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Attribué à Jean-Louis Couasnon (1747-1802)
France, vers 1780-1790
Portrait présumé d'Anne-Adélaïde de Lignereux
Estimation
15 00025 000
Lot. Vendu 40,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Attribué à Jean-Louis Couasnon (1747-1802)
France, vers 1780-1790
Portrait présumé d'Anne-Adélaïde de Lignereux
Estimation
15 00025 000
Lot. Vendu 40,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

Excellence

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Paris

Attribué à Jean-Louis Couasnon (1747-1802)
France, vers 1780-1790
Portrait présumé d'Anne-Adélaïde de Lignereux
terre cuite ; sur un socle en marbre et laiton
H. (buste) 35 cm ; 13 3/4 in.
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Provenance

Collection Charles Haas (1833-1902), Paris, vers 1868 (de Houdon)
Collection marquis Etienne de Ganay (1833-1903), Paris, vers 1909, puis marquise de Ganay (1838-1921), née Ridgeway, Paris (de Houdon)
Sa vente Galerie Georges Petit, 8-10 mai 1922, lot 212 (attribué à Houdon)
Acquis lors de la vente par son fils, Charles Aimé Jean de Ganay (1861-1948), puis par descendance
Vente Drouot-Richelieu, Paris, 28-30 mars 2007, lot 171 (de Houdon, vendu 60.000€)
Tomasso Brothers, Londres

Bibliographie

L’Art pour Tous, 30 janvier 1868, p. 779, n° 1783 ( Buste de jeune fille par J. Houdon, collection de M. Haas, reproduit en gravure avec le même socle)
S. Lami, Dictionnaire des sculpteurs de l’école française au XVIIIe siècle, Paris, 1910 (rééd. 1970), p. 431 (de Houdon)
C. Dreyfus, « Collection de la marquise de Ganay », dans Les Arts, décembre 1909, n° 96, p. 24, ill. p. 17 (de Houdon)
G. Giacometti, Le Statuaire Jean-Antoine Houdon et son époque (1741-1828), t. II, Paris, 1918, pp. 32, 261 (de Houdon)
L. Réau, Houdon, sa vie et son œuvre, Paris, 1964, p. 36, n° 150 (de Houdon)

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
P. Vitry, L’Art et les Artistes, Paris, 1909, p. 68 (pour le marbre du chevalier de Stuers)
M. Beaulieu, « Le buste d'Emilie Brongniart par J.-L. Couasnon », dans Revue du Louvre, 1974, pp. 105-108

Description

La provenance de notre buste est connue depuis le milieu du XIXe siècle. Il est mentionné dans la collection de Charles Haas, homme influent connu pour avoir inspiré à Marcel Proust le personnage de Charles Swann, dans À la recherche du temps perdu, et pour avoir été l’amant de Sarah Bernhardt. Il figure ensuite dans la collection du marquis Étienne de Ganay et de son épouse Emily, décrit comme celui d’Anne-Adélaïde de Lignereux, fille d’un marchand-mercier et future épouse de François-Honoré-George Jacob-Desmalter, célèbre ébéniste et intime de Houdon. Jusqu’en 1918, le buste est publié à plusieurs reprises comme étant de Jean-Antoine Houdon. En 1922, lors de la vente après décès de la marquise de Ganay, il est toutefois présenté comme le portrait présumé de Mlle de Lignereux, attribué à Houdon.

Un marbre du modèle, dans la collection du chevalier Stuers, est publié comme de Houdon par Vitry en 1909. Il aurait précédemment figuré dans la collection Wildenstein (cf. L. Réaud, op. cit). Un autre marbre est exposé comme de Houdon par la Heim Gallery à Londres dans les années 1960 (cf. Conway Photographic archive, B97 / 1873). Réaud mentionne également un biscuit de Sèvres chez le général Mouchet, descendant d’Anne-Adélaïde. Les localisations actuelles des deux marbres et du biscuit sont inconnues. L’attribution de ce modèle à Houdon repose donc sur des publications anciennes sans qu’il ait été fait mention d’un exemplaire au moins signé par lui. Dans l’entourage artistique de Houdon, nous pouvons rapprocher l’expression du visage, le traitement des yeux, de la bouche et des cheveux de notre terre cuite au travail de Jean-Louis Couasnon. Employé par les Menus Plaisirs à partir de 1777, il expose au Salon de la Correspondance en 1779 et 1785 puis aux Salons du Louvre, de 1795 à 1802. Il excelle dans l'art des portraits d'enfants dont il rend les traits avec douceur et ressemblance. En 1784, il modèle le buste d’Alexandrine-Emilie Brongniart, fille de l'architecte (musée du Louvre, inv. n° RF2822), après qu’Houdon ait réalisé ceux de son frère et de sa sœur aînés, Alexandre et Louise (1777, musée du Louvre, inv. n° RF1197 et RF1280). Il modèle d’autres portraits d’enfants dont celui de Charlotte Cruchy en 1775 (musée Carnavalet) et celui de François-Benoît-Fortuné de Pluvié (musée du Louvre, inv. n° RF 2039). Couasnon expose également le Portrait d’une Jeune Fille en terre cuite au Salon des Correspondances de 1779, avec un autre, Une jeune fille. A nouveau, il présente les bustes de Deux enfants au Salon de 1799.

Au-delà des conventions du portrait de commande classique, ce buste intime témoigne d’une nouvelle place de l’enfant dans la société des Lumières promue par Jean-Jacques Rousseau. Il peut être rapproché de cette production destinée au cadre familial en vogue dans l’entourage artistique de Houdon. Son sourire évanescent et le soupçon de mélancolie dans son regard dressent le portrait d’une fillette songeuse, absorbée par ses pensées.

Excellence

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Paris