8
8
Tapisserie Mille-Fleurs à l'Allégorie de la Musique, Bruges, première moitié du XVIe siècle
Estimation
120 000180 000
ACCÉDER AU LOT
8
Tapisserie Mille-Fleurs à l'Allégorie de la Musique, Bruges, première moitié du XVIe siècle
Estimation
120 000180 000
ACCÉDER AU LOT

Details & Cataloguing

Excellence

|
Paris

Tapisserie Mille-Fleurs à l'Allégorie de la Musique, Bruges, première moitié du XVIe siècle
en laine et soie, ornée en son centre d'un médaillon cerné d'une guirlandes de fleurs et de fruits représentant une allégorie de la Musique, entourée d'une riche bordure de fleurs et de fruits
Haut. 200 cm, Long. 400 cm ; height 78 3/4 in., length 157 1/2 in.
Lire le rapport d'état Lire le rapport d'état

Bibliographie

Bibliographie comparative

Boccara, Les Belles heures de la tapisserie, 1971, p. 37

Galerie Blondeel-Deroyan, Millefleurs, Paris, 2000, p. 29

Description

Les tapisseries dites Mille-Fleurs correspondent à un style décoratif, une esthétique, plutôt qu’une technique spécifique de tissage. La tapisserie aux armes de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, tissée par un atelier bruxellois vers 1466, conservée au Musée Historique de Berne, est l’un des exemples les plus anciens connus et documentés. Ainsi, ce décor apparaît probablement dans les années 1450-1460 et se popularise au cours du XVIe siècle. Ces tapisseries seront essentiellement produites dans les grands centres liciers du Nord de la France et des Flandres comme Arras, Lille, Tournai ou Bruges. La plus célèbre série des tapisseries allégoriques Mille-Fleurs est celle de « La Dame à la Licorne », conservée au musée de Cluny à Paris. Les six tapisseries représentent chacune une licorne, des oiseaux et des animaux et interprétant une allégorie des cinq sens, se détachant sur fond garance. La sixième tapisserie portant l’inscription « à mon seul désir », fait l’objet de plusieurs interprétations et pourrait désigner le libre arbitre.

La flore de cette tapisserie est particulièrement riche et s’attache à combler le vide : grands bouquets d’iris, jacinthes, fraisiers, marguerites, rosiers, pensées, ancolies ou encore giroflées la composent et l’harmonisent. Toutes ces plantes disposées sur fond bleu nuit sont traitées avec saveur et liberté, et les fleurs ou les bouquets ne sont jamais les mêmes. Une large bordure formée d’une guirlande de fleurs et de fruits, telles des pommes, poires, grappes de raisins ou grenades, rehausse l’ensemble (pour une interprétation des espèces botaniques dans les mille-fleurs de la tapisserie voir A. Cavallo, Les tentures de la Licorne du Metropolitan Museum of Art, New York, 1998, pp. 103-110, Annexe I). Ce type de bordure apparaît dès le tout début du XVIe siècle, et les motifs végétaux quant à eux, préfigurent les tapisseries aux Aristoloches des centres des Pays-Bas méridionaux tels Enghien ou Grammont. Sur d’autres tapisseries, s’ajoutent de petits animaux sauvages, indigènes ou exotiques voire mythologiques, et parfois même des personnages. Si la plupart des centres de tissage flamands ont adopté ce répertoire décoratif, leurs origines symboliques et leur soudaine popularité restent inexpliquées. Il semblerait que ces bouquets disposés ici et là de manière indomptée représentent la peur du chaos chez l’homme médiéval, la folie et l’impiété – bien qu’il soit possible qu’il n’ait en fait aucune signification symbolique.

Par ailleurs, l’élaboration de sujets allégoriques est caractéristique de la fin du Moyen-Age, comme par exemple le sujet du Triomphe de la mort sur la chasteté. D’autres sujets allégoriques concernent davantage des activités laïques et pastorales, plus que des scènes ecclésiastiques, intégrant notamment des petits animaux. C’est le cas de notre tapisserie, agrémentée d’une allégorie de la Musique sur fond de paysage en son centre, dans un médaillon cerné d’une guirlande de fleurs et de fruits. Deux femmes y jouent d’un instrument de musique, une sorte de vièle pour l’une, de la trompette pour l’autre. Entre elles deux, un écusson retenu par un ruban est noué à un tronc d’arbre qui semble rattaché aux différentes bosquets fleuris. A cette époque, il arrivait que les tapisseries soient élaborées avec des écussons vierges d’armoiries, lesquelles étaient ajoutées postérieurement en fonction de l’identité de l’acquéreur. Cela expliquerait probablement leur absence sur notre pièce.

Pour des exemples comparatifs :

- Vente Oger et Blanchet SVV, Hôtel Drouot, Paris, le 17 octobre 2011, lot 268 : pour une tapisserie Mille-Fleurs ornée d’un médaillon intégrant des putti de part et d’autre des armoiries ayant appartenu à la veuve d'un membre de la famille liégeoise des Mouhin qui naquit demoiselle Pickaert. Elle provient de l’ancienne collection d’Emile et Isaac Pereire.

- Collection Jacques Bacri, Sotheby’s, Paris, le 30 mars 2017, lot 28 : tapisserie Mille-Fleurs à sujet allégorique, vendue 247 500 euros.

Excellence

|
Paris