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PROVENANT DE L'ANCIENNE COLLECTION D'ALAIN PRÉVOST

Alexander Calder
SANS TITRE
Lot. Vendu 2,532,500 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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PROVENANT DE L'ANCIENNE COLLECTION D'ALAIN PRÉVOST

Alexander Calder
SANS TITRE
Lot. Vendu 2,532,500 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

Art Contemporain - Vente du soir

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Paris

Alexander Calder
1898 - 1976
SANS TITRE
signé des initiales et daté 58
métal peint et fil de fer
70 x 174 cm; 27 1/2 x 68 1/2 in. (à plat)
70 x 150 cm; 27 1/2 x 59 1/16 in. (en suspension)
Exécuté en 1958.
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Cette oeuvre est enregistrée dans les archives de la Fondation Calder à New York, sous le numéro A17183.

Provenance

Alain Prévost, France (acquis directement auprès de l'artiste, circa 1960)
Puis par descendance aux propriétaires actuels

Description

Bien que la légèreté d'un solide ou d'une surface percés ou striés soit extrêmement intéressante, l'absence de poids de noyaux déployés l'est bien plus encore. Je dis noyaux, car pour moi, que j'utilise une sphère ou toute autre forme dans ces constructions, ne signifie pas nécessairement qu'il s'agit d'un corps de cette taille, forme ou couleur. Cela peut aussi bien être un système de corps plus infime, une situation atmosphérique, ou même un vide. En d'autres termes, l'idée que l'on peut composer toute chose à partir de ce que l'on peut concevoir.

Alexander Calder

Alexander Calder, Untitled, 1958

Un objet de Calder est pareil à la mer et envoûtant comme elle : toujours recommencé, toujours neuf. Il ne s’agit pas d’y jeter un coup d’œil en passant ; il faut vivre dans son commerce et se fasciner sur lui. Alors l’imagination se réjouit de ses formes pures qui s’échangent, à la fois libres et réglées.

Jean-Paul Sartre

Pièce unique s’inscrivant dans un espace dont elle maîtrise les éléments structurants tout en s’adaptant audit espace avec maestria, changeant sous l’effet de l’air et de la lumière qui le composent au point de devenir polymorphe, le Mobile est l’œuvre caldérienne par excellence.

Né en 1899 dans la région de Philadelphie, d’un père sculpteur et d’une mère peintre, Calder s’installe dans le Paris cosmopolite de l’entre-deux-guerres où il se lie rapidement aux avant-gardes de l’époque et notamment à Marcel Duchamp qui définit ses sculptures comme mobiles dès 1932 ; car c’est à cette époque que Calder réalise ses premières figures tridimensionnelles défiant les lois de la pesanteur et témoignant d’une pensée plastique révolutionnaire fondée sur la tension entre équilibre et déséquilibre.

Avec ses multiples branches portant à leurs extrémités une dizaine de satellites géométriques aux couleurs primaires chatoyantes emblématiques de la palette de l’artiste se déployant sur un mètre quarante d’envergure, le Mobile qui nous occupe ici est l’expression synthétique et maitrisée de toute la pensée créatrice et visionnaire de Calder. Réalisé dans la seconde partie des années cinquante -décennie fertile pendant laquelle l’artiste donne naissance à ses premiers stabiles- et pour être précis en 1958, année de la consécration pour Calder qui réalise l’un de ses chefs d’œuvre, le monumental mobile du siège parisien de l’UNESCO, le Mobile est aussi remarquable de par sa singulière charge poétique. Revêtu de ces couleurs naïves que nous venons d’évoquer, le métal des tiges ondulantes et les formes géométriques au bout desquelles elles s’agitent se charge en effet d’une infinie poésie à chacun des mouvements que le Mobile semble esquisser. Une poésie élégamment retranscrite par Alain Prévost dans un important article consacré au travail de Calder paru en 1959 dans la respectée revue littéraire Mercure de France : « Les Mobiles prennent l’air qui les fait vivre et qu’ils font vivre. Le vent en entrant décompose l’image fixe, la recompose, crée mille images, joue de possibilités jaunes, bleus, rouges… Les pales s’alignent, s’effacent l’une l’autre. Comme le temps, le Mobile en mouvement est futur, présent, passé tout ensemble. Il est d’une fraction de seconde à l’autre, une nouvelle image de lui-même. La vie d’un Mobile, c’est le film de la position de ses pales, chaque fois qu’il a bougé depuis sa création. L’homme ne sait pas toucher le Mobile. L’homme est brutal ; il n’a que deux mains, dix doigts. L’air seul sait jouer au Mobile. Calder les fabrique. »

Entre conte fantastique et mélopée romantique, Mobile provenant de l’ancienne collection Alain Prévost et conservé à l’abri des regards depuis aujourd’hui près de 60 ans- enchante ainsi par son élégance aussi fantasque que rythmée, illustrant à merveille la fascination de Sartre pour les mobiles, succombant comme nous au charme de ce « petit objet jazz-hot, unique et éphémère, comme le matin. »

Art Contemporain - Vente du soir

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Paris