111
111
Cézanne, Paul
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À CAMILLE PISSARRO, DATÉE CE JOURD’HUI 23 OCTOBRE 1866 AN DE GRÂCE.
Estimation
10 00012 000
Lot. Vendu 21,250 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
ACCÉDER AU LOT
111
Cézanne, Paul
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À CAMILLE PISSARRO, DATÉE CE JOURD’HUI 23 OCTOBRE 1866 AN DE GRÂCE.
Estimation
10 00012 000
Lot. Vendu 21,250 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
ACCÉDER AU LOT

Details & Cataloguing

Bibliothèque R. et B. L. Autographes et Manuscrits XIXe et XXe Siècles

|
Paris

Cézanne, Paul
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À CAMILLE PISSARRO, DATÉE CE JOURD’HUI 23 OCTOBRE 1866 AN DE GRÂCE.
3 pages in-8 (207 x 133 mm) illustrée d’un petit croquis original à la plume (profil) en bas de page. [Sur la page 4 :] Guillemet (Antoine). Lettre autographe signée à Camille Pissarro, sous chemise demi-maroquin bleu moderne.


Très belle et rare lettre de jeunesse à son humble et colossal Pissarro
.

Passionné par sa peinture, farouchement indépendant, Cézanne, âgé de 27 ans, est à cette époque isolé à Aix. L’impressionnisme n’est pas encore né et, cette année-là, Cézanne avait vu le portrait d’Antony Valabrègue par Pissarro, refusé au Salon. Cézanne, qui l’avait rencontré pour la première fois à Paris en 1861, lui voua dès lors une grande admiration.

Me voici dans ma famille avec les plus sales êtres du monde, ceux qui composent ma famille, emmerdans [sic] par-dessus tout. N’en parlons plus. Il évoque son ami le peintre Antoine Guillemet, qu’il voit quotidiennement : Guillemet n’a pas encore commencé de grands tableaux, il a préludé par quelques petites toiles, qui sont très-bien. Vous avez parfaitement raison de parler du gris, cela seul règne dans la nature, mais c’est d’un dur effrayant à attraper. Le paysage est très-beau ici, beaucoup d’allure […] Je viens de mettre une lettre à la poste pour Zola [qu’il a connu au collège en 1852]. Je travaille toujours un peu mais les couleurs sont rares ici et bien chères. Marasme, marasme ! Souhaitons, souhaitons que la vente se fasse. Nous immolerons un veau d’or pour ça. — Vous n’envoyez pas à Marseille, eh bien, ni moi non plus. Je ne veux plus envoyer. D’autant plus que je n’ai pas de cadres, que ça fait faire des dépenses qu’il vaut mieux les [ce mot avait été omis par Rewald dans sa transcription] consacrer à peindre. C’est pour moi que je dis ça, et puis merde pour le Jury.

Le soleil nous donnera, je pense, encore de beaux jours. — Je suis très fâché qu’Oller [le peintre Francisco Oller (1833-1917)] ne puisse, ainsi que Guillemet me l’a appris, revenir à Paris, car il pourrait s’ennuyer beaucoup à Porto-Rico et puis, sans avoir les couleurs à sa portée, cela doit être bien pénible pour peindre. Aussi me disait-il, qu’il ferait bien de prendre du service à bord d’un marchand qui viendrait directement en France. Si quelquefois vous nous écrivez encore, veuillez m’indiquer les moyens de lui écrire, c’est-à-dire l’adresse qu’il me faut mettre sur la lettre et le mode d’affranchissement le plus complet pour lui éviter des frais inutiles.

Antoine Guillemet, à qui il fait lire cette lettre, ajoute sur la quatrième page une lettre à l’attention de Pissarro : J’ai fait quelques études et vais me mettre à mes grandes tartines, l’automne aidant. Cézanne a fait des peintures très belles. Il refait blond et je suis sûr que vous serez content des 3 ou 4 toiles qu’il va rapporter.

Au bas de la page 3, Cézanne a dessiné à la plume, en mordant légèrement sur le texte, un profil d’homme (Guillemet ?).

Paul Cézanne, Correspondance, éd. John Rewald, Paris, Grasset, Les Cahiers rouges, 2006, p. 159-160.

Petite déchirure à la pliure centrale, rares rousseurs et quelques taches.


Lire le rapport d'état Lire le rapport d'état

Bibliothèque R. et B. L. Autographes et Manuscrits XIXe et XXe Siècles

|
Paris