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Details & Cataloguing

Modernités : de Rodin à Soulages

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Paris

Leonor Fini
1908 - 1996
IL S'AGIT SANS DOUTE D'AZRAËL
signé Leonor Fini (en bas à droite); signé Leonor Fini, titré et daté 1967 (sur le châssis)
huile sur toile
116 x 81 cm ; 45 5/8 x 31 7/8 in.
Peint en 1967.
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Cette œuvre sera incluse dans le catalogue raisonné actuellement en préparation par Richard Overstreet.

Provenance

Galleria d'Arte Torbandena, Trieste
Vente: Sotheby's, Londres, 20 juin 2007, lot 392
Acquis lors de cette vente par le propriétaire actuel

Exposition

Ferrare, Galleria Civica d'Arte Moderna, Palazzo dei Diamanti, Leonor Fini, 1983, no. 14, reproduit dans le catalogue p. 75

Bibliographie

Constantin Jelenski, Leonor Fini, Lausanne, 1972, reproduit p. 141

Description

De 1965 à 1967, Leonor Fini explore à plusieurs reprises le thème de la rencontre de deux femmes dans un compartiment de train. La genèse de cette série se trouve dans un tableau victorien d’Augustus Egg, Travelling Companions (1859), mettant en scène deux voyageuses se faisant face dans un wagon, tableau qui avait intrigué l’artiste : "l’une est comme une jolie vache, très blanche et endormie, tandis que l’autre, bien plus vivante et alerte, tire le rideau. Elle ne sait pas ce qu’elle va faire ensuite, tuer l’autre ou faire l’amour avec elle".

Sujet en apparence anodin, cette figure récurrente de deux femmes voyageant dans un même compartiment devient chez Fini source d’une tension et d’un érotisme sous-jacents et donnera lieu à certaines de ses œuvres les plus sensuelles et les plus envoutantes. Ainsi que le souligne Constantin Jelenski dans la monographie qu’il consacra à l’artiste, chez Fini, les compartiments de train s’apparentent à des loges de théâtre. Leonor Fini explique elle-même cette fascination pour ce thème en ces mots : "Quoi de plus délimité qu’un compartiment de train où, en dehors de la position immobile, presque tout est défendu. […] Les compartiments des trains sont ainsi, à la fois angoissants et protecteurs. Endroits de complicités passagères où l’on dort de faux sommeils, où l’on se laisse aller à des rêveries claustrophobes, extasiés ou criminelles".

Il s’agit sans doute d’Azraël fait partie des dernières œuvres de ce cycle emblématique de Leonor Fini. Œuvre à l’élégance évanescente, empreinte de mystère et de mélancolie, l’étroitesse du compartiment de train est ici le prétexte à une mise en scène dramatique, le wagon devenant la scène d’un théâtre personne, profond, intime. La pâleur évanescente des carnations féminines irradie, magnifiée par le subtil jeu des dentelles et des voiles qui souligne la sensualité des corps tout en les nimbant d’un halo mystérieux plongeant le spectateur dans l’univers onirique de Leonor Fini.

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