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Details & Cataloguing

Art Contemporain - Vente du soir

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Paris

Jean Dubuffet
1901 - 1985
LA CHAISE
signé et daté 64; signé, titré et daté avril 64 au dos
acrylique sur toile
195 x 130,5 cm; 76 3/4 x 51 3/8 in.
Exécuté en avril 1964.
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Provenance

Galerie Beyeler, Bâle et
Galerie Jeanne Bucher, Paris
Collection Arnold Maremont, Winnetka
Milton D. Ratner Family Collection, Chicago
Pace Gallery, New York
Collection particulière, New York (acquis auprès de celle-ci en juin 1987)
Christie's New York, Post War and Contemporary art Evening Sale, 14 novembre 2012, lot 67
Acquis lors de cette vente par le propriétaire actuel

Exposition

Venise, Palazzo Grassi, L'Hourloupe di Jean Dubuffet, juin - septembre 1964, no. 50; catalogue, illustré en couleurs
New York, Solomon R. Guggenheim Museum, Jean Dubuffet, 1962-1966, octobre 1966 - février 1967; catalogue, np., no. 35, illustré
Roslyn Harbor, Nassau County Museum of Art, Long Island Collects, mai - aout 2002

Bibliographie

L'Hourloupe: An Exhibition of 100 Paintings by Jean Dubuffet at the Palazzo Grassi, Art International, vol. VIII/5-6, été 1964, p. 66, illustré
Max Loreau, Catalogue des travaux de Jean Dubuffet: Fascicule XX: L'Hourloupe I, Paris, 1966, pp. 147 et 202, no. 299, illustré
Renato Barilli, Dubuffet: le Cycle de l'Hourloupe, Paris, 1976, p. 30, no. 36, illustré en couleurs
Renato Barilli, Dubuffet: oggetto e progetto, il ciclo dell'Hourloupe, Milan, 1976, p. 39, no. 36, illustré en couleurs

Description

QUOTE
L'art doit un peu faire rire et un peu faire peur. Tout mais ne pas ennuyer.
Jean Dubuffet

QUOTE 2
A ma connaissance, il est le seul artiste majeur de notre temps à avoir réussi à évoluer avec autant d'aisance entre abstraction et figuration.
Milton Ratner

TEXT
Œuvre emblématique de l’Hourloupe, La Chaise est non seulement l’une des premières grandes toiles de cet extraordinaire cycle, réalisée seulement deux ans après l’initiation de celui-ci, mais aussi l’une des plus importantes aux yeux de l’artiste qui choisit de la présenter comme l’une des plus abouties lors de l’exposition L'Hourloupe di Jean Dubuffet au Centro Internazionale delle arti e del costume en marge de la XXXIIe Biennale internationale d’art contemporain de Venise en 1964.

Achevée le 11 avril de cette même année, soit juste à temps pour atteindre les rives de la cité des Doges pour l’inauguration de la mythique rétrospective, cette impressionnante composition de près de deux mètres de haut rassemblant l’ensemble des principes visuels et idéologiques de l’esthétique révolutionnaire de Dubuffet suscita l’enthousiasme des collectionneurs les plus avisés de l’époque dès l’ouverture de la Biennale. C’est ainsi qu’elle traversa pour la première fois l’Atlantique, rejoignant la demeure du magnat de l’automobile Arnold H. Maremont, connu pour sa remarquable collection d’art moderne parmi laquelle figuraient d’importants tableaux de Jackson Pollock, Franz Kline, Juan Gris ou Georges Braque et qui en fit l’acquisition par l’intermédiaire d’Ernst Beyeler avant de devenir la propriété de Milton D. Ratner, célèbre homme d’affaires resté dans l’histoire des arts pour avoir eu entre ses mains l’une des plus importantes collections au monde d’œuvres d’Alberto Giacometti.

Considérant La Chaise comme l’une des plus exceptionnelles toiles de sa collection, Milton D. Ratner estimait d’ailleurs qu’elle était particulièrement exemplaire de la vision de celui qui était d’après lui le « plus grand artiste de [son] temps [car le seul] à avoir su évoluer entre abstraction et figuration » (propos rapportés dans le catalogue de l’exposition Jean Dubuffet: Matériologies et Texturologies from the Milton D.Ratner Family Collection, New Jersey, 1977). Il faut dire qu’à travers les entrelacs de couleurs industrielles bleues, rouges, blanches, jaunes et vertes rehaussées de noir que Dubuffet esquisse ici, il démontre un incomparable talent à révéler un univers graphique visionnaire faisant table rase du passé et instaurant un nouvel ordre délibérément ambigu à la frontière entre représentation et concept.

En d’autres termes, à travers cette interprétation hors norme d’un sujet fruste -une chaise- Dubuffet démontre son indéniable génie, mettant à jour un langage à la fois descriptif et imagé tout en peignant simultanément les nombreuses facettes d’un objet jusqu'à le faire disparaître dans un tissu de cellules en all-over suggérant une réalité abstraite puisque la chaise ici dépeinte est à la fois reconnaissable et méconnaissable. Face à La Chaise, Dubuffet nous oblige ainsi à devenir actifs pour discerner l'objet, sa façon à lui de nous convaincre que l’art ne s’adresse pas à l’œil mais à l’esprit.

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