
Blason des fleurs et des fruits. 1940. Rarissime plaquette manuscrite à 15 exemplaires, dans une reliure en ébène brut de Jean de Gonet. Exemplaire nominatif du poète Fernand Marc.
Lot Closed
April 29, 01:26 PM GMT
Estimate
6,000 - 8,000 EUR
We may charge or debit your saved payment method subject to the terms set out in our Conditions of Business for Buyers.
Read more.Lot Details
Description
Hugo, Valentine — Paul Éluard
Blason des fleurs et des fruits.
Manuscrit autographe.
25 novembre 1940.
In-8 (230 x 155 mm). Plats rigides formés de deux panneaux de bois d’ébène du Gabon bruts de sciage assemblés à queue d’aronde, partiellement polis et incisés de lignes verticales ; aux mors bordure en relief de bois d’ébène du Gabon polie et criblée de points à l’acrylique blanche à l’attache des nerfs, couture sur trois nerfs gainés d’un fil métallique, dos veau havane, doublure de nubuck gris perle et gardes de veau havane, emboîtage (Jean de Gonet, 1980).
Rarissime copie manuscrite.
Dans une précieuse reliure en ébène de Jean de Gonet.
Manuscrit autographe copié par Éluard à seulement 15 exemplaires numérotés et signés (n° 8).
Bois original gravé de Valentine Hugo, non signé et non numéroté.
Exemplaire nominatif du poète Fernand Marc, beau-frère de l'éditeur et traducteur Henri Parisot.
Mobilisé en septembre 1939, Paul Éluard se retrouva à Minières-Gondreville, dans le Loiret. Il occupait alors une chambre à Pannes dans l'hôtel Maison Ferney où Nusch l'attendait. C'est dans cette chambre qu'il décida de copier à quelques exemplaires ce grand poème écrit en cantonnement. Valentine Hugo, à qui Éluard avait demandé un bois pour illustrer sa plaquette, avait justement un bois déjà préparé, auquel elle apporta quelques retouches et dont elle tira elle-même les épreuves au "baren" japonais.
"C’est au Livre ouvert II, recueil 51, publié en janvier 1942, qu’appartient le Blason des fleurs et des fruits. Mais dès sa rédaction qui date de novembre 1940, Éluard avait recopié quinze fois le poème sur beau papier vélin. Ces quinze copies autographes sont ornées d’un frontispice qu’à la demande du poète, Valentine Hugo grava sur bois. Ces plaquettes ainsi constituées furent soit offertes, soit vendues au profit de l’auteur et de l’artiste." (Pléiade, p. I, p. 1041).
L'une des premières reliures en bois de Jean de Gonet, en ébène brut. C'est particulièrement quand il travaille sur ses reliures à plats rapportés que Jean de Gonet développe ses reliures en bois, renouant ainsi avec la tradition des ais de la période médiévale. Il privilégie les essences rares ou exotiques, qu'il travaille souvent de trois manières différentes : en bloc massif (comme ici, avec les éléments tenus par une queue d’aronde), en lames articulées ou en joncs. En 1976, c'est d'abord le bois massif qu'il apprivoise, travaillant l'ébène du Gabon dès 1980 : "Bois particulièrement apprécié de Jean de Gonet, l'ébène est réutilisé cette même année, sous la forme de deux panneaux bruts de sciage particulièrement poli, assemblés par tenons et mortaises, pour protéger Blason des fleurs et des fruits, avec une bordure en relief de même bois" (F. Le Bars, p. 99). Avec le veau, le bois restera ensuite le matériau le plus fréquemment utilisé par le relieur, pour toute la surface des plats ou, plus localement, aux points de fragilité.
Fernand Marc (exemplaire nominatif).
Paris, Jean de Gonet, Reliures, Claude Guérin, 1982, n° 14, p.22.
Bruxelles, Jean de Gonet, Relieur, Bibliotheca Wittockiana 1989, n° 28, p. 58.
Éluard, Œuvres complètes, Pléiade, I, p. 104.
F. Le Bars, Jean de Gonet : catalogue raisonné, 1971-1982, Éditions Camilia, t. 1, 2017, n° 0205.