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Details & Cataloguing

Art Contemporain Evening Sale

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Paris

Sigmar Polke
1941 - 2010
DOPPELBILD (SKYSCRAPER)
signé, titré, daté 80 et inscrit 1996 neu aufgespannt au dos du panneau de droite; signé et titré au dos du panneau de gauche
acrylique, dispersion et peinture argentée sur tissu cousu, sur support en toile (en 2 parties)
180,3 x 301 cm.; 71 x 118 1/2 in. (ensemble)
Exécuté en 1980 et remonté sur châssis par l'artiste en 1996.
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Provenance

Galerie Erhard Klein, Bad Münstereifel
Collection particulière (acquis en 1996)
Acquis auprès de celle-ci par le propiétaire actuel

Description

Alliant l’énergie du Pop Art américain et la force de l’Expressionisme Abstrait, Doppelbild (Skyscraper) confronte le spectateur à un entrelacs complexe de sources et de techniques caractéristiques des œuvres majeures de Sigmar Polke dans les années 1980. Au milieu de ce paysage urbain au clair de lune unique, des apparitions colorées se détachent sur une maille finement tissée de blanc sur fond noir de nuit. Avec sa pyramide de blocs géométriques dessinant la silhouette reconnaissable de l’Empire State Building, la ville ne peut être que New York ; et pourtant, dans ce cabaret cosmique d’éléments picturaux, la métropole devient prétexte à une réflexion sur l’acte de peindre lui-même. Par son style et son sujet, Doppelbild (Skyscraper) établit des correspondances avec d’autres œuvres telles que Stadtbild I et II (1968) -la première étant exposée à la Neue Galerie, Museumlandschaft Hessen, de Cassel. En ré-explorant ce thème dans les années 1980, Polke se livre à une réflexion introspective en même temps qu’à une réinterprétation de ses œuvres de jeunesse: une démarche que souligne son recourt aux tissus imprimés commerciaux qu’il avait pour la première fois utilisé dans les années 1960. Cette approche rétroactive consistant à disséminer des symboles Polkiens identifiables résonne avec l’orientation que prend la production artistique des années 1980 marquée par l’appropriation et la critique des institutions.

Artiste insaisissable, Polke a produit des œuvres incroyablement diverses et polyvmorphes tout au long de sa carrière. Sa capacité à intégrer des formes artistiques et des idées nouvelles contribue largement à l’originalité totale de son vocabulaire pictural. Ses œuvres s’amusent à défier les catégorisations, refusant l’affiliation à des mouvements artistiques historiques pour prôner un langage graphique éclectique. Période de grande effervescence créatrice, les années 1980 voient la consécration de Polke par la critique internationale : seulement deux ans après la création de Doppelbild (Skyscraper), l’artiste expose à la Documenta et représente l’Allemagne à la Biennale de Venise de 1986. Après avoir délaissé la peinture pendant la plus grande partie des années 1970 au profit de l’expérimentation d’autres médiums tels que la photographie ou le film, Polke y revient avec une énergie nouvelle dans les années 1980. A cette période, son travail exprime un regain de vitalité et un dynamisme pictural qui rappelle la fulgurance radicale de ses toiles des années 1960.

L’œuvre de Polke n’a cessé d’influencer et d’attirer les grands artistes et collectionneurs. Son rôle de précurseur dans l’histoire de l’art contemporain s’est vu une nouvelle fois confirmée par les expositions rétrospectives d’envergure organisées au MoMA de New York, à la Tate Modern de Londres et au Musée Ludwig de Cologne en 2014-2015. Par la tension ensorcelante que l’œuvre instaure entre abstraction et figuration, Doppelbild (Skyscraper) témoigne des extraordinaires innovations artistiques de Polke dans les années 1980, et illustre parfaitement l’analyse du directeur de la Tate Britain, Alex Farquharson : « Les œuvres de Polke étaient tout ce que la peinture n’était pas censée être : vulgaires, moqueuses, parodiques, décoratives, hétérotopiques, discontinues, introspectives et autocritiques… Dès les années 1980, Polke était le plus emblématique des peintres post-modernes » (Alex Farquharson, « Sigmar Polke », Frieze Magazine, No. 81, Mars 2004, en ligne). Mettant en scène un retour aux sujets et à la technique qui avaient fait les premiers succès de l’artiste, Doppelbild (Skyscraper) signe le début d’une décennie particulièrement productive et accomplie pour Polke.

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