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Details & Cataloguing

Modernités

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Paris

Lucio Fontana
1899 - 1968
CONCETTO SPAZIALE, ATTESA
signé l. Fontana, titré "Concetto Spaziale"/ ATTESA et inscrit Buon viaggio e / buon fine (au dos)
peinture à l'eau sur toile
61 x 50,5 cm; 24 x 19 7/8 in.
Exécuté en 1967.
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Provenance

Collection particulière (acquis directement auprès de l'artiste)
Collection particulière (acquis auprès du précédent par descendance)
Sotheby's, Londres, Contemporary Art Day, 24 juin 2004, lot 237
Acquis lors de cette vente par le propriétaire actuel

Bibliographie

Enrico Crispolti, Lucio Fontana: Catalogue Raisonné des Peintures, Sculptures et Environnements Spatiaux, Vol. II, Bruxelles, 1974, no. 67 T 71, reproduit p. 192
Enrico Crispolti, Lucio Fontana Catalogo Generale, Volume Secondo, Milan, 1986, no. 67 T 71, reproduit p. 667
Enrico Crispolti, Lucio Fontana. Catalogo ragionato di sculture, dipinti, ambientazioni, Tomo II, Milan, 2006, no. 67 T 71, reproduit p. 861

Description

Peu importe le geste. Qu’il dure un instant ou un millénaire, ce qui est essentiel est que nous soyons convaincus qu’il est éternel.

Lucio Fontana

Toile écarlate lacérée de part en part, l’artiste ouvrant ainsi une brèche inédite dans l’histoire de l’art, Concetto Spaziale, Attesa transporte le spectateur dans un espace inconnu. Réalisée en 1967, un an avant la disparition de ce protagoniste de l’art informel reconnu aujourd’hui comme l’une des plus grandes figures de l'art du XXe siècle, cette œuvre aussi équilibrée qu’harmonieuse reflète à merveille l’incroyable maîtrise du geste à laquelle l’artiste est parvenu au tournant des années soixante.

L’artiste italien d’origine argentine est alors au sommet de sa carrière, marquée par une inoubliable participation à la Biennale de Venise en 1966, l’année précédant la réalisation de l’œuvre qui nous occupe ici, et à la quatrième édition de la Documenta de Kassel en 1968. A travers ces expositions, aussi bien que ces Tagli monochromes dont Concetto Spaziale, Attesa est exemplaire, le fondateur de spatialisme donne corps aux propos quasi prophétiques qu’il avait énoncé une décennis auparavant : « la sculpture et la peinture appartiennent au passé. Il est temps d’inventer de nouvelles formes d’art. Des formes fugaces qui se meuvent dans l’espace. » (Lucio Fontana in Hedy. A. Giusti, « But Nobody Mentions Milan Art », Rome Daily American, 9 juillet 1954, in Anthony White, “Lucio Fontana: Between Utopia and Kitsch”, Grey Room, No. 5, automne 2001, p. 56).

Au cours de sa prolifique carrière, Fontana publia non moins de cinq manifestes remettant totalement en cause les fondements mêmes de ce que pouvait être une œuvre d’art et réinventant littéralement la vision de la peinture que la grande majorité de ses contemporains pouvaient avoir. En 1947, il écrit ainsi dans son Manifesto Blanco : « peu importe le geste. Qu’il dure un instant ou un millénaire, ce qui est essentiel est que nous soyons convaincus qu’il est éternel.» Cette approche visionnaire, expression d’un conflit entre tradition et modernité, est aussi celle d’autres artistes d’avant-garde du milieu du XXe siècle interrogeant la peinture pour elle-même et repoussant les frontières entre les disciplines. La démarche de Fontana peut ainsi être rattachée à celle d’autres grands pionniers de l’art moderne et contemporain comme Yves Klein et Dan Flavin, dont les œuvres illustrées ici synthétisent les apports successifs et témoignent de la portée inouïe des Concetti spaziali.

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