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PROVENANT D'UNE TRÈS IMPORTANTE COLLECTION PARTICULIÈRE

Marc Chagall
LE CIRQUE MAUVE
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PROVENANT D'UNE TRÈS IMPORTANTE COLLECTION PARTICULIÈRE

Marc Chagall
LE CIRQUE MAUVE
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Details & Cataloguing

Modernités

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Paris

Marc Chagall
1887 - 1985
LE CIRQUE MAUVE
signé mArc ChAgAll (en bas à droite); signé ChAgAll mArc (au dos)
huile, tempera et encre sur toile
73,2 x 100,4 cm; 28 7/8 x 39 1/2 in.
Peint en 1966.
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L'authenticité de cette œuvre a été confirmée par le Comité Chagall.

Provenance

Pierre Matisse, New York
Vente : Sotheby's, Londres, 2 avril 1979, lot 47
J. P. L. Fine Arts, Londres
Safdie Fine Arts
Acquis auprès du précédent par le propriétaire actuel en juin 2000

Exposition

Zurich, Kunsthaus, Chagall, 1967, no. 171
New York, Pierre Matisse Gallery, Marc Chagall recent paintings 1966-68, 1968, no. 7, reproduit dans le catalogue

Description

Manifeste de l’art de Chagall à son apogée, Le Cirque mauve fut peint en 1966. Cette année-là, Chagall vient d’installer définitivement son atelier à Vence. Avec la sérénité retrouvée et sous le soleil du Sud de la France, les thèmes emblématiques de son répertoire et les couleurs de sa palette s’embrasent. Le Cirque Mauve est un très bel exemple de cette maturité où Chagall affirme son style, sans crainte d’être pléthorique, pour la plus grande fête des yeux et du cœur.

Dans Hommage à Marc Chagall, Jean Leymarie annonce la couleur : "Chagall a toujours subi l’envoûtement de la fête, du rite, du spectacle à tous les sens du mot" (Jean Leymarie, Hommage à Marc Chagall, Grand Palais, 1969-1970, p.VIII). Tout commença dans les rues de sa Vitebsk natale où la figure des acrobates ambulants marqua son imaginaire juvénile. Une fois arrivé à Paris, en 1911, Chagall ne manque pas de se rendre au cirque. Les Ballets Russes par ailleurs battent leur plein. Et Chagall apporte sa contribution récurrente au renouvellement moderne du monde du spectacle. Dans les années 1920, il travaille à la scénographie du Revizor de Gogol, du Baladin du monde occidental de Synge et des Miniatures de Sholem Aleichem. En 1942, sur une musique de Tchaïkovski, il collabore avec Léonide Massine au ballet Aleko d’après un poème de Pouchkine. En 1945, il participe au ballet de L’Oiseau de feu de Stravinsky et au Daphnis et Chloé de Ravel en 1958. Peu de temps avant Le Cirque mauve, Chagall livre les maquettes pour l’Opéra de Paris (1964) et le décor mural du Metropolitan Opera de New York (1965). C’est dire combien le spectacle fait partie intégrante de sa carrière et de son œuvre.
Jean Leymarie toujours relève la proximité thématique et a priori surprenante entre le motif du cirque et les sujets religieux qui parcourent également, sur un même mode et un rythme comparable, tout l’œuvre de Chagall : "L’art de Chagall gravite autour d’un foyer central, le monde mythique et surnaturel de l’enfance, dont la raison adulte abolit le mystère. Deux thèmes prépondérants commandent son œuvre qui finissent par se développer en véritables cycles, c’est-à-dire en ensembles organiquement liés où chaque élément vaut pour lui-même et relativement au tout qui l’intègre, le Cirque et la Bible" (Jean Leymarie, Hommage à Marc Chagall, Grand Palais, 1969-1970, p.IX). Dans ce parallèle, il faut voir l’attachement de Chagall à des représentations aussi juvéniles que fondamentales. Au-delà de ces échos, c’est le principe rituel et quasi-cosmogonique qui relie représentation grotesque et religion. Jean Leymarie poursuit : "Tous les grands peintres contemporains se montrent passionnés par le rituel du cirque, dans lequel ils voient une métaphore du monde et le reflet de leur propre activité. Chagall éprouve, sans pouvoir en donner les raisons, la parenté profonde, que l’on constate aussi chez Rouault, entre les sujets religieux et les sujets du cirque. Assister à ses côtés à un spectacle de cirque est aussi révélateur que de suivre une corrida près de Picasso. Le cirque jouit en Russie de la popularité la plus ancienne et la plus vive. […] La piste du cirque est le cercle magique qui nie la pesanteur et suscite une liberté totale de mouvements et de sentiments dans la plus stricte discipline. Les scènes de cirque naissent chez Chagall en 1913, se multiplient en 1927 et en 1937 et depuis 1956 forment un cycle continu parallèle à celui de la Bible, qu’illustrent encore en 1968 des œuvres majeures comme le Grand Cirque ou les Gens du Voyage. Les animaux qui participent aux jeux du cirque occupent dans la mythologie de Chagall une place symptomatique. La vache et la chèvre apparaissent surtout avant 1914, l’âne et le cheval après 1924, et depuis 1928, prédominent le coq et le poisson, liés entre eux par la valeur cultuelle et leur pôle antagoniste, soleil et lune, eau et feu. Chagall croit à la réconciliation des bêtes sauvages et de toutes les créatures dans le royaume messianique prophétisé par Isaïe […]" (Jean Leymarie, Hommage à Marc Chagall, Grand Palais, 1969-1970, pp.IX-X).

Le Cirque mauve est un condensé effervescent et haut en couleurs de cet art consommé du cérémonial et de la fête. Tous sont convoqués : l’artiste au premier plan dans un autoportrait éloquent (Chagall s’est toujours vu lui-même comme un acteur, magicien et acrobate), les musiciens des scènes religieuses et des cortèges de mariés, les animaux de son bestiaire enchanté qui se mêlent aux écuyères, trapézistes, clowns et acrobates. A travers bleu, vert, rouge et jaune, purs et superposés, la diversité et l’intensité du champ chromatique ajoutent à l’atmosphère d’euphorie. Le bouquet offert, fourni et fondu au centre de la composition, réjouit et touche au cœur du bonheur.

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