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Nicolas de Staël
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Details & Cataloguing

Modernités

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Paris

Nicolas de Staël
1914 - 1955
COMPOSITION
signé Staël et daté 44 en bas à gauche
huile sur toile
100 x 65,5 cm; 39 3/8 x 25 9/16 in.
Peint en 1944.
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Provenance

Jeanne Bucher Collection, Paris
Collection particulière, Paris (acquis en 1945 puis par descendance)
Christie's, Londres, 29 juin 2011, Post-War & Contemporary Art Day Auction, lot 239
Acquis lors de cette vente par le propriétaire actuel

Bibliographie

Roger van Gindertael, Nicolas de Staël, Paris, 1950, p. 9
Jacques Dubourg & Francoise de Staël, Nicolas de Staël, Catalogue Raisonné des peintures, Paris, 1968, no. 15, reproduit, p. 61
Jean-Pierre Jouffroy, La Mesure de Nicolas de Staël, Neuchâtel, 1981, no. 33, reproduit en couleurs, p. 84
Françoise de Staël, Nicolas de Staël, Catalogue Raisonné de l'oeuvre peint, Neuchâtel, 1997, no. 33, reproduit, p. 189

Description

En 1944, Georges Braque reçoit régulièrement Nicolas de Staël, tentant comme il peut d’aider ce jeune peintre en qui il reconnait un talent incomparable et qui meurt de faim et de froid dans l’hôtel particulier de la rue Nollet qu’il habite et que Laurent Greilsamer dépeint admirablement dans Le Prince Foudroyé : « Une étrange atmosphère de désastre se dégage de ces enfilades de pièces vides : au rez-de-chaussée, plusieurs sont devenues inutilisables. Nicolas y prélève son petit bois sur les planchers et les bibliothèques. Il ne reste plus guère de portes de communication. Dans la cuisine, plusieurs hautes piles d’assiettes sales trônent dans un équilibre incertain sur une table d’appoint. Une odeur de tabac froid et de térébenthine s’est incrustée dans les boiseries. Dans le jardin, seuls deux ou trois arbres, avec leurs bras nus et noirs, rayent encore tristement l’espace.

Fier, généreux, flamboyant, acharné, Staël au bord du précipice et que la critique n’épargne pas -« les amateurs, effrayés par ses tableaux, parlent de boue, d’accident de voiture ! » (Jacques Laval, Un homme partagé)- continue à peindre avec passion. Avec sa palette dense et chargée, cette lumière qui semble sortir de la toile comme par le tesson d’un vitrail, ses enchevêtrements et cette matière qui monte en épaisseur, Composition,1944 synthétise et anticipe déjà toutes les trouvailles et les fulgurances de Staël. Excessivement rares étant les toiles de cette période à être parvenues jusqu’à nous, Staël n’ayant conservé d’avant 1947 que quelques tableaux de dimensions importantes à l’image de la fameuse Composition en noir, 1946 conservée au Kunsthaus à Zurich, Composition, 1944 est ainsi un vibrant et unique témoignage de l’œuvre de l’artiste unanimement considéré comme l’un des plus grands peintres du XXe siècle.

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Il faut travailler beaucoup, une tonne de passion et cent grammes de patience.
Nicolas de Staël, Lettre à Jean Adrian, Paris 1945

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