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PROVENANT DE LA COLLECTION ANDRÉ LEVEL

Pablo Picasso
CRÂNE DE TAUREAU
Estimation
15 00020 000
Lot. Vendu 24,750 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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PROVENANT DE LA COLLECTION ANDRÉ LEVEL

Pablo Picasso
CRÂNE DE TAUREAU
Estimation
15 00020 000
Lot. Vendu 24,750 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

Impressionist and Modern Art

|
Paris

Pablo Picasso
1881 - 1973
CRÂNE DE TAUREAU

signé Picasso, dédicacé Pour André Level et daté juin 42 (en bas) 


crayons gras sur papier


10,5 x 13,5 cm
4 1/8 x 5 3/8 in.

Exécuté en juin 1942.


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L'authenticité de cette œuvre a été confirmée par Claude Picasso.
L'authenticité de cette œuvre a été confirmée par Maya Widmaier Picasso.

Description

signed 'Picasso', dedicated 'Pour André Level' and dated 'juin 42' (lower left), wax crayon on paper. Executed in June 1942.  

OEUVRES PROVENANT DE LA COLLECTION ANDRÉ LEVEL

Le nom, le goût, le parcours d'André Level (1863-1946) sont auréolés d'un prestige immense et font aujourd'hui partie de la légende de l'histoire de l'art moderne. Homme de culture, collectionneur visionnaire de Picasso et d'art nègre, précurseur du principe du droit de suite, fondateur du premier fonds d'investissement consacré à l'art moderne, organisateur avec Paul Guillaume de la première exposition d'art nègre et océanien et auteur d'une des premières monographies consacrées à ce nouveau domaine de collection, André Level joua un rôle d'une portée considérable sur la sensibilité moderne et le développement du marché de l'art au XXème siècle.

Secrétaire à l'administration générale de la Compagnie des Docks et Entrepôts de Marseille, André Level a une trentaine d'années lorsqu'il rencontre Alexandre Bernheim qui lui fait découvrir les Nabis, mouvement annonçant les recherches contemporaines d'une nouvelle expression en réaction contre la peinture académique. C'est la visite de l'exposition Cézanne à la galerie Vollard en 1895 qui a valeur de révélation. Puis, en 1902, la galerie Berthe Weill montre des œuvres d'un jeune peintre de vingt ans, Pablo Picasso. André Level, déjà conquis, achète deux tableaux. Epris du vent de modernité qui souffle sur l'avant-garde parisienne au début du XXème siècle, il visite la première édition du fameux Salon d'automne au Petit Palais en novembre 1903 : on y trouve au milieu de tableaux impressionnistes que le public populaire redécouvrait, des peintures de Matisse, Marquet ou Bonnard. André Level, étonné par "la hardiesse et la jeunesse tranchant sur la monotonie et l'absence d'imprévu des grands salons annuels", dira de cette exposition : "j'ai vu là des toiles qui m'apparurent sans que je fusse effleuré d'un doute, comme l'art authentique de notre époque et de son plus proche avenir. J'y croyais, j'avais la foi ". André Level fonde alors en 1904, avec quelques amis ou parents tous amateurs de nouvelle peinture, le premier fonds d'investissement d'art moderne, La Peau de l'Ours, destiné à l'achat en commun d'œuvres de jeunes peintres tels Picasso, Matisse, Vlaminck, Metzinger, Marquet ou Dufy. En font partie Robert et Maurice Elissen, le baron de Curnieu, Georges Ancey, Jules Hunebelle, Jacques Level et Félix Marchand, auxquels viendront s'ajouter Emile et Maurice Level, Frédéric Combemale et les trois frères Jacques, Jean et Edmond Raynal.

Chaque associé s'engageait à verser 250 francs par an. En tant que gérant de l'association, André Level se voit confier la tâche de choisir les toiles. Pendant dix ans, il est prévu que les associés de La Peau de l'Ours jouiront des œuvres acquises avant de les revendre aux enchères publiques. Si le produit net de cette vente se révélait inférieur au montant total des cotisations, le partage serait fait proportionnellement aux versements. Si le montant était supérieur, chaque associé récupérerait d'abord la totalité de sa contribution majorée d'un intérêt plafonné à 3,5 %. S'il restait un solde, 20 % seraient attribués à André Level en reconnaissance de son activité de gérant et 20 % répartis entre les peintres et leurs familles : cette disposition préfigure la loi sur les droits d'auteur et la réglementation sur le droit de suite qui instituera presque un siècle plus tard la rémunération des artistes ou de leur ayants droit lors de la revente de leurs œuvres.

Parti pris original et audacieux, la collection ne comportera que des œuvres modernes, à l'exception d'un Van Gogh bradé par Ambroise Vollard sur l'injonction de Renoir - qui n'aimait pas Van Gogh. Avec un véritable esprit de collectionneur, une formidable intuition et une énergie intarissable, André Level rencontre les peintres et sélectionne avec passion les œuvres qui orneront les murs des associés de La Peau de l'Ours. Une cinquantaine d'artistes sera ainsi représentée dans cette collection décennale, offrant un salutaire aperçu de la peinture du début du siècle. André Level choisit, pour l'année 1906, de n'acheter des œuvres qu'à un seul artiste : Pablo Picasso. Les choix visionnaires de Level seront bientôt récompensés par une vente aux enchères historique à l'Hôtel Drouot, le 2 mars 1914 : la fameuse "vente de la Peau de l'Ours". Cette vente de 154 œuvres réalisées par 54 artistes remporte un succès sans précédent et fait scandale par la hauteur des enchères obtenues, notamment pour Les Bateleurs (1905) de Picasso, achetée pour 1 000 francs en 1908 et adjugée au prix record de 12 650 francs au marchand allemand Heinrich Thannhauser.

En réaction aux nombreux articles de presse déchaînés par les prix inattendus de la nouvelle peinture et hostile à la nouveauté de la structure commerciale de La Peau de l'Ours, Guillaume Apollinaire publie le 16 mars 1914 dans le Mercure de France :

Le lundi 2 mars 1914, à 2 heures, eut lieu à l'Hôtel Drouot, salles 7 et 8, la vente aux enchères publiques d'une collection qui restera célèbre, celle de la Peau de l'Ours (...)

C'était la première fois que les œuvres des peintres nouveaux, fauves ou cubistes, affrontaient la vente aux enchères.

C'était la première fois aussi qu'une partie du produit de la vente a été réservé aux artistes.

Les résultats ont dépassé les espérances que fondaient sur leur goût les compagnons de la Peau de l'Ours.

La préface du catalogue de la vente explique avec simplicité comment s'est formée cette importante collection (...) et c'est encore là une page intéressante de l'histoire des arts contemporains : "Il semble que, lorsqu'on jugera l'art de cette époque d'assez loin pour ne voir, au commencement du XXe siècle, qu'une seule école, elle se caractérisera, sous l'égide sans doute de Cézanne, par un retour marqué vers la solidité, la composition, la tradition hautement comprise".

Je voudrais connaître les auteurs de cette page excellente pour leur serrer la main. Moi-même je n'ai jamais dit autre chose au sujet de la jeune peinture, si même je l'ai formulé autrement.

Pour ajouter un détail anecdotique, on raconte que les amateurs de la Peau de l'Ours n'ont consacré à l'achat de leurs tableaux que des différences réalisées au jeu, entre amis.

La Peau de l'Ours réhabilite définitivement les jeux de commerce et aussi le système des tontines.

La Première Guerre mondiale terminée, André Level, toujours dévoué à la promotion des jeunes artistes de son temps, ouvre avenue Percier une petite galerie à but non lucratif en partenariat avec Alfred Richet. Ayant pour objectif la promotion de l'art moderne, la galerie se consacre aux peintres et aux sculpteurs contemporains, présentant pour la première fois en France des artistes inconnus comme les frères Gabo et Pevsner et leurs structures constructivistes. Alexandre Calder y est présent également ainsi qu'un tout jeune peintre, André Beaudin qui y fait sa première exposition en 1923 avec un catalogue préfacé par Max Jacob. Lieu de rencontres et d'émulation, la galerie devient rapidement très populaire. L'ambiance y est celle d'un club où l'on croise artistes, collectionneurs ou marchands tels que Pablo Picasso, Raoul Dufy, Louis Marcoussis, Jean Cocteau, André Lefèvre ou Ambroise Vollard.

André Level continua à suivre l'œuvre de Picasso, lui consacrant notamment en 1928 l'une des premières monographies, sobrement intitulée Picasso et illustrée d'une lithographie de l'artiste qui révélait pour la première fois et de manière anonyme le visage de Marie-Thérèse Walter (voir 5). Ce visage deviendra l'élément iconographique le plus intimement associé à la période dite de Boisgeloup, probablement la plus lyrique de toute l'œuvre de Pablo Picasso et dont nous présentons, avec Le Repos du sculpteur (lot 4), l'une des réalisations à l'encre de Chine les plus époustouflantes de l'artiste.

Pour les collectionneurs d'aujourd'hui, l'opportunité d'acquérir des œuvres provenant directement de la collection d'André Level, et qui n'ont encore jamais été proposées sur le marché, est à n'en pas douter un événement aussi rare que passionnant. Parmi un rare paysage fauve de Metzinger, un très beau papier de Laurens, un fixé sous verre de Marcoussis et des œuvres de Lipchitz, Signac et de tant d'autres, les dessins de Pablo Picasso se distinguent tant par leur qualité que par leur nombre au sein de la collection. Témoignages émouvants de l'indéfectible amitié qui unissait les deux hommes, de chaleureuses dédicaces ornent plusieurs dessins ou gravures, notamment l'Etude pour les Bateleurs (lot 5) que Picasso rehaussa d'un simple mot reconnaissant "pour mon ami André Level, en souvenir de mon grand tableau de 1905".


Picasso, à l'heure de la maturité, a gagné plus qu'aucun de ses émules la suprême récompense : le droit de renouvellement constant, sans décevoir le goût, ni inquiéter la confiance de ceux de plus en plus nombreux qui attendent, avec une impatiente curiosité, la surprise d'œuvres si différentes souvent des précédentes, mais qui portent la marque reconnaissable de leur légitime filiation.
C'est ainsi qu'un art atteint, aux yeux de ses fidèles, le stade de la sérénité, sans que l'artiste perde son inquiétude cachée et fructueuse.

André Level, Picasso, Paris, 1928, p. 52


Un membre de notre comité et moi apprîmes que Picasso cherchait à vendre une grande toile où il avait réuni des forains étudiés et peints séparément par lui à diverses reprises (...) Nous allâmes voir, 13 rue de Ravignan, cette grande peinture où six personnages grandeur nature, un arlequin, un hercule forain, deux jeunes garçons, une petite fille et une jeune femme font halte dans une clairière. Notre hésitation ne fut pas longue. L'œuvre était admirable. Mais notre budget minuscule. Nous ne pouvions disposer que de mille francs (...) Picasso espérait trouver chez des amateurs de Russie ou d'Allemagne un prix plus élevé. Comme il avait un besoin immédiat d'argent, nous lui remîmes trois cents francs à valoir, en lui disant de prendre un mois pour consulter ses amis et éventuellement nous rembourser, s'il trouvait mieux. Moins d'une quinzaine après, il venait à mon bureau, non pour nous rembourser mais pour quérir le solde. Et c'est ainsi que je fis la connaissance d'un homme qui devint mon ami et d'un peintre à qui j'ai dû mes plus grandes jouissances d'amateur.

André Level en 1908, Souvenirs d'un collectionneur

 

The name, the taste and the career of André Level (1863-1946) resound with prestige and have today secured legendary status in the history of modern art.   A prosperous financier and man of culture, Level was a visionary collector of Picasso and of tribal art and a pioneer in the establishment of artist's resale rights. He was also the founder of the world's first modern art investment fund, co-organiser of the first exhibition of African and Oceanic art along with Paul Guillaume and author of one of the first publications devoted to this new genre. André Level played a highly influential role both in the appreciation of modernism and in the development of the art market in the twentieth century.

André Level was in his early thirties when he met Alexandre Bernheim who introduced him to the Nabis movement, the result of contemporary artists' quest to find new means of expression, reacting against traditional modes of painting.  A visit to the Cézanne exhibition at the Galerie Vollard in 1895 proved to be a revelation for Level.  Then in 1902, the Galerie Berthe Weill exhibited pictures by a twenty-year old painter named Pablo Picasso.  André Level was immediately captivated and bought two paintings. He became passionately interested in the wave of modern art that was sweeping over avant-garde Paris at the turn of the century. In November 1903 he visited the first Salon d'Automne at the Petit Palais where new works by Matisse, Marquet and Bonnard were exhibited among paintings by the Impressionists which were already familiar to the public.  André Level, astonished by "the audacity and youth cutting through the habitual dullness and lack of spontaneity of the big annual shows", commented about this exhibition: "I saw canvases there which appeared to me without the shadow of a doubt, to be the authentic art of our time and of our near future. I believed in it, I had faith."  It was thus that in 1904 along with some friends and associates, all of whom were avid fans of this emerging new genre of painting, André Level founded the first modern art investment fund, La Peau de L'Ours ('The Bear Skin'), devoted to the communal acquisition of works of art by young painters such as Picasso, Matisse, Vlaminck, Metzinger, Marquet and Dufy. The original group of investors was comprised of Robert and Maurice Elissen, the Baron de Curnieu, Georges Ancey, Jules Hunebelle, Jacques Level and Félix Marchand.  They were later joined by Emile and Maurice Level, Frédéric Combemale and the three Raynal brothers; Jacques, Jean and Edmond.

Every investor pledged to lay down 250 francs each year.  As well as managing the investment group, André Level was also entrusted with the task of selecting the paintings.  The plan was that the investors would enjoy the acquired paintings for 10 years before releasing them to the public for auction.  If the price obtained for each work after the auction was less than the original total contribution of the investors, the remaining costs would be shared equally amongst the associates.  If however the auction price was greater, each associate would receive their original investment back with an interest rate of 3.5%. If a further profit margin remained, 20% of the money would go André Level in recognition of his work managing the fund and 20% would be shared between the artist and their families:  this arrangement prefigured royalty laws and the legislation regarding artist's resale rights which would a century later institute remuneration for artists and their heirs whenever their works are resold.

In an original and daring move, the collection was solely comprised of modern artists, with the exception of Van Gogh who had been abandoned by Ambroise Vollard at the insistence of Renoir, who did not like Van Gogh.  With a true collector's spirit, an impressive sense of intuition and inexhaustible energy, André Level personally met with artists and eagerly selected the paintings which would decorate the walls of his Peau de L'Ours associates.  Overall, fifty painters were represented in the 10 year collection, providing welcome exposure for young artists at the beginning of the century.  In 1906 Level chose to buy works by only one artist: Pablo Picasso.  His visionary decisions would later be justly rewarded with a historic auction at the Hotel Drouot in Paris on March 2nd 1914: the famous Peau de L'Ours sale.  The sale included 154 paintings by a range of 54 artists and enjoyed phenomenal success, the likes of which had never before been seen at auction.  Indeed, the astronomical prices achieved by the Peau de L'Ours sale even provoked scandal, notably Picasso's 1905 work entitled Les Bateleurs, which was originally acquired for the sum of 1000 francs in 1908 and was sold by Level for the record price of 12 650 francs to the German dealer Heinrich Thannhauser.

In reaction to the numerous newspaper articles provoked by the unprecedented prices achieved for these modern paintings which were critical of the financial arrangement of La Peau de l'Ours, Guillaume Apollinaire published the following article on March 16th 1914 in Mercure de France :

On Monday 2nd March 1914, at 2 o'clock, a public auction took place in rooms 7 and 8 of Hôtel Drouot of a collection that will remain famous, the Peau de l'Ours (...) It was the first time that the works of these new Fauve and Cubist painters had been offered at auction.
It was also the first time that a portion of the sale revenue was reserved for the artists.  The results far surpassed the hopes of those who founded the Peau de l'Ours.

The catalogue preface explains in simple terms how this important collection was formed (...) and also includes an interesting page on the history of contemporary art: "It seems that, when we look back and judge the art of this era with sufficient distance to identify just one school at the beginning of the 20th Century, it will be characterised, under the auspices of Cézanne, by a marked return towards solidity, composition, and a heightened interpretation of tradition."

I wanted to meet the authors of this excellent page to shake their hands. I myself have always said the same thing on the subject of young artists, even if I have expressed it in a different way.
To add an anecdotal detail, it is said that the amount each Peau de l'Ours investor contributed to the purchase of their paintings was decided by a game of chance the friends played amongst themselves.   La Peau de l'Ours definitively remodelled the rules of commerce as well as the rules of tontines.

After the First World War, André Level continued to be committed to the promotion of young contemporary artists and opened a small gallery called on the Avenue Percier in Paris.  Completely devoted to this cause, the gallery was a non-profit organisation and was co-managed by Level's business partner Alfred Richet.  With the aim of promoting modern art, the gallery was dedicated to exhibiting contemporary painters and sculptors, presenting in France for the first time unknown artists such as the two brothers Gabo and Pevsner and their constructivist structures.  Alexandre Calder also exhibited his work there, along with a very young painter named André Beaudin who showed his work for the first time at the gallery in 1923, accompanied by a catalogue penned by Max Jacob.  A place for artistic rendezvous and exchanges of ideas, the gallery soon grew in popularity; its atmosphere akin to a club where on any given day one might run into artists, collectors and dealers such as Pablo Picasso, Guillaume Apollinaire, Raoul Dufy, Louis Marcoussis, Jean Cocteau, André Lefèvre and Ambroise Vollard.

André Level continued to follow Picasso's career closely, and in 1928 published one of the first monographs on the artist, simply entitled Picasso, illustrated with a lithograph of the artist which unveiled the anonymous face of Marie-Thérèse Walter for the first time.  This face would go on to become the iconic motif most intimately associated with what we now call The Boisgeloup Period, probably the most lyrical phase in Picasso's entire career. Le Repos du sculpteur (lot 4), presented here, is one of the most dazzling Indian ink works dating from this legendary time.

For today's collectors the opportunity to acquire these works which come directly from André Level's collection, and have never before been offered on the market, is without doubt a rare and exciting prospect.  Amongst works by Laurens, Lipchitz, Metzinger, Signac and many others, the drawings by Pablo Picasso at the heart of the collection stand out as much by their quality as by their quantity. The affectionate dedications which adorn several of the drawings and prints - for instance Les Bateleurs (lot 5) that Picasso inscribed with the simple, grateful note: 'for my friend André Level, in remembrance of my great painting from 1905' - are moving testimonies to the lasting friendship which united these two men.

 

A member of our committee and I had learned that Picasso wanted to sell a large canvas on which he had combined several studies of fairground figures painted separately on various different occasions (...) We went to 13 Rue de Ravignan, to see this large painting where six life-sized figures, a harlequin, a fairground bodybuilder, two young boys, a little girl and a young woman have stopped in a clearing.  We did not hesitate for long. The work was stunning. But our budget was miniscule. We could only spend 1000 francs (...) Picasso was hoping to find a Russian or German buyer with a higher offer.  As he needed the money immediately, we gave him 300 francs, telling him to take a month to consult his friends and eventually reimburse us if he found a better offer.  Less than a fortnight later, he came to my office, not to pay us back but to claim the balance.  And it was thus that I made the acquaintance of a man who became my friend and of a painter to whom I owe my greatest successes as a collector.

André Level, Souvenirs d'un collectionneur

 

Picasso, now that he has reached maturity, has earned, more than any of his peers, the ultimate reward: the right to constantly renew himself, without disappointing the taste, or undermining the trust, of the increasing number of people who wait with impatient curiosity to be surprised by works that are so different from the last, but always bear the recognisable mark of their legitimate filiation.
It is thus that his art reaches, in the eyes of his followers, a state of serenity, without the artist losing his hidden, fruitful anxiety.

André Level, Picasso, Paris, 1928, p. 52

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