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Hans Hartung
T1949-6
Lot. Vendu 1,572,500 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Hans Hartung
T1949-6
Lot. Vendu 1,572,500 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

Art Contemporain - Vente du soir

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Paris

Hans Hartung
1904 - 1989
T1949-6
signé et daté 1949
huile sur toile
97 x 130 cm; 38 3/16 x 51 3/16 in.
Exécuté en 1949.
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Cette œuvre est répertoriée dans les archives de la fondation Hartung Bergmann. Elle figurera au catalogue raisonné de l'œuvre de Hans Hartung actuellement en préparation par la fondation Hartung Bergman.

Provenance

Louis Carré Gallery, New York (acquis en 1951)
Collection Ranson, Saint Cloud
Jean-Claude Binoche, 27 octobre 1980, lot 47
Collection particulière, Europe
Collection particulière, France

Exposition

Paris, Galerie Denise René, Quelques aspects de la peinture présente, 19 février – 16 mars 1949
Paris, Salon des Réalités Nouvelles, 22 juillet – 30 août 1949
Lyon, Chapelle du Lycée Ampère, Les Réalités nouvelles, 1949
Stockholm, Nationalmuseum, Fransk Konst 1938-1948, octobre - novembre 1949
Paris, Musée national d'art moderne, Hans Hartung, 7 janvier – 24 février 1969; catalogue, no.63

Bibliographie

Madeleine Rousseau, James Johnson Sweeney, Hans Hartung, Stuttgart, 1949, illustré

Description

Ce que j’aime, c’est agir sur la toile. Agir ? C’est gratter, déchirer, tacher, envahir la toile de couleurs, bref tout ce qui n’est pas « peindre. »
Hans Hartung

Hans Hartung, T1949-6

Œuvre emblématique de la période la plus importante de la carrière de Hans Hartung, reconnu comme l’un des pères de l’abstraction et considéré par beaucoup comme l’inventeur de la peinture gestuelle avec des années d’avance sur Pollock ou de Kooning, T1949-6 est sans aucun doute l’une des plus importantes toiles de l’artiste encore en mains privées. Avec son réseau architectonique de lignes noires se déployant au cœur de la composition avec une infinie liberté, engendrant une tension extrême de l'espace, T1949-6 est aussi d’une extraordinaire puissance faisant de ce tableau aux dimensions imposantes l’un des chefs d’oeuvre de l’après-guerre, ouvrant la voie à de multiples explorations qui inspireront après lui des générations d’artistes non seulement en France et en Europe mais dans le monde entier.

Engagé dès le plus jeune age sur les chemins de l’abstraction, Hartung commence très tôt à dessiner, passant des nuits entières sur le toit de la maison baloise qu’il habite entre 8 et 12 ans et observant les mouvements du ciel avec un télescope qu’il s’efforce dès lors de retranscrire sur le papier. Installé à Paris en 1935, où il fréquente d’ailleurs deux autres grands génies de la modernité, Calder et Julio Gonzalez, Hartung poursuit ses recherches sur les formes cosmiques et atmosphériques dans la lignée de ce qu’il a amorcé alors qu’il était encore tout jeune homme et qu’il commentera plus tard en ces termes éclairant : « ces éclairs enfantins ont eu (...) une influence sur mon développement artistique, sur ma manière de peindre. Ils m’ont donné le sens de la vitesse du trait, l’envie de saisir par le crayon ou le pinceau l’instantané, ils m’ont fait connaître l’urgence de la spontanéité. »

Mais au-delà du jaillissement nerveux, instinctif et peut-être juvénil, T1949-6 prouve à quel point l’élément plastique s’est sophistiqué, les lignes indépendantes les unes des autres s’emmêlant sans jamais se confondre avec le fond et les formes chatoyantes s’esquissant à l’arrière-plan. Il faut dire que les moyens d'expression de Hartung se sont incroyablement enrichis dans l’immédiat après-guerre, lui permettant de jouer sur les multiples registres de la technique la plus sûre : lignes courbes, souples ou rageuses, épaisses ou fines, opaques ou transparentes, en lacis ou en nœuds s'élançant comme un jet dans un élan véloce traversant la toile.

Autre élément essentiel à la compréhension de l’importance de T1949-6 : c’est à cette époque clé de l’oeuvre de l’artiste qu’il développe l’un des principaux apports à l’histoire de l’art du XXe siècle en développant son œuvre sur un mode sériel à partir de 1948, méthode qu'il maintiendra jusqu'en 1989. Pour chacune de ses séries, abordées successivement, l'exploration de toutes les variables autour d'un même principe régit la production picturale. Ainsi, entre 1943 et 1959, deux séries se repèrent, celle des Palmes et celle des Poutres - terminologie adoptée par simple commodité, aucun des titres effectifs ne permettant une quelconque référence à la réalité visible.

Pour ces deux séries, les peintures de grande dimension comme T1949-6 résultent en outre d'un report sur toile avec mise au carreau d'un dessin réalisé au préalable. Exposée à maintes reprises dans certains des plus prestigieux musées du monde, y compris dans la mythique rétrospective Hans Hartung présentée au Musée national d’art moderne à Paris en 1969, T1949-6 est ainsi, sous des dehors spontané et peut-être même emprunt d’un certain automatisme, le fruit d’un travail murement réfléchi et documenté. D’où le génie artistique de Hartung, explorant les courbes et les figures géométriques pour composer des toiles dont les effets de transparences, de couleurs et de matières se superposent de la façon la plus mûrie pour faire surgir un monde insoupçonné devant nos yeux.

Art Contemporain - Vente du soir

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Paris