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PROVENANT D'UNE IMPORTANTE COLLECTION PARTICULIÈRE AMÉRICAINE

Fernand Léger
LES DEUX SŒURS
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PROVENANT D'UNE IMPORTANTE COLLECTION PARTICULIÈRE AMÉRICAINE

Fernand Léger
LES DEUX SŒURS
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Details & Cataloguing

Modernités

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Paris

Fernand Léger
1881 - 1955
LES DEUX SŒURS
signé F. LEGER et daté 32 (en bas à droite); signé F. LEGER, daté 32 et titré LES DEUX SŒURS (au dos)
huile sur toile
62,5 x 54,5 cm; 24 1/2 x 21 1/2 in.
Peint en 1932.
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Provenance

Galerie Daniel Malingue, Paris
Perls Galleries, New York
Collection particulière, New York (acquis auprès du précédent en from octobre 1984 et vendu: Christie's, New York, 1er novembre 2011, lot 69)
Acquis lors de cette vente par le propriétaire actuel

Bibliographie

Georges Bauquier, Fernand Léger, Catalogue raisonné de l'œuvre peint, 1932-1937, Paris, 1996, no. 813, reproduit p. 43

Description

"J’ai décomposé le corps humain, alors j’ai essayé de le reconstituer et de redécouvrir la figure humaine… Je voulais retrouver un espace où respirer. Après la dynamique de la période mécanique, j’ai ressenti un besoin de stabilité et de grandes figures."
Fernand Léger

Note

Peint en 1932, Les deux sœurs s’inscrivent dans une période charnière pour Léger : le peintre a abandonné depuis quelques années le vocabulaire abstrait et mécanique des premières décennies de son œuvre afin de se tourner désormais vers la figure humaine, qu’il accompagne d’éléments organiques. Ainsi que le souligne Ina Conzen-Meairs, "comparées aux travaux achevés 1928-1930, les œuvres figuratives plus tardives semblent a priori procéder d’une complète révolution artistique. Les machines rutilantes et les formes fragmentées tendent à disparaître de ses toiles. Dans les années 1930, les œuvres évoluent au point d’être essentiellement peuplées de figures et d’objets d’obédience organique."

Démarche déjà visible dans des œuvres telles que La Danse (1929), Les deux soeurs montrent l’aspiration du peintre à magnifier la figure humaine en en soulignant la monumentalité. Exécuté dans une palette sobre, presque minérale, ponctuée de tons primaires, le tableau réduit le sujet à son essence picturale.

Les deux sœurs illustrent de manière magistrale le concept de "figure-objet" essentiel dans l’œuvre de Léger : chez lui en effet, au contraire de la plupart de ses contemporains, le corps et le visage apparaissent dénués de leur valeur sentimentale pour devenir un objet à traiter comme un autre. Léger expliquait cette manière de représenter le modèle humain de la manière suivante : "Pour moi, la figure humaine, le corps humain n’ont pas plus d’importance que des clés ou des vélos. C’est vrai. Ce sont pour moi des objets valables plastiquement et à disposer suivant mon choix […] Il a fallu pour y voir clair que l’artiste moderne se détache de cette emprise sentimentale. Nous avons franchi cet obstacle : l’objet a remplacé le sujet, l’art abstrait est venu comme une libération totale, et on a pu alors considérer la figure humaine non comme une valeur sentimentale mais uniquement comme une valeur plastique. Voilà pourquoi dans l’évolution de mon œuvre de 1905 à maintenant, la figure humaine reste volontairement inexpressive."

Dans Les deux sœurs comme dans nombre de compositions majeures peintes dans les années 1930, Léger donne corps à sa théorie en dépeignant ses femmes avec des archétypes leur conférant une valeur universelle et anonyme, sentiment renforcé par leur regard énigmatique et inexpressif. Ce faisant, il s’inscrit volontairement dans la lignée des grands peintres classiques, tels Ingres, Poussin ou David. Témoignant d’une peinture plus sereine et apaisée, Les deux sœurs incarnent ainsi parfaitement ce "classicisme moderne" vanté par Christopher Green, ici incarné par ces deux femmes figées dans une immobilité majestueuse et éternelle.

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