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Vase d’ornement en bronze doré, pierres du Rhin et médaillon émaillé au chiffre MA, travail autrichien, vers 1770-1780, attribué à Ignaz Joseph Würth
Estimation
40 00060 000
Lot. Vendu 168,750 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Vase d’ornement en bronze doré, pierres du Rhin et médaillon émaillé au chiffre MA, travail autrichien, vers 1770-1780, attribué à Ignaz Joseph Würth
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40 00060 000
Lot. Vendu 168,750 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

Excellence

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Paris

Vase d’ornement en bronze doré, pierres du Rhin et médaillon émaillé au chiffre MA, travail autrichien, vers 1770-1780, attribué à Ignaz Joseph Würth
richement ciselé d'entrelacs, cannelures, guirlandes de laurier et feuilles d'acanthe, le médaillon émaillé bleu orné de brillants formant le chiffre MA, le piédouche orné de fleurs-de-lys en brillants, reposant sur une base tripode à pieds en griffe et contre-socle
Haut. 41 cm, larg. 21 cm ; height 16 1/4 in., width 8 1/4 in.
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Provenance

Il pourrait s'agir de "l'urne avec la médaille de Marianne" offerte par Marie-Anne d'Autriche à sa soeur la future reine Marie-Antoinette en 1770

Description

La dynastie des Würth, à la fois orfèvres, bronziers et joaillers, fournit de nombreux artisans au service de la cour de Vienne. Parmi eux, Ignaz Joseph Würth (1742-1792) fut particulièrement sollicité par la famille impériale ; il fut notamment l’auteur du service en argent, véritable manifeste néoclassique, offert par Marie-Thérèse à sa fille Marie-Christine et son époux Albert, duc de Saxe-Teschen.

L’union en mai 1770 du futur Louis XVI et de Marie-Antoinette lia définitivement le sort de celle-ci à la cour de France. Entre autres effets dont un volumineux trousseau, la jeune archiduchesse emportait avec elle un somptueux objet de dévotion, une lampe de sanctuaire en argent et vermeil exécutée par Ignaz Sebastian Würth, cousin de Ignaz Joseph, célébrant à la fois la dynastie des Habsbourg et l’alliance franco-autrichienne couronnée par ce mariage (aujourd’hui conservée à la cathédrale de Fribourg-en-Brisgau ; cf. Wolfram Koeppe, Vienna circa 1780, An Imperial Silver Service Rediscovered, New York, 2010, p.15, fig. 9).

Pendant les années qui suivirent, de nombreux présents lui furent envoyés d’Autriche par sa famille. La correspondance entretenue par l’impératrice Marie-Thérèse et le comte de Mercy-Argenteau (publiée à Paris en 1874 par A. Geffroy et A. von Arneth) fait souvent mention de cadeaux destinés par la cour de Vienne à Marie-Antoinette. A la date du 19 avril 1774, l’ambassadeur d’Autriche évoque par exemple l’œillet de diamants offert à la Dauphine par l’impératrice-reine (t. II, p. 131). A la mort de cette dernière en 1780, c’est un legs important, constitué principalement de boîtes en laque et d’objets en bois pétrifiés provenant de la collection personnelle de Marie-Thérèse, que reçoivent Louis XVI et son épouse (cf. C. Baulez, « Notes sur quelques meubles et objets d’art des appartements intérieurs de Louis XVI et Marie-Antoinette », La Revue du Louvre 5/6, 1978). Les vases en bois pétrifié que l’impératrice avait plus particulièrement destinés à son gendre étaient montés en bronze doré par Ignaz Joseph Würth (château de Versailles, inv. T517 C).

Dès l’époque des débuts de Marie-Antoinette à Versailles, une lettre de sa mère en date du 1er novembre 1770 révèle à Mercy-Argenteau que les sœurs aînées de la Dauphine, les archiduchesses Marie-Christine et Marie-Anne lui font parvenir (sans doute pour son anniversaire fêté le lendemain), la première, un guéridon en bois pétrifié (celui monté en acier et bronze doré par le fondeur autrichien Anton Domanöck, conservé à Versailles inv. 4324), et la seconde, une « urne avec la médaille de la Marianne » (t.I, p.82) : nous ne savons pas en quoi était faite cette urne, il se trouve en revanche que Marie-Anne (appelée aussi Marianne par sa famille) et Marie-Antoinette avaient le même chiffre.

La collection des objets d’art appartenant à la reine est en partie connue grâce à l’inventaire dressé par Daguerre et Lignereux en octobre 1789, en vue de les mettre en sûreté après le départ de Versailles de la famille royale. Les objets se trouvant toujours en dépôt chez les deux marchands en décembre 1793, deux membres de la Commission des Arts, Nitot et Besson, vinrent inspecter les caisses contenant la collection de la feue reine et relevèrent les nombreuses boîtes en laque héritées de Marie-Thérèse , mais aussi un certain nombre de « meubles et bijoux, faits à Vienne, […] montés en or, vermeil ou en bronze doré » (in A. Tuetey, « Inventaire des laques anciennes et des objets de curiosité de Marie-Antoinette confiés à Daguerre et Lignereux, Marchands-Bijoutiers le 10 octobre 1789 (26 frimaire an II) », Archives de l’Art Français, t. VIII, 1916, p. 288 et 296).

Toutefois, des historiens comme Marguerite Jallut considèrent que le dépôt confié à Daguerre et Lignereux ne représente qu’une partie des collections de Marie-Antoinette et que « d’autres objets furent confiés à des gens sûrs, qui en gardèrent le secret » (in M. Jallut, « Les collections de Marie-Antoinette », Arts asiatiques, t. XX, 1969, p. 209).

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