge contemporaine, 1950, listé no. 32 n.p.
Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, Gustave de Smet (1877-1943), 1950, no. 55, reproduit n.p.
Maastricht, Bonnefanten-Museum, Werken van Gust. De Smet, 1951, listé no. 31
Groningen, Genootschap Pictura, Werken van Gust. De Smet, 1951, listé no. 31
Charleroi, Cercle Artistique, Salle de la Bourse, XXVIIe Salon, 1953, no. 44, reproduit n.p.
Lille, Palais des Beaux-Arts, L'expressionnisme flamand, 1953, listé no. 25
Eindhoven, Stedelijk Van Abbemuseum, Vlaamse Expressionisten : Constant Permeke, Frits Van den Berghe, Gust. De Smet, 1954-55, no. 48, reproduit n.p.
Sao Paulo, Museu de Arte Moderna, IIIe Biennal, 1955, no. 30 (probablement)
Louvain, Universitair Kunstcentrum, Synthese van het Vlaams Expressionisme, 1955, no. 19 (probablement)
Tournai, Musée des Beaux-Arts, Les Maîtres de l'Art Contemporain, 1956, no. 17, listé p. 8
Gand, Museum voor Schone Kunsten; La Haye, Gemeentemuseum; Hasselt, Aan de Toren; Ostende, Kursaal; Groningen, Museum van Stad en Ommelanden; Charleroi, Palais des Beaux-Arts, Verzameling Tony Herbert, 1957, no. 11, n.p.
Ostende, Feestpaleis, Het Vlaams Expressionisme, 1961, no. 31, reproduit n.p.
Anvers, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten, Gustave De Smet Retrospectieve tentoonstelling, 1961, no. 180, ill. 59, reproduit p. 134
Luxembourg, Musée d'art et d'histoire, Collection Tony Herbert, 1963-64, no. 32, listé n.p.
Stuttgart, Württembergischer Kunstverein, Belgische Künstler von der Jahrhundertwende bis zur Gegenwart, 1963, no. 152, reproduit n.p.
Munich, Haus der Kunst, Europäischer Expressionismus, 1970, no. 164, reproduit n.p.
Paris, Musée National d'Art Moderne, L'Expressionnisme européen, no. 147, reproduit n.p.
Rome, Galleria Nazionale d'Arte Moderna, Expressionisti fiamminghi da Ensor a Permeke, 1977, no. 71, reproduit n.p.
Belgrade, Musée d'Art Contemporain, 1977
Eindhoven, Stedelijk Van Abbemuseum, Verzameling Tony Herbert, 1999, reproduit p. 38
Deurle, Museum Dhondt-Dhaenens, The Tony Herbert Collection: Jean Brusselmans, Gust De Smet, Constant Permeke, Edgard Tytgat, Frits Van den Berghe, Rik Wouters, 2011, reproduit p. 76

Bibliographie

Paul Haesaerts, 'Gustave De Smet of de Hartstocht voor de Stilte', in Beeldende Kunst, 12 avril 1940, reproduit p. 4
P. G. Van Hecke & Emile Langui, Gust. De Smet. L'homme et son oeuvre, Bruxelles, 1945, no. 446, reproduit pl. 67 n.p.
Leo Van Puyvelde, Gustave De Smet, Anvers, 1949, no. 15, reproduit n.p.
H. Casteur & A. Smeets, Inleiding tot de hedendaagse schilderkunst, Bruges, 1959, p. 121
Paul Haesaerts, Laethem-Saint-Martin, le village élu de l'art flamand, Bruxelles, 1965, no. 190, reproduit p. 429

Description

GUSTAVE DE SMET, CONSTANT PERMEKE, RIK WOUTERS : TROIS CHEFS D'OEUVRES DE L'ART BELGE
(LOTS 412-414)

Tony Herbert (1902-1959) fut l’un des plus importants collectionneurs belges de son époque. Après des études d’ingénieur à l’Université de Louvain, il s’installa à Courtrai en 1928 où il occupa des fonctions de direction au sein de la filature "Kortrijkse Katoenspinnerij". Dès la fin des années 1930, Tony Herbert commença à acquérir des œuvres d’art mais c’est surtout après la deuxième guerre mondiale que sa collection s’étoffa.

Tony Herbert s’intéressa en premier lieu à l’œuvre de Gustave De Smet. Dès 1946, il avait ainsi réuni un ensemble de plus de soixante tableaux et dessins de l’artiste. Il fit également de nombreuses acquisitions par l’intermédiaire de la galerie Apollo à Bruxelles, parmi lesquelles des œuvres d’Edgard Tytgat, Jean Brusselmans et Rik Wouters. A l’issue de la seconde guerre mondiale, Herbert continua à enrichir sa collection avec des œuvres de ces trois artistes, auxquelles il ajouta celles de Constant Permeke. Pour lui, ces artistes incarnaient parfaitement toute la force de l’art. L’originalité du travail de ces artistes s’inscrivait ainsi parfaitement dans la grande tradition de la peinture ancienne tout en se faisant l’écho de la vie contemporaine.

Les événements qu’organisa le couple Herbert pour mettre à l’honneur ces artistes dans leur maison Sporenhof marquèrent les esprits. La façon visionnaire qu’avait Herbert de défendre les qualités de "ses" artistes auprès d’un vaste réseau contribuèrent beaucoup à leur renommée internationale.

Dans un texte de 1963, Emile Langui rend hommage en ces termes au rôle joué par Herbert : "L'enthousiasme passionné qu'il avait pour Permeke était le résultat de sa vigoureuse nature, mais il subissait tout en même temps l'influence douce et tentatrice d'un Tytgat et d'un De Smet, ce qui démontre assez la finesse, l'élégance et la sensibilité extrême de son tempérament d'esthète et de son caractère trempé de volonté et d'énergie. [...] Peut-être atteignons-nous ici l'essence même de l'influence et de l'autorité de Tony Herbert dans l'art de ses contemporains : un mélange subtil d'ordre et d'instinct, d'harmonie et d'exubérance, de mesure et de fougue, d'objectivité et de fantaisie."

Tony Herbert est décédé en octobre 1959, à l’âge de 57 ans. Les trois œuvres ici présentées étaient encore visibles en 1962 et 1963 à Courtrai (Stedelijk Museum), Almelo (De Waag), Amersfoort (Zonnehof) et Blankenberge (Kursaal). Une partie de la collection Tony Herbert fut acquise par des musées. En octobre 1985, la ville de Bruges approuva l’acquisition de quinze tableaux et sculptures provenant de sa collection. En mai 2010, une seconde acquisition de six tableaux enrichit encore la collection des musées brugeois. Les trois œuvres présentées ici font partie des dernières œuvres qui soient encore en mains privées.


"L'apport fait par Gustave De Smet à l'art flamand est certes considérable; le mouvement esthétique le plus significatif que la Belgique ait connu entre les deux guerres lui doit une partie de son existence. (...) Si De Smet fut l'un de ceux qui déchaina les forces expressionnistes, il fut par contre celui qui sut les maitriser et s'en servir pour formuler les principes d'un art fait d'équilibre, de sagesse, d'ordonnance classique, mais aussi d'un art qui reste bouillonnant de ses intimes forces concentrées."
Paul Haesaerts, Laethem-Saint-Martin, Le village élu de l'art flamand, p. 298


Peint en 1931, Les Amants est une œuvre caractéristique de la série de couples intemporels peints par Gustave De Smet alors qu’il est au sommet de son art.

Figure emblématique de l’expressionnisme européen, Gustave De Smet commença à peindre au tout début du 20ème siècle. C’est pendant la première guerre mondiale que son style évolua radicalement sous l’influence conjointe des différents mouvements artistiques européens, tels que le Fauvisme, le Cubisme et l’Expressionnisme. Dès cette époque, son style éminemment personnel s’affirma, langage pictural synthétique peuplé de figures à la monumentalité silencieuse. Ce vocabulaire plastique si identifiable a pu être qualifié d’"expressionnisme constructif" par certains historiens de l’art : expressionnisme, en raison de l'attention portée aux émotions intérieures qui se manifestent sous la surface des choses, et constructif en raison de l'expression de ces émotions dans un langage formel intellectuellement maîtrisé, au moyen d'un coloris bien équilibré.

Cette démarche, visant à une symbiose féconde du cubisme et de l'expressionnisme, se confirma après la guerre, notamment sous l’influence d’André Lhote et de Fernand Léger : dans les scènes dépeintes par De Smet – scènes de cirque, de carnaval, de foires, d’auberges – la personne humaine émerge de plus en plus simplifiée, réduite à ses traits principaux, rappelant aussi les scènes de Karl-Schmidt Rottluf. Le couple est ici dépeint dans une palette de bruns automnaux caractéristique de l’artiste et s’impose de manière frontale au spectateur, évocation d’un sentiment de quiétude et de grandeur éternelle présent dans tout l’art de De Smet.

Passé entre les mains de plusieurs collectionneurs prestigieux, tels Fernand Graindorge, avant de rejoindre la collection de Tony Herbert, le tableau a été exposé à de multiples reprises dans le monde entier (Belgique mais également France, Italie, Brésil, Suisse, Pays-Bas, Allemagne, etc.) témoignant de son importance dans le corpus de l’artiste et dans l’art de la première moitié du 20ème siècle.

Art Impressionniste et Moderne

|
Paris