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Marc Chagall
LA PERDRIX ET LES COQS (FABLES DE LA FONTAINE)
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Marc Chagall
LA PERDRIX ET LES COQS (FABLES DE LA FONTAINE)
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Details & Cataloguing

Collection Marcel Arland : Dans L’Amitié des Peintres

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Paris

Marc Chagall
1887 - 1985
LA PERDRIX ET LES COQS (FABLES DE LA FONTAINE)
Exécuté vers 1927.
signé Chagall (en bas à droite); titré coq et perdrix (au dos à l'envers et en russe)
gouache et encre sur papier
51,4 x 41,9 cm ; 20 1/4 x 16 1/2 in.
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Provenance

Marcel Arland, Paris
Puis par descendance au propriétaire actuel

Exposition

Paris, Galerie Bernheim-Jeune, La Fontaine par Chagall, 100 fables, 1930, no. 14 ou 77
Paris, Galerie Vendôme, Marc Chagall, no. 23 (probablement)
Céret, Musée d'Art Moderne, Marc Chagall, les Fables de La Fontaine, 1995-96, reproduit dans le catalogue p. 37

Description

L'authencité de cette œuvre a été confirmée par le comité Marc Chagall.

En 1926, Ambroise Vollard décide de faire appel à Marc Chagall, "peintre doué d’imagination créatrice, et fertile en inventions colorées" (Ambroise Vollard, ‘De la Fontaine à Chagall’, L’Intransigeant, 8 janvier 1929) pour illustrer son vaste projet de réédition des Fables de La Fontaine. L’esthétique de l’artiste le séduit particulièrement et lui semble "apparentée à celle de La Fontaine, à la fois dense et subtile, réaliste et fantastique" (Ibid).
Coïncidant avec le retour de Chagall en France deux ans plus tôt, cette commande fut l’occasion pour le peintre de se mesurer à une figure monumentale de la littérature française. La décision de Vollard de s’adresser à un artiste originaire de Russie pour illustrer une œuvre aussi iconique de la culture française suscita nombre de commentaires désapprobateurs, jusque dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Face à cet outrage, Vollard eu la sagesse de leur répondre : "La Fontaine n'a-t-il pas emprunté ses fables à Esope, qui était latin pour autant que je sache?" (Ambroise Vollard, in Marc Chagall, Les Fables de La Fontaine, Paris, 1995, p.18)

Heureusement d’autres critiques ont été plus inspirées et enthousiastes, dont Jacques Guenne pour qui "Devant cette série de gouaches, dont pas une ne ressemble à la précédente, ni par la couleur, ni par l’inspiration, on cherche en vain ce qu’on doit le plus admirer, ce splendide ruissellement où se mêlent les rouges fulminants, les noirs opaques, les verts acides, les jaunes opulents, les mauves radieux, la prodigieuse alchimie que révèle l’examen de la moindre surface de ces images, ou la fabuleuse invention et la touchante gentillesse de cet esprit. Peut-être faudrait-il surtout révéler ce miracle qui fait de la couleur de Chagall l’état de grâce de son inspiration." (Jacques Guenne, L’Art vivant, 15 décembre 1927).

Au total, à partir de mars 1926 et pendant les 19 mois qui suivirent, Chagall réalisa 120 gouaches autour de ce thème. Parmi ce recueil allégorique, Marc Chagall a choisi d’illustrer, ici, une perdrix aux tons délicats et discrets, symbole d’une femme élégante, face à un groupe de coqs aux tons vifs et enlevés, représentant des hommes incivils et violents. L’ensemble d’une qualité exceptionnelle et poétique se déploie sur un fond de touches colorées et orné d’une végétation suggérée par quelques traits bleus dessinés. Ayant grandi dans une ferme, Marc Chagall conserve un certain intérêt pour la figure animale. On retrouve dans cette gouache un bestiaire chatoyant au sein d’une composition aérienne qui nie les lois de la pesanteur. Cette interprétation des Fables riche en éclats de couleurs faisant appel à une palette antinaturaliste caractérise tout l’art du peintre de Vitebsk.

Collection Marcel Arland : Dans L’Amitié des Peintres

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Paris