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Attribué à Joseph Charles Marin (1759-1834)
France, vers 1795
CÉRÈS
Estimation
30 00040 000
Lot. Vendu 35,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Attribué à Joseph Charles Marin (1759-1834)
France, vers 1795
CÉRÈS
Estimation
30 00040 000
Lot. Vendu 35,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

Excellence Française

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Paris

Attribué à Joseph Charles Marin (1759-1834)
France, vers 1795
CÉRÈS

Exposition

Paris, Salon de 1795, n° 1058 "Tête de Cérès, terre cuite".

Bibliographie

S. Lami, Dictionnaire des sculpteurs de l'école française au dix-huitième siècle, 1911 (rééd. 1970), pp. 108-111; P. Sanchez, Dictionnaire des artistes exposant dans les salons des XVIIe et XVIIIe siècles à Paris et en province, 1673-1800, Dijon, 2004, p. 1140.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
Joseph Charles Marin, cat. exp. Galerie Patrice Bellanger, Paris, 1992, p. 62; J. D. Draper, G. Scherf (dir.), L'esprit Créateur de Pigalle à Canova. Terres cuites européennes 1740-1840, cat. exp. musée du Louvre, 2003, pp. 150-151, n° 58.

Description

« Voici l’époque, citoyens, à laquelle vous avé (sic) coutume d’exposer à l’admiration publique les productions de vos talens (sic). Quoi que les arts et ceux qui les exercent aient beaucoup souffert, la tirannie (sic) et le vandalisme n’ont pu les étouffer. La république a conservée des artistes consommés que la persécution a rendu plus chers encore aux amis des arts et un grand nombre de talens (sic) du premier ordre qui promettent de porter la gloire française au plus haut degrés. » Cet extrait de l’Avis de la Commission d'instruction publique aux artistes - manuscrit du 7 thermidor an 3e (25 juillet 1795) - rend compte du rôle prédominant des arts dans une société en quête d’un nouvel ordre (Bibliothèque nationale de France, ark:/12148/btv1b105237652?rk=85837;2).

Au Salon de 1795, Marin témoigne avec ce buste de Cérès des mutations artistiques s’opérant en France au lendemain de la Terreur et qui, guidées par le retour aux modèles classiques, posent les bases du Néo-classicisme. La construction rigoureuse de ce buste en hermès et les traits stylisés du visage de la divinité contrastent avec les nymphes, bacchantes et autres sujets anacréontiques dont Marin s’était fait jusqu’alors une spécialité, à l’instar de son maître Clodion. Dans un pays en reconstruction, il choisit de représenter la déesse de la Terre en une allégorie de l’abondance, d’une terre fertile sur laquelle se fondent les bases d’une société nouvelle. Si Marin adopte une iconographie en phase avec son temps, il ne renonce cependant pas totalement à sa manière délicate. Ainsi, il adoucit la rigueur des modèles antiques en insistant sur le caractère ornemental de la couronne de blé et de pampre de vigne, sur la souplesse ondoyante de la chevelure ou sur la séduisante féminité de la poitrine de la déesse.

Nous connaissons fort peu de bustes en hermès par Marin. Outre leur construction classique, ils se caractérisent également par leurs dimensions bien plus imposantes que celles de ses bacchantes ou nymphes. Signalons un Buste de Jeune Femme en hermès – signé, daté 1793 - vendu par Sotheby’s Londres, le 6 avril 1995, lot 73 (haut. 43 cm). Signalons également la terre cuite de Cybèle attribuée à Marin du musée Cognacq-Jay, qui présente aussi de frappantes similitudes avec notre buste (inv. n° J 236 ; fig. 1). Cybèle - autre divinité de la fécondité - est également représentée de manière frontale. Ses traits stylisés, le traitement symétrique de sa chevelure - renforcé par les deux grappes de raisins de sa couronne retombant de part et d’autre du visage - ou la frange rectiligne couvrant son front sont autant d’éléments de comparaison avec notre terre cuite.

Excellence Française

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Paris