188
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APPARTENANT À UNE COLLECTION PRIVÉE FRANÇAISE

Gustave Moreau
LE ROI DAVID
Estimation
250 000350 000
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188

APPARTENANT À UNE COLLECTION PRIVÉE FRANÇAISE

Gustave Moreau
LE ROI DAVID
Estimation
250 000350 000
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Details & Cataloguing

Tableaux, Sculptures et Dessins Anciens et du XIXe siècle

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Paris

Gustave Moreau
PARIS 1826 - 1898 PARIS
LE ROI DAVID
Signé et dédicacé en bas à droite à Charles Gavard affectueux / souvenir Gustave Moreau ; titré en bas à gauche David
gouache sur papier avec rehauts d'or
37,5 x 22,3 cm ; 14 3/4 by 8 3/4 in.
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Provenance

Exécuté par Gustave Moreau pour Charles Gavard (1794-1871) ;
Collection de la fille du précédent, musicienne et professeur de piano, qui l'offrit à son élève, Mademoiselle Fouchy, épouse Piedoüe d'Heritot ;
Par descendance jusqu'aux propriétaires actuels.

Exposition

Gustave Moreau - Exposition de son œuvre au profit des oeuvres du Travail et des pauvres honteux, Galerie Georges Petit, Paris, 1906 n° 61

Bibliographie

Pierre-Louis Mathieu, Gustave Moreau, Paris, 1976, n°372 (non reproduit) ;
Gustave Moreau, L'Assembleur de rêves - Ecrits complets de Gustave Moreau, Fontfroide, éd. 1984, p. 74-77 ;
Pierre-Louis Mathieu, Gustave Moreau, Paris, 1998, n° 410 (non reproduit).

Description

Peintre d’histoire et peintre du rêve par excellence, Gustave Moreau a, tout au long de sa carrière, puisé son inspiration dans la mythologie antique aussi bien que dans la Bible. Renouvelant sans cesse son approche et rompant avec les conventions de la peinture d’histoire, il offre une œuvre d’une modernité troublante qui inspirera bon nombre d’artistes du XXe siècle, de Matisse, son élève, aux Surréalistes qui le placeront très haut dans le Panthéon de leurs modèles.

Le Roi David fait partie de ces œuvres où le maître du symbolisme français sait entremêler la science de son art et sa technique précieuse, et la magie d’un sujet qu’il considère comme l’un des plus beaux qu’il lui ait été donné de traiter.

Sans l’inscription portée par l’artiste lui-même en bas de la feuille, « David », et sans les pages que le peintre lui a consacrées et dans lesquelles il discourt sur l’iconographie exacte de l’œuvre, il serait difficile d’en comprendre le sens exact, tant l’originalité du traitement du sujet s’affranchit des conventions d’usage. En effet, contrairement à ce que l’on pourrait croire à première vue, le sujet exact de l’œuvre n’est pas David jouant de la harpe aux pieds de Saül, mais bel et bien le Roi David, vieillissant, seul au soir de sa vie, visité par un ange qui vient recueillir les derniers chants du patriarche. Dans une loggia d’inspiration orientale, vêtu, selon les propres mots de Moreau, « d’habits sacerdotaux » d’une grande richesse, le vieux roi David, assis sur son trône majestueux, se penche vers l’Ange qui, à ses pieds, vient de recevoir la lyre du vieillard.

Si le sujet du roi biblique David, très présent dans la peinture aux XVIe et XVIIe siècle, apparaît moins au XIXe siècle, Gustave Moreau semble lui avoir porté un intérêt tout particulier. Il écrit ainsi : « Comprends-tu ce qu’il y a de sublime dans cette composition qui est peut-être une des plus grandes qu’on ait imaginées et une des plus belles que j’ai conçues ». La thématique de la musique et de l’art apaisant la souffrance du vieux roi qui médite, selon Gustave Moreau, « sur les mystères divins de l’immortalité », a profondément inspiré l’artiste, qui reviendra sur ce sujet, dans une œuvre d’un format et d’un support différent (Los Angeles, Hammer Collection). Selon l’expert de l’artiste, Pierre-Louis Mathieu, la présente œuvre précéderait de quelques années le tableau de Los Angeles, ce dernier ayant été exposé en 1878 alors que cette œuvre n’a pu être exécutée après 1871, année de la mort du dédicataire, Charles Gavard.

Moreau ne se départ jamais d’une étrangeté picturale qui prend racines à de multiples sources visuelles. Issu d’une formation classique qu’il va abandonner assez rapidement, il poursuit son éducation en voyageant en Italie. A cette influence majeure il va en mêler d’autres, créant un art d’une originalité surprenante, qui le hissera immédiatement au statut d’artiste unique et à part. Le Roi David est un des exemples les plus marquants de ce syncrétisme visuel propre à Moreau. La préciosité du traitement, la richesse et la subtilité des coloris rappellent la miniature persane. Les éléments d’architecture évoquent par endroits l’exubérance décorative de l’art moghol. Enfin, le support, les délicats rehauts d’or font écho à la grande tradition de l’enluminure médiévale. Cette œuvre, résume à elle seule tout le génie de l’art de Gustave Moreau.

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