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Picasso, Pablo – Pierre Mabille

Le Miroir du merveilleux. 1940. Reliure de Leroux. Édition originale, enrichie du très rare burin original de Picasso. Avec des lettres autographes de René Char à Mabille.

Lot closes

April 29, 02:05 PM GMT

Estimate

15,000 - 20,000 EUR

Starting Bid

13,000 EUR

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Lot Details

Description

Picasso, Pablo — Pierre Mabille

Le Miroir du merveilleux.

Paris, Sagittaire, 1940.

 

In-8 (190 x 139 mm). Veau tabac, les deux plats ornés de deux figures mosaïquées en léger relief en box brun, bordeaux, blanc et orange fluo pour l’une et gris souris pour l’autre, positionnées en miroir de part et d’autre d’une ligne horizontale poussée au palladium, dos lisse avec titre poussé au palladium, couverture illustrée par Tanguy, doublure bord à bord de box gris souris, gardes de daim beige, tranches dorées, couverture et dos, chemise et étui (Leroux, 1973).


Rare exemplaire avec le très rare burin original de Picasso.

Dans une parfaite reliure de Leroux.

Avec des lettres autographes de René Char à Pierre Mabille.

 

Édition originale, illustrée d'un dessin d'Yves Tanguy en couverture et de 7 dessins de Masson dans le texte, reproduits.

 

Un des 50 exemplaires sur alfa avec la photographie originale du château de Lacoste contrecollée (n° 61).

 

Exemplaire exceptionnellement enrichi du rare burin original de Picasso. En plus des 14 exemplaires de ce burin tirés en noir sur Japon pour les exemplaires de tête (2 exemplaires d’artistes et les 12 premiers exemplaires sur vélin Lafuma), Picasso tira 19 épreuves, chacune différente et trois en couleurs : la nôtre est de celles-là, avec des variations d'encrage et notamment une empreinte digitale. Elle est sur Lafuma Navarre de Madagascar filigrané.


Ce burin (188 x 135 mm ; non relié, glissé dans l’exemplaire), annoncé comme une eau-forte à la justification, est la seule gravure que Picasso réalise en 1940, précisément le 5 avril. P. Cramer remarque que cette gravure s’inscrit dans les recherches préparatoires pour un des tableaux de Royan, Femme peignant ses cheveux, et qu’elle n’est pas sans évoquer aussi Femme au tambourin.

Nous n'avons trouvé que 2 autres exemplaires du livre comportant le burin :

  • Exemplaire Paul Destribats (I, 5 juillet 2019, n° 535), avec un exemplaire du burin ;
  • Exemplaire Steinhauslin (catalogue Bodmer, 2006), qui comporte 9 épreuves différentes du burin.

 

Une reliure de l’autre côté du miroir. Médecin, Mabille était passionné par les problèmes de l’inconscient. Pour lui, le miroir, obligeant à se confronter à la réalité, est essentiel à la constitution du moi : le miroir "reflète la nature des choses visibles, tout comme il détient le secret des réalités invisibles" (Cramer). Ce miroir a inspiré à Georges Leroux une reliure moins abstraite qu’il n’y paraît : on pourrait y distinguer la coupe transversale d’un cerveau qui se reflète, plus coloré d’un côté que de l’autre, de part et d’autre d’un miroir, figuré par un filet argenté horizontal.

 

[Exemplaire enrichi de :]

CHAR, René. 2 lettres autographes signées à Pierre Mabille, février 1940 (montées en tête, pliées au format du livre), à propos du Miroir du merveilleux. Elles sont écrites pendant sa mobilisation en Alsace, où il restera jusqu’en mai :

  • 11 février [1940]. (2 pages in-12). "Pensez à m’envoyer le Merveilleux dès parution ici où mes ailes de moisissure pendant au plafond de la cave très triste. J’ai lu la séance secrète à la chambre et le vote unanime. À mon avis, c’est l’offensive dans un temps prochain punition et affolement. Un peu de feu ferait du bien à l’air. Mais gare à Paris". Il donne des nouvelles de sa santé : "De nouveau en galère. À Avignon la bouffonnerie voulut que le type qui me regarda fut le même qui manqua me tuer, diagnostiquant voici 3 ans rhumatismes au lieu de septicémie !".
  • 24 février 1940 (2 p. in-12, papier bleuté). "J’allais parmi ses signes magnétiques à la rencontre de votre merveilleux dont les roues chantaient très proches dans le ciel. Le voici jailli enfin des entrailles de toile au vaguemestre… Je vais entrer dans la brise de ses artères, dans ses larmes d’aurore. Ce livre cassera bien des blocs de mes jours difficiles. Je lui devrai l’existence de la lampe au Tournant. Faites en sorte qu’il prenne ─ librairement parlant ─ un bon départ. Je déplore seulement que Béresniak [l'imprimeur] n’ait pas pu éviter de faire de l’impression au verso de la photo du château, que dans la justification du tirage il ait fait passer les exemplaires H.C. avant les luxes. À ce propos, je vous rappelle que je suis preneur d’un alfa. Puis-je vous demander de le confier à Georgette qui le rangera parmi mes livres, car il risquerait de souffrir de la débâcle du dégel."

Cramer, n° 32.