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PROVENANT D'UNE TRÈS IMPORTANTE COLLECTION PARTICULIÈRE

Marc Chagall
LES MARIÉS AU COQ
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PROVENANT D'UNE TRÈS IMPORTANTE COLLECTION PARTICULIÈRE

Marc Chagall
LES MARIÉS AU COQ
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Details & Cataloguing

Modernités

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Paris

Marc Chagall
1887 - 1985
LES MARIÉS AU COQ
porte le cachet de la signature mArc ChAgAll (en bas au centre)
huile, tempera, encre et encre de Chine sur toile marouflée sur panneau
32,1 x 64 cm; 12 5/8 x 25 1/4 in.
Peint vers 1975.
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L'authenticité de cette œuvre a été confirmée par le Comité Chagall.

Provenance

Vava Chagall, Paris
Vente: Sotheby's, Londres, 29 mars 2000, lot 47
Acquis lors de cette vente par le propriétaire actuel

Description

Les Mariés au coq furent peints vers 1975. A cette époque et depuis 1966, Chagall a installé son atelier à Saint-Paul de Vence. La couleur de la Méditerranée est dans sa tête depuis la fin de la guerre où après l’exil aux Etats-Unis, la mort de Bella (sa première et tendre épouse) et la séparation de Virginia Haggard en 1952, il multiplie les séjours. Ce qui réjouit de prime abord car on ressent l’envie de plonger dans l’œuvre, c’est le bel espace presque monochrome du bleu du ciel et de la mer. Ici, n’est-il pas le bleu de la terre ? "Maître de la couleur, Marc Chagall a su réinventer toute une kyrielle de nuances jusqu’alors délaissées. Toutes celles-ci vibrent de différentes intensités. Les bleus ne sont pas totalement bleus avec Chagall ; ils sont souvent bleu intense, peuplés de savants effets de qui ménagent certaines apparitions, et disent l’approche de la nuit. Parfois moins denses, mélangés de blanc laiteux, ils évoquent la naissance du jour. Ils égrènent des tonalités inusitées du langage des peintres d’aujourd’hui : indigo, cobalt, outremer, quand ils ne sont pas de Prusse ou naturellement d’azur, turquoise ou lavande." (Chagall connu et inconnu, Paris, Galeries nationales du Grand Palais, 2003, p.15).

La conjonction des éléments et la confusion spatio-temporelle est un des caractères les plus intéressants de l’œuvre de Chagall. Elles rappellent qu’au-delà des doux sentiments que diffuse l’essentiel de ses toiles (à l’exception de celles peintes durant l’exil américain de la Seconde Guerre Mondiale), les accents surréalistes sont prégnants. S’il n’est pas question d’assimiler Chagall à un groupe historique qui lui fut certes contemporain mais auquel il n’adhéra jamais, encore ne faut-il pas oublier combien la fantaisie de l’artiste est d’une originalité décapante. Dès 1910 et son arrivée à Paris, les personnages volent, les animaux se mêlent aux cortèges, les maisons flottent.
Dans Les Mariés au coq, le motif principal est le thème le plus heureusement récurrent du répertoire chagallien, à savoir, celui de la mariée. Au-delà de la référence circonstanciée à l’une ou l’autre de ses épouses (en 1952, Chagall épouse Valentine Brodsky dite "Vava"), la figure de la mariée est l’incarnation de l’amour, lui-même expression du divin. "Les mariées de Chagall sont des figures de convention convoquées dans le tableau pour dire ainsi que des pictogrammes : "Attention : bonheur !". Elles font partie de la rhétorique picturale de l’artiste au même titre que les coqs ou les ânes, les violonistes ou les clowns." (Chagall connu et inconnu, Paris, Galeries nationales du Grand Palais, 2003, p.212). Enlacée par son époux dans un geste délicat et fondu dans les vapeurs de la robe blanche (la posture comme le sfumato rappellent Rembrandt), la jeune épouse est accompagnée d’un cortège traditionnel. Empruntant tout à la fois au folklore et à l’imaginaire haut en couleurs de Chagall, il est emmené par un coq jaune surdimensionné et omnipotent. Dans le ramage fleuri du volatile, le poisson volant – autre animal emblématique du bestiaire chagallien – symbolise la pureté du sentiment amoureux. Deux musiciens, dont l’un se dessine dans le cou du coq et l’autre joue de la flûte au centre du ciel et de la composition, ajoutent au décor de fête et félicité conjugale. Les maisons singulières évoquant les lointaines isbas du Vitebsk natal et les maisons du village de Saint-Paul-de-Vence parachèvent la fusion des rives de l’imagination et du temps.

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