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Details & Cataloguing

Modernités

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Paris

Gino Severini
1883 - 1966
I TULIPANI
signé Severini (en bas à droite)
huile et sable sur toile
61,2 x 50 cm; 24 1/8 x 19 3/4 in.
Peint en 1916.
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Provenance

Leonide Massine, Paris (acquis directement auprès de l'artiste et au moins jusqu'en 1961)
Maria Duckett Pospisil, Venise
Glickstein Foundation, New York
The Metropolitan Museum of Art, New York (don du précédent en 1982 et vendu: Sotheby's, Londres, 21 octobre 1999, lot 6)
Acquis lors de cette vente par le propriétaire actuel

Exposition

Hartford, CT, Wadsworth Athenaeum, Salute to Italy, 1961
Venise, Palazzo Grassi, Futurismo e Futurismi, 1986, reproduit dans le catalogue
Munich, Haus der Kunst, Mythos Italien - Wintermärchen Deutschland, 1988

Bibliographie

Daniela Fonti, Gino Severini, Catalogo ragionato, Milan, 1988, no. 274, reproduit p. 255

Description

Après l’expérience futuriste (1910-1915) dont, aux côtés de Giacomo Balla, Umberto Boccioni et Carlo Carrà, il fut l’une des figures emblématiques, Severini retourne au Cubisme à partir de 1916, année d’exécution de I Tulipani. Cette année, qui coïncide avec son installation à Paris, est charnière pour Severini. C’est ainsi en 1916 que Juan Gris le présente à Léonce Rosenberg, le célèbre marchand des cubistes, ce qui aura un rôle déterminant sur l’évolution stylistique du peintre italien. Mais 1916 est également l’année de sa rencontre avec Matisse, dont l’usage expressif de la couleur, le marque profondément. Ces diverses rencontres sont à l’origine de la nouvelle esthétique développée par Severini, parfois qualifiée de "futuro-cubiste" tant elle semble créer un pont entre les différentes avant-gardes de l’époque.

Severini décrit lui-même cette nouvelle approche en ces termes : "Mon idée, qui était partagée par de nombreux Cubistes et approuvée par Matisse en personne, était de créer un mode d’expression qui réconcilie le désir d’extrême vitalité (le dynamisme) des Futuristes avec la recherche de construction, de classicisme et de style des Cubistes. Nous avons trouvé une formule pour décrire cette aspiration, ‘l’art doit être à la fois Ingres et Delacroix’" (Gino Severini, La Vita, Rome, 1983, pp. 81 & 208).

I Tulipani s’inscrit dans cette démarche de synthèse, s’imposant comme un trait d’union entre le futurisme et le cubisme, associant la rigueur de la construction au dynamisme de la couleur. Peint à la fin de l’année 1916, il appartient à une série de tableaux du même format reprenant les mêmes motifs stylistiques. On retrouve notamment dans certains d'entre eux la même nappe au tartan écossais qui structure la composition et renforce l’impression de planéité caractéristique de cette nouvelle période. Dans cette série, loin des compositions colorées et mouvementées des années futuristes, l’artiste s’inspire de la technique des "papiers collés" des grands maîtres cubistes et s’attache à élaborer des compositions savamment agencées. Œuvre à la frontière de multiples influences, faisant interagir la structure et la couleur, I Tulipani est particulièrement représentative des aspirations de Severini dont l’historien de l’art Bernard Dorival disait : "il était – et cela constituait son originalité, voire même son génie – le pont entre le futurisme et le cubisme".

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