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Gilles-Lambert Godecharle (1750-1835)
Belgique, vers 1786
POMONE
Lot. Vendu 150,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Gilles-Lambert Godecharle (1750-1835)
Belgique, vers 1786
POMONE
Lot. Vendu 150,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

Excellence

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Paris

Gilles-Lambert Godecharle (1750-1835)
Belgique, vers 1786
POMONE
pierre calcaire d'Avesne-Le-Sec ; sur un socle octogonal en bois peint
signée et datée G.L. Godecharle f. 1786
H. (Pomone) 138 cm ; 54 1/3 in.
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Provenance

Collection Eugène Kraemer, Paris ;
sa vente Galerie Georges Petit, Paris, le 22 avril 1913, lot 145 ;
acquis lors de cette dernière pour Gustave Dubar (1848-1921), actionnaire et directeur du quotidien Le Grand Echo du Nord et du Pas-de-Calais et grand-père du propriétaire actuel ;
collection privée, nord de la France.

Bibliographie

RÉFÉRENCE BIBILOGRAPHIQUE
J. van Lennep, Catalogue de la Sculpture. Artistes nés entre 1750 et 1882, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles, 1992, pp. 207-236.

Description

Outre sa beauté éblouissante, la nymphe Pomone - divinité retirée du monde – s’illustre par son art dans la maîtrise de la nature et par son habileté à cultiver les arbres fruitiers. Une pomme qu’elle tient dans la main est son attribut le plus fréquent. Repoussant comme à son habitude les avances dont elle est l’objet, Pomone éconduit Vertumne, divinité des saisons et des arbres fruitiers, pourtant éperdument épris d’elle. Habilement déguisé sous les atours d’une vieille femme, il parvint enfin à tromper les réticences de la nymphe et à gagner sa confiance. Une fois le cœur de Pomone conquis par ses récits d’amour, Vertumne dévoila son beau visage et gagna définitivement l’amour de la nymphe.

Originaire de Bruxelles, Godecharle se forme dans l’atelier de Laurent Delvaux, creuset d’une nouvelle génération de sculpteurs, fondateurs du néoclassicisme wallon. Il obtient une pension annuelle octroyée par Charles-Alexandre de Lorraine, gouverneur des Pays-Bas autrichiens. En 1772, il arrive à Paris où il fréquente le cercle des sculpteurs flamands réunis autour de Jean-Pierre-Antoine Tassaert et suit, parallèlement, l’enseignement de Pigalle à l’Académie. En juin 1775, il accompagne Tassaert, qui vient d’être nommé sculpteur à la cour de Prusse, à Berlin et rejoint Rome en 1778, après un bref passage par Londres. De retour à Bruxelles l’année suivante, il est nommé sculpteur à la cour des gouverneurs autrichiens et participe aux chantiers de nombreux monuments officiels, dont le Conseil Souverain du Brabant (actuel palais de la Nation) avec le fronton de la Justice récompensant la Vertu, protégeant la Faiblesse et chassant les Vices. Protégé d’Albert de Saxe-Teschen, le nouveau gouverneur des Pays-Bas autrichiens, il est chargé des travaux de sculpture de son nouveau palais à Laeken. L’activité de Godecharle pendant la période révolutionnaire n’est pas documentée et il effectue plusieurs séjours à Paris sous l’Empire, réalisant de nombreuses copies de sculptures françaises pour les décors de parcs dont celui du château de Wespelaar qui l’occupera jusqu’à la fin de sa carrière.

En 1786, quand Godecharle sculpte cette Pomone aux lignes élégantes, il travaille intensivement pour Marie-Christine et Albert de Saxe-Teschen (1738-1822), gouverneur général des Pays-Bas autrichiens de 1780 à 1794, notamment au château de Laeken qui tombera sous domination française en 1794. En remontant dans la genèse de Godecharle, à l'arrivée du jeune homme dans l’atelier de Laurent Delvaux, vers 1768-69, le maître travaillait déjà à une Pomone et une Flore pour les parterres du palais de Charles-Alexandre de Lorraine à Bruxelles (aujourd’hui au Parc royal de Bruxelles).

Les plis fins et serrés à l’Antique des drapés magistralement dégagés de la pierre par le sculpteur et l’attitude d’un néoclassicisme assoupli de Pomone - oscillant entre le hiératisme des modèles classiques et la féminité gracieuse des formes de la nymphe - sont comparables à ceux des allégories de la Charité et de la Fidélité par Godecharle, aux Musées Royaux des Beaux-Arts, Bruxelles (inv. 611 et 6512). Ils sont également comparables à ceux des figures de Flore, vers 1788, et de Diane, vers 1810, dont des diapositives anciennes sont consultables sur la base iconographique de l’Université de Louvain (provenant du Château royal de Laeken).

Cette œuvre sera incluse dans la monographie avec catalogue raisonné de l’œuvre de Gilles-Lambert Godecharle en cours de préparation par Alain Jacobs.

Excellence

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Paris