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Yves Klein (1928 - 1962) in collaboration with Harry Shunk (1924 - 2006) & Jànos Kender (1937 - 2009)
YVES KLEIN, LE SAUT DANS LE VIDE
Estimation
80 000120 000
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Yves Klein (1928 - 1962) in collaboration with Harry Shunk (1924 - 2006) & Jànos Kender (1937 - 2009)
YVES KLEIN, LE SAUT DANS LE VIDE
Estimation
80 000120 000
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Details & Cataloguing

Art Contemporain Evening Sale

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Paris

Yves Klein (1928 - 1962) in collaboration with Harry Shunk (1924 - 2006) & Jànos Kender (1937 - 2009)
YVES KLEIN, LE SAUT DANS LE VIDE
signé par Harry Shunk au dos
tirage argentique de 1992 par Harry Shunk dans une édition de 3 exemplaires plus 3 hors commerce et 2 épreuves d'exposition
124 x 100 cm; 48 13/16 x 39 3/8 in.
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Provenance

Harry Shunk, New York
Galerie Montaigne, Paris (acquis auprès de celui-ci en 1992)
Collection particulière, Paris (acquis auprès de celle-ci en 1992)

Exposition

Paris, Galerie Montaigne, Yves Klein, Conférence de la Sorbonne 3 juin 1959, 1992; catalogue, n.p., illustré (autre exemplaire)

Bibliographie

Terhi Génévrier-Tausti, L'Envol d'Yves Klein, L'origine d'une légende, Paris, 2006, p.99, illustré (autre exemplaire)

Description

"Voilà longtemps que j’ai senti le vide, mais que j’ai refusé de me jeter dans le vide. J’ai été lâche comme tout ce que je vois. (…)
Aujourd’hui le peintre de l’espace doit aller effectivement dans l’espace pour peindre, mais il doit y aller sans trucs ni supercheries, ni non plus en avion, ni en parachute ou en fusée : il doit y aller par lui-même, avec une force individuelle autonome, en un mot, il doit être capable de léviter."


Yves Klein, extrait de Dimanche 27 novembre 1960 Le journal d'un seul jour, (IMMA 036), 1960

Yves Klein poursuivra tout au long de sa vie et de sa carrière artistique, cette voie qui l’acheminera vers l’immatériel, vers le vide, jusqu’à son Architecture de l’air, dont il présentera les lignes directrices lors de sa Conférence de la Sorbonne le 3 juin 1959.

Le « saut dans le vide », performance devenue photographie iconique, a été réalisée, le 19 octobre 1960 rue Gentil-Bernard à Fontenay-aux-Roses dans le sud-ouest de Paris, où l’artiste pratiquait régulièrement le judo. Yves Klein s'élance d'un pilier situé à l'entrée d'un pavillon, le visage tourné vers le ciel, les bras en croix mais loin de tomber, l'artiste semble prendre son envol. La rue est déserte, si ce n’est à droite de la photo, un cycliste de dos qui vient de passer. Un homme en pleine lévitation entre ciel et terre ne l’a fait ni s’arrêter ni se retourner…

Soucieux de garder trace de cette performance, il a convié, pour immortaliser le geste, deux photographes avec qui il a déjà travaillé : John Kender et Harry Shunk. Ce sont eux qui réaliseront dans leur laboratoire parisien ce photomontage qui sera publié pour la première fois le 27 novembre 1960 à la une du journal créé par Yves Klein Dimanche, le journal d’un seul jour, comme pour réaffirmer les concepts énoncés dans sa Conférence de la Sorbonne mais cette fois destiné au grand public .(Shunk lui-même aura l’idée d’inclure le cycliste, ce dernier n’étant autre que John Kender son comparse. Ne pas mettre cette phrase ; quand bien même Shunk aurait « ajouté » le cycliste ce qui reste à prouver, j’ai une toute autre théorie et je suis convaincu pour diverses raisons que c’est une solution éventuellement de Shunk mais à un questionnement conceptuel de Klein… je vous en parlerait plus tard mais ce n’est pas le moment ici)

Deux ans après l’exposition dite « du vide » à la Galerie Iris Clert, Yves Klein a donc réellement sauté, expérimentant les qualités immatérielles du vide… Comme le confiera Claude Parent, avec qui l’artiste avait eu l’occasion de collaborer sur certains projets d’architecture, «(il) agissait à l’intérieur d’une pensée qu’il révélait par l’action. Dans les années 1950, j’étais armé contre tout ce qui était irrationnel. Pourtant j’ai partagé avec Klein deux moments irrationnels : la rencontre de l’or et du bleu et… le Saut ».

L’exposition que la Galerie Montaigne consacrera en 1992 à l’œuvre immatérielle d’Yves Klein dont les photographies de Shunk et Kender désignent l’importance fondamentale et le tournant conceptuel que la photographie prend alors dans l’art contemporain, conduira Shunk, un an après son exposition Shunk à la Kunsthalle de Bâle, à réaliser pour la première fois une édition de grands tirages limités donnant toute son importance aux gestes éphémères et fondateurs de l’œuvre du « Peintre de l’Espace ».

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Paris