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PROVENANT DE L'ANCIENNE COLLECTION MAURICE GHIGLION, DEAUVILLE

Auguste Rodin
IRIS MESSAGÈRE DES DIEUX, ÉTUDE SANS TÊTE, PETIT MODÈLE
Estimation
400 000600 000
Lot. Vendu 487,500 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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PROVENANT DE L'ANCIENNE COLLECTION MAURICE GHIGLION, DEAUVILLE

Auguste Rodin
IRIS MESSAGÈRE DES DIEUX, ÉTUDE SANS TÊTE, PETIT MODÈLE
Estimation
400 000600 000
Lot. Vendu 487,500 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

Modernités : de Rodin à Soulages

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Paris

Auguste Rodin
1840 - 1917
IRIS MESSAGÈRE DES DIEUX, ÉTUDE SANS TÊTE, PETIT MODÈLE
signé A. Rodin
bronze
hauteur: 41 cm; 16 1/8 in.
Conçu en 1890-91, cet exemplaire fondu en bronze par Alexis Rudier en 1945.
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Cette œuvre sera incluse au Catalogue Critique de l'oeuvre sculpté d'Auguste Rodin à paraitre, actuellement en préparation par la Galerie Brame & Lorenceau sous la direction de Jérôme Le Blay sous le numéro d'archive 2017-5302B.

Provenance

Musée Rodin, Paris
Maurice et Florence Ghiglion, Cannes (acquis auprès du précédent en juin 1946)
Collection particulière, France

Bibliographie

Georges Grappe, Catalogue du Musée Rodin, Paris, 1927, no. 171, autre exemplaire reproduit p. 68
Albert Sigogneau, "Le tourment de Rodin," L'Amour de l'art, Paris, décembre 1935, autre exemplaire reproduit p. 379
Georges Grappe, Catalogue du Musée Rodin, Paris, 1944, no. 248, autre exemplaire reproduit p. 85
Marcel Aubert, Rodin Sculptures, Paris, 1952, autre exemplaire reproduit p. 50
Albert E. Elsen, Rodin, New York, 1963, autre exemplaire reproduit p. 185
Ionel Jianou et Cécile Goldscheider, Auguste Rodin, Paris, 1967, autre exemplaire reproduit pl. 77
Robert Descharnes et Jean-François Chabrun, Auguste Rodin, Paris, 1967, exemplaire en terre cuite reproduit p. 249
Homage to Rodin: Collection of B. Gerald Cantor (catalogue d'exposition), Los Angeles County Museum of Art, 1967, no. 38, autre exemplaire reproduit p. 66
Rodin (catalogue d'exposition), The Hayward Gallery, Londres, 1970, no. 72, autres exemplaires reproduits pp. 68 and 74
John L. Tancock, The Sculpture of Auguste Rodin, Philadelphie, 1976, autres exemplaires reproduits pp. 290-92
Albert E. Elsen, In Rodin's Studio, A Photographic Record of Sculpture in the Making, Ithaca, 1980, exemplaire en plâtre reproduit pl. 95
Albert E. Elsen (ed.), Rodin Rediscovered, Washington, D.C., 1981, autre exemplaire reproduit p. 111
Albert E. Elsen, Auguste Rodin from the B.G. Cantor Sculpture Garden, New York, 1981, autre exemplaire reproduit p. 35
Hélène Pinet, Rodin Sculpteur et Les Photographes de son temps, Paris, 1985, no. 57, autre exemplaire reproduit p. 69
Catherine Lampert, Rodin Sculpture and Drawings, Londres, 1986, no. 141, autre exemplaire reproduit p. 221; no. 144, autres exemplaires reproduits pls. 206-07
Jane Mayo Roos, "Rodin's Monument to Victor Hugo: Art and Politics in the Third Republic," in The Art Bulletin, New York, Décembre 1986, fig. 24 autre exemplaire reproduit p. 655
Joan Vita Miller et Gary Marotta, Rodin, The B. Gerald Cantor Collection (cataloque d'exposition), The Metropolitan Museum of Art, New York, 1986, no. 60, autre exemplaire reproduits pp. 132 et 138
Bernard Champigneulle, Rodin, Paris, 1989, autre exemplaire reproduit p. 105
Mary L. Levkoff, Rodin in His Time, Los Angeles et New York, 1994, no. 43, autre exemplaire reproduit p. 137
Ruth Butler, La solitude du génie, Paris, 1998, no. 138, autre exemplaire reproduit p. 187
Antoinette Le Normand-Romain, The Bronzes of Rodin, Catalogue of Works in the Musée Rodin, vol. II, Paris, 2007, pp. 452-55, autre exemplaire reproduit fig.1 p. 454

Description

IRIS MESSAGERE DES DIEUX, ETUDE SANS TETE

Figure aérienne suspendue, cette image du corps féminin est l’une des sculptures les plus osées de Rodin, à la fois de par le fait qu’elle défie la gravité, mais aussi par la franchise de sa sexualité. La figure fut initialement conçue dans le cadre de son second projet destiné au Monument à Victor Hugo. Elle devait être suspendue au dessus d’une représentation d’Hugo, assis, suggérant que la Gloire couronnait sa grande œuvre de poète. En 1894, le personnage fut agrandi par Alexis Rudier, la tête et le bras gauche furent retirés de la composition, la sculpture fut redressée et pivotée vers la droite puis exposée séparément. Célèbre pour son caractère expressif, Iris inspira de nombreux articles élogieux, y compris un article du poète Arthur Symons : "Toute la force du muscle palpite sous la chair tendue, toute la splendeur de son sexe dévoilé est palpable, la messagère des Dieux, transmettant quelque message divin, s’arrête en plein vol, une inspiration incarnée" (A. Symons, citation de Rodin (catalogue d’exposition), Royal Academy of Arts, Londres, 2007, p. 257).

La composition éminemment explicite et la position centrale de l’anatomie féminine rappelle le célèbre tableau de Gustave Courbet L'Origine du monde. Bien que le tableau fut encore la propriété d’un particulier à la fin du dix-neuvième siècle, plusieurs intellectuels bien informés connaissaient l’œuvre. Edmond de Goncourt, un ami de Rodin, est réputé l’avoir vue durant l’été 1889, et aurait bien pu la présenter à l’artiste lui-même. Rodin dessina une grande quantité de nus posant de manière non conventionnelle, souvent hautement érotique, et ce sont peut-être ces projets qui inspirèrent la position exceptionnelle d’Iris. La position d’origine devait être allongée, mais la réorientation radicale décidée par Rodin élève le sujet de même que son impact sur le spectateur. Il est tout à fait possible que Rodin ait été influencé par les formes nouvelles et non conventionnelles de la danse, qui étaient en vogue dans les cabarets de Montmartre. Le célèbre Moulin Rouge ouvrit ses portes le 5 octobre 1889 et Rodin avait sans nul doute accès à ces nouveaux spectacles hautement sexualisés qui donnèrent finalement lieu au French Can Can. Les archives de Rodin contiennent des articles publiés dans le Gil Blas et présentant des danseurs contemporains renommés tels que Grille d’Egout. Les similitudes entre Iris et la pose des danseurs tels que Lili jambes-en-l’air sont frappantes.

Iris se distingue par son modernisme extrême, et pourrait aisément trouver sa place parmi la plupart des bronzes contemporains produits aujourd’hui.

Modernités : de Rodin à Soulages

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