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PROVENANT DE LA COLLECTION SERGIO TOMASINELLI

Man Ray
CE QUI MANQUE A NOUS TOUS
Estimation
25 00035 000
Lot. Vendu 40,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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33

PROVENANT DE LA COLLECTION SERGIO TOMASINELLI

Man Ray
CE QUI MANQUE A NOUS TOUS
Estimation
25 00035 000
Lot. Vendu 40,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

Modernités : de Rodin à Soulages

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Paris

Man Ray
1890 - 1976
CE QUI MANQUE A NOUS TOUS
signé indisctinctement MR, titré Ce qui manque à nous tous et numéroté H.C.
argile peinte et verre
longueur totale : 12,8 cm; 9 in.
Conçu en 1927, deux exemplaires uniques réalisés en 1935 et 1936, ainsi que deux éditions en 1963 (6 exemplaires) et en 1972 (9 exemplaires plus 3 épreuves d'artiste), la présente oeuvre est une épreuve d'artiste hors commerce exécutée en marge de l'édition de 1972 (Il Fauno, Turin).
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Provenance

Luciano Anselmino, Galleria Il Fauno, Turin (acquis directement de l'artiste)
Acquis auprès du précédent par le propriétaire actuel vers 1975

Bibliographie

Man Ray, Oggetti d’affezione, Milan, 1970, no. 32, reproduction de l'exemplaire de 1935
Arturo Schwarz, Man Ray, The Rigour of Imagination, Londres, 1977, no. 341, p. 219, reproduction de l'exemplaire de 1936
Jean-Hubert Martin, Rosalind Krauss & Brigitte Hermann, Man Ray: Objets de mon affection, Sculptures et Objets, Catalogue raisonné, Paris, 1983, no. 39, reproduction d'un autre exemplaire sur la couverture et p. 42

Description

"Ce qui manque à nous tous, c'est l'imagination."
Man Ray

Conçu à l’origine en 1927, des exemples de cet objet emblématique surréaliste furent faits en 1935 et 1936, ce dernier ayant été présenté à l’importante Exposition d'objets surréalistes organisée par André Breton à la galerie Charles Ratton à Paris en 1936. Deux ans plus tard, Man Ray inclut une version de cet objet comme accessoire dans la perruque d’un mannequin à taille humaine, contribution qui lui fut demandée pour l’Exposition Internationale du Surréalisme de 1938 en tant qu’artiste surréaliste majeur. Cet objet fut publié plus tard en deux éditions, en 1963 et en 1973, ce dernier par Luciano Anselmino.

Composé d’un objet de la vie quotidienne, cette pipe en argile a été rectifiée par Man Ray qui y ajouta une bulle en verre soufflé. La combinaison hasardeuse de ces deux objets, possible rencontre fortuite, est un exemple de l’humour présent dans les objets surréalistes, particulièrement ceux de Man Ray. Il crée ici l’illusion d’une pipe dégageant de la fumée représentée par la bulle. C’est l’exemple type de l’objet surréaliste qui consistait souvent à prendre un objet de la vie quotidienne et à le transformer en changeant sa fonction. Toute tentative d’utiliser la pipe pour sa fonction initiale devient futile, de même que faire circuler l’air à travers pour fumer est impossible. Le titre, Ce qui manque à nous tous, provient d’une citation d’Engels "Ce qui manque à ces messieurs est la dialectique" qui apparût en tout premier sur la couverture de La Révolution surréaliste (no. 8, 1er décembre 1926), et que Man Ray, dans l’esprit typique du surréalisme, transforme en affirmant "Ce qui nous manque à tous est l’imagination." (Arturo Schwarz, Man Ray, The Rigour of Imagination, Londres, 1977, p. 209)

L’expérimentation de Man Ray avec la fabrication d’objets à la fin des années 1910 à New York, fut cruciale pour le développement et l’acceptation de l’objet surréaliste en tant qu’œuvre d’art. Alors que les autres surréalistes créaient également une grande variété d’objets, Man Ray, en vrai artiste pluridisciplinaire, exprimait un concept dans diverses formes et matières, de la peinture aux objets, des photographies aux films. Beaucoup de ses premiers objets furent perdus ou démantelés, mais continuent de vivre dans ses photographies, et dont la forme en trois dimensions est immortalisée par une image dynamique à deux dimensions, qui utilise un éclairage dramatique et un angle de vue inhabituel pour créer des compositions fascinantes, qui deviendraient elles-mêmes des œuvres d’art. Les objets de Man Ray, qu’il appela "Objets de Mon Affection", sont parmi les plus vénérés de tous les objets surréalistes.

Modernités : de Rodin à Soulages

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